Voici pourquoi Ismaël Condé s’était aspergé d’eau chaude en prison

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Ancien membre du RPG Arc-en-ciel, Ismaël Condé a payé les conséquences de son adhésion à l’UFDG en séjournant à la maison centrale de Coronthie. Lassé d’attendre des mois sans être jugé, l’adjoint au maire de Matam avait décidé de mettre fin à sa souffrance en s’aspergeant d’eau chaude sur son visage. 

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Selon lui, ‘’la pression s’accentuait dans cette cale. J’étais avec Foniké Mengué. Une fois, les gardes pénitentiaires sont venus à 1h du matin et ont mis tous nos affaires dehors, parce qu’ils disaient qu’on avait des téléphones’’.

‘’On m’a déplacé pour m’envoyer dans la cale des détenus politiques où se trouvait Ousmane Gaoual. Là aussi, ils sont venus nous fouiller. Le régisseur est venu avec des policiers à 18h. La cale était fermée, ils l’ont ouverte et sont rentrés pour mettre à sac nos affaires. Ils ne respectent rien, on n’avait plus d’intimité. Ils montent dans les lits, déchirent le plafond pour chercher des téléphones. Au bout de 7 mois, j’ai été fouillé plus de 40 fois’’, déplore ce cadre de l’UFDG.

Un jour, se souvient Ismaël Condé, ‘’on a fait une réunion de cale. J’ai dit qu’’il parait qu’un codétenu a eu une conversation avec quelqu’un dehors qui lui a demandé si l’ancien député Cellou Baldé était dans la même cale que nous. Peut-être que c’est ce qui a fait qu’on a été fouillés. Ils sont allés rapporter cela au régisseur’’.

Le lendemain, à l’en croire, ‘’le régisseur est venu me dire qu’il va m’envoyer dans la cale des couloirs, c’est-à-dire dans la cale des bandits. Je lui dis qu’il me fait changer de cale chaque fois et que maintenant, il veut m’envoyer vers les condamnés à mort alors que je ne suis même pas jugé. J’ai rajouté : ‘Comme vous avez décidé de me tuer, je vais vous faciliter les choses’’.

‘’C’est ainsi qu’ils ont appelé de grands bandits pour me prendre. Il y avait une thermos à côté, je l’ai prise pour m’asperger d’eau chaude. Malgré cela, ils ne m’ont pas lâché. C’est quand ils ont vu que mon visage commençait à enfler qu’ils m’ont envoyé à l’infirmerie de la maison centrale’’, précise-t-il.

Le numéro 2 de la maison de Matam déclare avoir eu de la ‘’chance. J’allais perdre mon visage et l’usage de mes yeux. Quand vous êtes dans la désolation et le désespoir, vous faites des choses que vous regrettez par la suite’’.

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