Dans une volonté manifeste de muscler la réponse sécuritaire de la Guinée face aux menaces asymétriques, le Chef de l’État a signé un décret historique portant création du Commandement des Opérations Spéciales (COS). Cette nouvelle structure devient le centre névralgique des unités les plus prestigieuses du pays.

Une structure de commandement « Inter-Armées »

Le COS n’est pas une simple unité supplémentaire, mais une structure de commandement opérationnel inter-armées et inter-services. Placé sous l’autorité directe du Chef d’État-major Général des Armées, il a pour mission de coordonner et d’employer les unités d’élite des Forces de Défense et de Sécurité (FDS).

L’objectif est clair : optimiser la force de frappe guinéenne en unifiant la gestion des troupes d’exception.

Qui compose le COS ?

Le décret précise que le COS est constitué par prélèvement au sein des forces de terre, de l’air, de la mer, de la gendarmerie et de la police nationale. Les unités intégrées sous sa bannière sont les plus emblématiques du pays :

Le Groupement des Forces Spéciales (GFS);

Le Bataillon des Troupes Aéroportées (BATA);

Le Groupement des Forces d’Intervention Rapide (GFIR);

Le GIGN (Gendarmerie Nationale);

Les Fusiliers Commandos de l’Air et de la Mer;

Le GIPPN (Police Nationale).

Les missions : Terrorisme et Anticipation

Le COS se voit confier des prérogatives hautement stratégiques. Au-delà de la planification et de la conduite des opérations spéciales, il est chargé de la lutte contre le terrorisme et les menaces asymétriques, du renforcement de l’anticipation et de la réaction des forces, de la collecte et l’analyse de renseignements d’intérêt opérationnel en collaboration étroite avec les services compétents.

‘’Le COS n’a pas vocation à se substituer aux forces existantes, mais à optimiser l’emploi de nos capacités d’élite’’, précise le décret (Article 13).

Un leadership d’expérience

À la tête de ce commandement, le décret impose des critères de sélection rigoureux. Le COS sera dirigé par un officier général ou supérieur (Colonel), titulaire du brevet de l’école de guerre, avec au moins cinq ans d’expérience dans le domaine des opérations spéciales.

Une montée en puissance stratégique

Cette réorganisation intervient dans un contexte régional marqué par l’instabilité sécuritaire au Sahel. En centralisant le commandement de ses forces de pointe, la Guinée se dote d’un outil de réaction rapide, capable d’intervenir sur des cibles de haute valeur stratégique avec une précision accrue.

Le Ministre de la Défense Nationale et celui de la Sécurité sont désormais chargés de mettre en musique cette nouvelle architecture, qui abroge toute disposition antérieure contraire.

 

Mamadouba CAMARA