De nos jours, l’un des défis majeurs qui assaillent nos populations s’appelle les accidents de la circulation routière dans notre pays. Ils tuent plus que beaucoup de maladies individuellement prises. C’est la 2ème cause de mortalité de la tranche d’âge de 5 à 45 ans en Guinée et dans le monde). Combien de personnes s’en rendent compte et se positionnent conséquemment, est une question qui reste encore pendante chez nous.

En effet, il ne se passe presque pas une semaine entière sans que des accidents mortels ne se produisent un peu partout sur nos routes.

Permettez-moi de citer seulement ces 4 cas récents d’accidents mortels sur nos routes, qui sont d’une bizarrerie étonnante à savoir :

Les 2 couples sombres du mardi 14 – mercredi 15 juin 2022 et celui du mardi 28 – mercredi 29 juin 2022 dont les 2 ont un bilan cumulé de 11 tués et de 11 blessés.

D’abord un peu de détails sur ces deux couples de malheur:

Le mardi 14 juin et le mercredi 15 juin, respectivement vers Dubréka avec 1 mort et le lendemain à Conakry avec 2 tués: un piéton et un motocycliste fauchés successivement à mort par un même bus qui roulait à vide dans les bandes de 15h sur les 2×2 voies Fidèl Castro ( Bonfi – Madina).

Ensuite, le mardi 28 juin et le mercredi 29 juin 2022, respectivement aussi sur la route de Beyla-N’zérékoré, en un seul accident de la circulation on a enregistré 7 morts et 11 blessés (qui nous rappelle le souvenir douloureux il y a 3 mois environ sur la même route pour un chiffre aussi élevé de morts et de blessés graves). Le jour suivant, c’est à dire le mercredi 29 juin 2022 à Conakry, encore sur les mêmes 2×2 voies Fidèl Castro (Dabondy – Bonfi), aux environs de 19h, un ouvrier en provenance d’un chantier tenta d’éviter un piéton qui faisait usage de son téléphone (selon des témoignages) tout en traversant la route. Dans la chute, la tête du motocycliste est allée cogner des bordures et mort s’en est suivie.

Quelle hideuse farce ces monstres d’accidents de la route nous montrent ! Suivez mes métaphores pour comprendre:

Avec un bilan cumulé de 11 morts et de 11.blessés, on peut écrire 11 + 11 => 1+1+1+1=4.

4/2=2.

Interprétations:

4 => les 4 jours macabres et symboliques sur nos routes.

4/2=2 => voulant signifier que les 4 jours se sont répartis sur 2 mardis, 2 mercredis, dans une symbiose lugubre avec un intervalle de 2 semaines qui avait commencé à chaque fois par le 2ème jour (mardi) des 2 semaines concernées.

Tous ceux-ci, sans compter les autres cas d’accidents de la circulation ailleurs, aux mêmes moments et entre temps.

Le plus inquiétant dans ce qui nous tombe dessus sans relâche en terme d’accidents de la circulation, réside dans notre inadmissible résignation à subir les affres de ce grand mal de société qui continu allègrement de se nourrir de nos sangs. Pourtant, bizarrement aussi, celui-ci nous laisse la porte ouverte pour nous battre contre lui.

Mais à quand notre sursaut dans ce sens ?

Pour ma part, je dis agissons dès maintenant car plus nous différons ce duel à gagner, plus notre sortie du gouffre sera onéreux.

Notre défis imminent réside dans l’ambiance de la fête de Tabaski qui a déjà commencé avec des facteurs accidentogènes suivants à prendre très au sérieux:

☆ L’ empressement de nombreuses personnes qui se déplacent pour des lieux de fête à travers le pays;

☆ Compter sur l’excès de vitesse pour gagner en temps;

☆ Les réactions émotives propres à ce genre de fête;

☆ Ne pas suffisamment préparer son véhicule pour ces déplacements;

☆ Ne pas faire attention sur les nouvelles routes réalisées ou en cours, comme Coyah-Kindia-Mamou-Dabola-Kouroussa;

☆ Ne pas tenir compte des conditions physiques des conducteurs de véhicules (maladies, excitants, émotions, fatigue, …);

☆ Ne pas tenir compte surtout en cette période d’ambiance de fête la présence massive des piétons sur les routes, en particulier des enfants et des personnes âgées. Aussi bien dans les agglomérations que dans les villages à traverser;

☆ Éviter les dépassements défectueux, hasardeux, les surcharges, les transports mixtes et les surnombres en passagers dans les véhicules;

☆ Les passagers (même un patron) doivent éviter d’influencer négativement les conducteurs de véhicules;

☆ Bref, éviter de ne pas respecter le code de la route.

À l’État, aux usagers de la route et à nos populations, chacun en ce qui le concerne, cette période de fête de la Tabaski est une occasion de test grandeur nature, si à l’affirmative nous avions résolument décidés de contre carrer désormais avec efficacité et durablement les accidents de la route dans notre pays.

Tout en souhaitant par anticipation bonne fête de Tabaski à tous les guinéen(e)s, je souhaite également bonne chance à chacun sur nos routes.

Balla Moussa Konaté

Ingénieur des ponts et chaussées

Spécialiste en sécurité routière