Eboulis, torrents de boue, toitures qui cèdent, accidents de voitures, bouchons… : les fortes pluies à Abidjan ont à nouveau créé de la panique et de la peur en raison de la montée des eaux et des inondations. Reportage dans le quartier de Riviera Palmeraie à Abidjan.

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Avec notre correspondant à Abidjan,  François Hume-Ferkatadji

Tout est allé très vite ce jeudi matin à Abidjan. De fortes pluies se sont abattues sur la ville et des quartiers entiers se sont retrouvés submergés par les eaux troubles. Des rues et mêmes des portions d’autoroutes ont pris des allures de fleuves sauvages. 14 secteurs ont connu les ravages des eaux, charriant leurs lots de drames. Des hommes et des femmes se sont retranchés sur les toits, des automobilistes ont été vus, pris au piège de leurs véhicules. 240 mm de pluies ont été comptabilisés dans certains quartiers.

Et ce vendredi, les Abidjanais se sont réveillés une nouvelle fois avec un ciel nuageux et menaçant. La pluie une nouvelle fois est tombée une bonne partie de la matinée. Police secours a rapidement mis garde contre la montée des eaux dans les quartiers d’Angré Château, d’Abobo, du plateau ou encore à Cocody. Ces quartiers sont souvent en proie aux inondations en raison de leur situation géographique, des mini-cuvettes, où les eaux finissent par déborder des canalisations et envahir les maisons, avec des niveaux qui atteignent 2 à 3 mètres.

Au moins sept morts

Le gouvernement publie depuis ce jeudi soir sur les réseaux sociaux des informations sur les mesures à prendre en cas d’inondations : couper l’eau et l’électricité, protéger les documents importants, veiller à ce que les produits d’entretien et les produits chimiques ne se déversent pas dans les eaux, ne pas traverser des zones inondées. Le préfet Gabin Kassi, directeur général de l’office nationale de la protection civile, indique ce matin, que le bilan fait état de sept morts. Mais il précise bien qu’il s’agit d’un bilan provisoire. Les victimes sont des habitants qui souhaitent charger leur portable et qui s’électrocutent dit-il, ou encore des passants ou motocyclistes emportés par les eaux.

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Depuis hier, il faut le noter, une certaine colère se fait ressentir dans la population face à ces inondations qui paralysent et meurtrissent la ville presque chaque année. Une vingtaine de victimes en 2018, davantage encore cette année : la semaine dernière un glissement de terrain a fait 17 morts dans le nord d’Abidjan. Les populations ne comprennent pas comment la situation peut perdurer, sans que des solutions soient trouvées par les ingénieurs civils. Comme une forme de réponse à ces accusations de négligences, l’agence météorologique Sodexam, indique de son côté, que les pluies cette saison sont les plus fortes enregistrées depuis une dizaine d’années.

source:RFI