De dix à dix-sept années de loyaux services au cœur du média d’État sans moindre acte d’engagement , c’est le désolant bilan dressé par les collaborateurs historiques et stagiaires du quotidien national Horoya. Oubliés en chemin lors des opérations d’intégration à la fonction publique qui ont pourtant bénéficié à leurs confrères de la Radiodiffusion Télévision Guinéenne (RTG) , ces professionnels de l’information sortent de leur réserve et sollicitent une prise en main directe du dossier par le président de la République, Mamadi Doumbouya.
Pendant que le ministère de la Communication’de l’économie Numérique et de l’Innovation accélère la modernisation des médias d’État, la situation sociale du personnel contractuel de Horoya demeure au point mort. Bien qu’ils aient franchi l’étape du pré-enrôlement en août 2024 au même titre que les employés de la RTG, la régularisation des journalistes de la presse écrite s’est piégée dans le labyrinthe administratif.
Dix-sept ans de dévouement ignorés et
l’amertume est profonde chez ces artisans de l’ombre. Lors des derniers arbitrages ministériels, la priorité a été donnée aux agents du paysage audiovisuel public, reléguant au second plan les rédacteurs qui façonnent chaque jour le journal de référence de l’État.
Cette mise à l’écart est d’autant plus dure à avaler que ces collaborateurs enchaînent les exercices sans protection légale. Rédaction d’enquêtes, couverture de l’actualité institutionnelle, suivi des programmes stratégiques et animation des éditions ,s’ils abattent le même volume de travail que les fonctionnaires titulaires, ils restent privés de garanties sociales et de toute stabilité professionnelle.
Un enlisement au niveau du ministère de tutelle. Malgré les relances incessantes du collectif, le ministère tarde à apporter une réponse définitive. Une question fondamentale taraude ce collectif est celle de savoir qui entrave la carrière de ces journalistes après tant d’années dévouées à la pérennité de ce monument de la presse guinéenne ?
Alors que la majorité des départements ministériels ont achevé leurs processus de recrutement, le ministère de la Communication, de l’Économie Numérique et de l’Innovation peine à clarifier la situation. Le collectif souligne pourtant qu’un besoin de 116 postes avait été formellement validé sous les précédentes tutelles. Ces vacances devaient être comblées par le concours gouvernemental de 2024. Depuis lors, aucune alternative concrète n’a été proposée, en dehors d’engagements informels.
Échaudés par une précarité prolongée et des promesses ministérielles restées sans suite, les membres du collectif des stagiaires du journal Horoya ne réclament plus un simple réexamen de leurs dossiers par la hiérarchie intermédiaire.
Considérant le chef de l’État comme le seul garant de la justice sociale et de la continuité de l’État, le collectif sollicite l’implication directe du président Mamadi Doumbouya pour trancher ce litige. Pour ces oubliés de la fonction publique, seul un arbitrage présidentiel permettra de réparer ces années de précarité et d’obtenir enfin leur intégration définitive.
Voyant dans le president Mamadi Doumbouya l’ultime rempart contre la discrimination professionnelle, le collectif demande une décision arbitrale du sommet de l’État.
Le collectif des stagiaires












