Chaque fois qu’on utilise ce mot, on entend rouspéter, s’indigner ou finasser. Et pourtant, c’est une lapalissade de dire que cette administration, celle engendrée et fabriquée par la transition, l’a été de bric et de broc.

La preuve par mille, au-delà des mots de dénonciations, c’est la réaction du Président de la République devant une escouade de Directeurs d’établissements publics à la gestion douteuse.

Colonel Mamadi Doumbouya a fait subir des quarts d’heures d’enfer à ses invités qui ne seraient pas irréprochables à tout point de vue. Lui qui est d’ordinaire d’un tempérament doux, est sorti, ce jour de ses gongs. C’était pour eux un véritable purgatoire.

C’est encore le choix des hommes mis à l’index.

Le Colonel s’en est vite rendu compte quand il va soumettre ces cadres à une évaluation de leur niveau en leur exigeant une synthèse manuscrite de leurs activités, ce depuis qu’ils trônent à la tête de leurs services respectifs.

La séance est surréaliste, cependant pratique. Elle est atypique surtout quand elle se passe dans un palais, cependant, nécessaire dans le contexte Guinéen, avec une administration déliquescente et des cadres catapultés au gré des critères de choix subjectifs.

Il a donc fallu que le Président de la transition, rassuré précédemment de la fin des travaux d’éclairage des routes de Conakry, constate avec stupéfaction, de retour de son champ de Fanyé (Forécariah), préfecture située à un vol d’oiseau de Conakry, 60 km au maximum, que c’est juste un gros mensonge.

Il en déduira qu’il entend les mêmes sornettes, tous les jours, notamment de la part des autres DG dont le bilan ne plaide nullement en leur faveur.

L’homme du palais M5 en est désenchanté. Il en veut à ces DG incapables, aussi à leurs parrains qui l’ont convaincu avec des CV en roman, qui, en réalité, ne peuvent remplir une page, et sont aussi hélas, vierges en expérience administrative.

Dans son soliloque, Mamadi Doumbouya devrait admettre qu’il a péché, au-delà, qu’il a pris un gros risque quand il a décidé de mettre sens dessus sens dessous toute l’administration.

Aussi, dans son soliloque, il serait en train de regretter des slogans, qui paraissaient pour lui à l’époque comme une conviction, qu’il n’y a pas d’école pour l’expérience.

Dans son soliloque également, le Colonel-Président serait en train de se rendre compte qu’il a eu tort de prêter son oreille et son attention, dans le souci de réussir sa fameuse refondation, à des petites gens qui ont la haine de l’autre, aussi à des proches et collaborateurs à la capacité surfaite.

D’apparence volontariste et résolu à combattre les mauvaises pratiques, l’homme du 5 septembre, ne compte pas s’arrêter là. Pour lui, ce qu’il vient de commencer, doit se poursuivre et déboucher sur un véritable chambardement.

Pourvu qu’elles ne soient pas des agissements captieux visant à restaurer la réputation qu’il avait tout au début du règne et qui s’est étiolée. Celle d’un chef sincère, patriote et déterminé à lutter contre les mauvaises pratiques du passé, qui ont malheureusement la peau dure en Guinée.

On ne veut pas d’un Président procrastinateur ! On ne veut non plus d’un Président qui passe une couche de vernis en faisant la même chose d’une autre manière. Surtout pas beaucoup d’émoi … pour rien !

 

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