Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a demandé aux autorités guinéennes une enquête « rapide, approfondie et impartiale » après la « disparition forcée apparente » des proches d’Elie Kamano, et dénoncé une situation « profondément alarmante ».

Le 16 novembre, le chanteur guinéen en exil et critique de la junte au pouvoir à Conakry a annoncé sur les réseaux sociaux l’enlèvement de deux de ses enfants de 14 et 16 ans, d’un de ses neveux de 16 ans et de son frère, gendarme de profession. « Des personnes encagoulées sont entrées chez moi », à Conakry, dans la nuit du 15 au 16, a-t-il affirmé dans une vidéo.

Litanie de disparitions forcées

« La disparition forcée apparente de membres de la famille du militant de l’opposition guinéenne Elie Kamano est profondément préoccupante », a commenté un porte-parole du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, Seif Magango, dans un communiqué. « Nous exhortons les autorités à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer leur retour immédiat et en sécurité auprès de leurs proches, ainsi qu’à mener une enquête rapide, approfondie et impartiale sur leur disparition et à traduire les responsables en justice », a-t-il ajouté.

Ce nouvel enlèvement suscite l’indignation dans ce pays habitué aux nouvelles de disparitions d’opposants. Leur sort reste inconnu à ce jour.

Dans son communiqué, le Haut-Commissariat explique que des hommes armés auraient fait irruption au domicile du chanteur, le 16 novembre vers 4 heures du matin, et emmené ses deux fils et ses deux neveux. « Seul le plus jeune des enfants, âgé de 7 ans, a depuis été libéré », précise Seif Magango. « Nous appelons également les autorités à révéler le sort et le lieu où se trouvent au moins cinq autres personnes que nous pensons avoir été victimes de disparition forcée, parmi lesquelles les militants Foniké Mengué et Mamadou Billo Bah, l’ancien secrétaire général du ministère des Mines, Saadou Nimaga, ainsi que le journaliste Habib Marouane Camara« , a-t-il poursuivi.

Dans un communiqué publié le 25 septembre, le Haut-Commissariat indiquait déjà avoir connaissance d’au moins 10 personnes dont le sort demeure inconnu après leur arrestation par les forces de sécurité, appelant à les libérer.

Avec AFP