« L’ancien régime a vraiment mis le syndicat dans la poubelle. », , dixit Salif Camara de la FSPE.

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Le secrétaire général de la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Education FSPE Salif Camara, très préoccupé de la situation de précarité des enseignants guinéens et la qualité dégradante du système éducatif guineen s’est prononcé sur la première rencontre entre sa Fédération Syndicale et le nouveau ministre de l’enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation Harwing Guillaume.

L’intersyndicale de l’éducation décide désormais de faire la table rase sur le passé et d’ouvrir une nouvelle page pour pouvoir mieux défendre l’intérêt des enseignants, qui ont souvent un salaire de lance-roquettes.

C’est en tout cas c’est qu’a confié le secrétaire général de la FSPE, Salif Camara, ce mardi 07 Décembre 2021 à la faveur d’un entretien accordé à un reporter de liberationinfo.com.

Parlant de la première rencontre entre la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Education et le tout ministre de l’enseignement pré-universitaire, le secrétaire général s’est félicité l’esprit qui a caractérisé cette première prise de contact, et les propositions de la FSPE faites à Harwing Guillaume.

« Nous avons pris contact avec le ministre de l’enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation par rapport à son arrivée à la tête du département. Nous avons échangé avec lui Nous lui avons félicité, nous l’avons encouragé. Parce que le département de l’éducation est un département qui est très complexe et qui ressuscite beaucoup de problèmes. Alors pour une première fois, parce que nous avons insisté sur la consolidation du dialogue, la relance du dialogue entre l’inter Syndicale de l’éducation et le département de tutelle. Nous avons sollicité à ce qu’il est une rencontre à chaque trimestre, c’est-à-dire chaque trimestre de l’année scolaire il faut qu’il est une rencontre ce qui fait au moins trois rencontres dans l’année, c’était nos propositions » , a-t-il commencé, avant d’évoquer les problèmes et préoccupations aux quels les enseignants guinéens sont confrontés quotidiennement.

« Ensuite nous l’avons signifié nos préoccupations par rapport à la qualification du système éducatif, le manque criard d’enseignants, le manque d’équipements dans les écoles. Nous l’avons signifié aussi s’il faut mettre les enseignants qui soient encouragés qui travaillent très bien dans les conditions vraiment requises, nous avons parlé des conditions de vie et de travail. Nous avons parlé le reclassement des enseignants, il y a des enseignants qui ont eu le concours probatoire, deuxième certificat jusqu’ici ils ne sont pas reclassés en A. Certains sont reclassés en A mais la prise en charge sur le plan financier n’est pas encore fait. Nous avons aussi parlé du SMIG, le salaire de base de l’enseignant, nous l’avons dit que le salaire de base de l’enseignant doit être rehaussé, multiplié à un million sept cent soixante quatorze mille francs guinéens. Nous l’avons dit également qu’il faut que toutes les primes et indemnités soient rehaussées, revalorisées », a-t-il ajouté, Salif Camara.

Dans un arrêté pris par le nouveau patron du département de l’éducation, il a interdit la présence des téléphones dans les écoles, face aux tolés suscités chez les observateurs, le ministre a fait mea-culpa, pour recadrer le contenu de son premier arrêté. Interrogé sur cette question, le secrétaire général de la FSPE a salué cette décision du ministre, qu’il trouve salutaire et salvatrice pour le bon fonctionnement du système éducatif guineen.

«La fédération Syndicale professionnelle de l’éducation a salué cette décision. A part les pays hautement développés, quelle est le pays en Afrique où le professeur est en prestation, les élèves aussi sont là avec leurs téléphones portables » ?  , s’est-il interrogé

Avant de poursuivre:  «  Je vous dis nos écoles sont toutes sauf les centres de l’éducation, l’école a perdu sa valeur, sa valeur culturelle, sa valeur morale, sa valeur académique, l’école a perdu complètement. Nous avons trahi nos petits frères, nos jeunes frères et si nous ne faisons pas attention nous ne prenons pas conscience, nous allons trahi toute la nation » , a-t-il dit.

L’unité syndicale étant primordiale à ses yeux à cause de la situation précaire que traversent les enseignants, Salif Camara a demandé à ses collègues des autres structures Syndicales de l’éducation, d’accepter de fédérer les forces pour mieux défendre et en de pèser face aux autorités.

« Aujourd’hui au moment où je vous parle, nous n’avons pas assez de problèmes, et nos camarades syndicalistes secrétaire généraux sont d’accord pour que nous nous mettions ensemble, qu’on conjugue le même verbe. L’autre ne deviendrait plus le contre poid de l’autre et nous avons ça ici, lorsque nous êtes dans vos droits réclamés le droit des enseignants, il y a certains qui profitent dans ça pour aller voir le gouvernement, pour retirer de l’argent pour se montrer comme si c’est eux qui sont les patriotes de cette nation. Pendant que nous sommes tous des guinéens, nous avons les mêmes droits et mêmes devoirs. Alors il y a eu tout ça, mais nous nous oublions tout ces problèmes, nous revenons en arrière, en tant que vieille structure syndicale, créée depuis 1945, nous nous recevons tout le monde, nous continuons à veiller pour que l’unité syndicale soit traduite par des actes concrets. Il y’a beaucoup de tohu bohu dans le mouvement syndical, n’oublions pas que l’ancien régime a vraiment affecté, dribblé, boycotté, a vraiment mis le syndicat dans la poubelle »,a-t-il déploré, le secrétaire général de la FSPE, Salif Camara 

Mohamed Camara

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