Le raidissement de la junte au pouvoir, suscite des inquiétudes dans l’opinion. Le Président de la transition feigne l’ignorer pourtant.

 

Il lui est certainement murmurer dans les oreilles par ses dérideurs, que c’est uniquement le prix à payer pour son audace et pour sa volonté inébranlable à mener des actions qu’il croit irrémédiablement indispensables à la transition : la récupération des domaines de l’Etat ainsi que l’opération visant à moraliser la gestion publique.

 

Le colonel-président lui-même y met les mots et le cœur pour la réussite de ces initiatives, certes bonnes, mais qui divisent par le procès.

 

C’est aussi le constat subtil fait par la dernière mission conjointe de la CEDEAO et de l’UA en Guinée. Les missionnaires, d’habitude optimistes et rassurants, laissent cette fois transparaître des bribes d’inquiétudes dans leur communiqué quant à la conduite de la transition. Ils ont quasiment tout repris à leur compte les préoccupations largement partagées dans l’opinion nationale.

 

Qu’il s’agisse de l’absence d’un chronogramme, six mois après le coup d’Etat ou des opérations de récupération des biens de l’Etat ou encore de la traque des fossoyeurs de l’économie, menée par la très redoutable CRIEF, qui, de par ses premières poursuites, donne l’impression d’une justice exclusivement orientée contre les vainqueurs d’hier, déchus du pouvoir.

 

Ces actions à double vitesse avec les autres grandes priorités de la transition, ne donnant ainsi aucune lisibilité de l’agenda des militaires qui trônent à la tête du pays, amènent les acteurs politiques et ceux de la société civile, les vrais, à être sur des charbons ardents.

 

Le FNDC méprisé malgré le sentiment qu’il a d’avoir créé les conditions du coup d’Etat, saisit la balle au bond pour se faire entendre.

 

Les partis politiques aussi, qui ne digèrent pas leur exclusion d’un processus qui est le leur, s’engouffrent dans la brèche.

Un brin d’agacement teinté de menaces, se lie dans toutes les communications. C’est probablement la fin annoncée de l’idylle. Le divorce d’avec la junte qui se claquemure dans une obsession incroyable et incompréhensible, du mépris des autres, est perceptible.

 

Le CNT qui doit aider à passer cette étape, continue de savourer sa mise en place. Les conseillers sont préoccupés à accomplir une tache dictée par le CNRD.

 

Leur fameuse tournée au contact des populations, serait du dilatoire, car les questions qui sont posées maintenant à certains citoyens, ont déjà été répondues lors des concertations organisées au début de la transition.

 

Mieux, a-t-on vraiment besoin d’aller rencontrer les populations pour connaitre leur avis sur une transition dont les objectifs et la mission sont connus d’avance ? La réponse est toute simple quand on est de bonne foi.

 

Le mieux et le minimum à faire, c’est d’ouvrir un cadre de dialogue pour éviter le clash. Cela peut être disruptif dans un environnement devenu atrabilaire

 

Mognouma