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Le gouverneur de Boké aux grévistes de l’UMS : « l’Etat n’est pas prêt à abandonner les sociétés minières au profit de vous »

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La grève sur le site minier de la société UMS à Kaboyé, continue de préoccuper les autorités administratives, les sages, les responsables de la société UMS, l’inspection générale du travail, le Collectif des travailleurs grévistes et délégués syndicaux de la même Compagnie.

C’est dans cette optique qu’une réunion de concertation s’est tenue ce vendredi, 19 novembre 2021, au Gouvernorat de Boké.

Cette rencontre fait suite au passage du Kountigui de la Basse Côte, El Hadj Sèkhouna Soumah qui, d’ailleurs, a réussi à atténuer les tensions.

Plantant le décor, le préfet de Boké, Colonel Fodé Aboubacar Sylla a précisé: « Cette réunion n’a qu’un seul but, celui de trouver une solution pérenne à la grève qui a provoqué l’arrêt du travail sur le site minier de la société UMS à Kaboyé. »

Il a exprimé son regret de voir le service minimum sans être assuré.

Nos partenaires notamment, les investisseurs miniers, ne sont pas nos ennemis mais nos frères venus nous aider à développer notre pays.

Pour sa part, la Direction générale de la société UMS se dit déçue de l’attitude.

« Notre PDG, M. Fadi Wazni est très touché et déçu de se voir insulté sur les réseaux sociaux, alors que son rôle est de garantir les emplois, mettre à disposition les ressources nécessaires.

Merci aux autorités locales pour avoir assuré la sécurité des installations et le personnel de notre entreprise. S’il n’y a pas de richesses, il n’y a pas de rétribution ni de partage », a-t-elle indiqué.

La DG de la société UMS entend faire recours aux voies légales pour que le droit soit dit dans cette affaire.

En outre, la DG de la société UMS se dit disposée et favorable à la négociation pour une sortie heureuse de la crise.

De son côté, le président du Collectif des travailleurs grévistes, Ousmane Diaby, explique: « Nos excuses pour des propos déplacés à l’encontre du PDG de la société UMS, M. Fadi Wazni qui, selon lui, n’a pas été directement offensé par un employé de UMS. »

« Par suite de manipulation, aucune grève n’a abouti. Nous avons été toujours ouverts au dialogue, à la négociation. Nous sommes et nous resterons reconnaissants à l’endroit de Fadi Wazni qui offre des milliers pour la jeunesse. »

Par ailleurs, il a pointé du doigt accusateur les syndicats qui, selon lui, ont été sélectionnés. Ces derniers n’ont jamais été fidèles dans leurs communications, les ressources humaines qui sont complices des syndicats dans l’intimidation et les licenciements arbitraires des chauffeurs et employés, les responsables des transports.

« Toutes ces entités qui peuvent faire 2 semaines sans échanger avec les employés, sont à la base des désordres dont nous sommes victimes. »

A UMS, regrette M. Diaby, « Il y un manque de communication. Tout se dit à l’interne et en secret. »

Le préavis de grève, le 24 septembre dernier, nous avons émis un mémorandum.

Pour avoir émis un préavis de grève, j’ai été emprisonné le 26 septembre et libéré le 27 du même mois. »

Notre plateforme revendicative, précise Ousmane Diaby, « comportait 14 points. Et à Conakry, ils n’ont remonté que 4 points. »

Il invite l’inspection générale du travail à être toujours près des travailleurs.

Durant la grève bien planifiée, témoigne le président du Collectif des grévistes, nous avons assuré la sécurité des engins et travailleurs.

Pour sa part, le président de la délégation syndicale de la même société, M. Condé, a ré en ces termes : « Il y a eu des frustrations. Nous avons été bien saisis du préavis de grève dont parle notre collègue Diaby. A Conakry, nous avons reçu une plateforme revendicative de six (06) points qui ont été transmis à la Direction générale de l’UMS. Nous avons obtenu une augmentation de 10% sur le salaire de base de chaque employé. »

En fonction de la Convention mines et carrières, poursuit-il, tous les travailleurs sont pris en charge à Boké. Depuis 2011, nous avons un partenariat sincère avec la Direction générale de UMS. »

Plus loin, M. Condé jure n’avoir pas reçu  les 14 points de revendication évoqués par les employés.

Il souhaite la pérennisation des activités de la société UMS à Boké.

C’est pourquoi, il a demandé à ses camarades grévistes d’oublier leurs frustrations pour faire bouger les lignes.

Accusé par les grévistes, le responsable des ressources humaines de la société UMS, M. Camara, s’est défendu:  « Être chef fait pitié. Et cela arrive à tous les chefs. »

Selon lui, « Le fond de ce qui nous a emmenés ici aujourd’hui, est légitime. Personnellement, la direction générale de l’UMS n’a pas reçu de préavis de grève. Peut-être, la communication a fait défaut. Nous avons accepté la Convention Mines et carrières à 100%. »

Selon lui, la catégorisation est faite au sein de l’entreprise  UMS.

Mais avec cette catégorisation tout le monde n’aura pas l’augmentation.

Pour l’inspection générale du travail,  « sans le travail, on ne peut pas améliorer vos salaires. Tout ce que vous avez relevé comme imperfections, vous avez raison, vous êtes dans la légitimité mais vous n’êtes pas dans la légalité. »

L’inspection générale du travail a invité les grévistes à reprendre le travail pour la paix et la prospérité de l’ensemble des Guinéens.

Malgré les dessous, le volet technique, le manque de communication, le manque d’organisation,  les dysfonctionnements qui gangrènent la société UMS, le dialogue a été privilégié par l’ensemble des parties prenantes.

Le gouverneur de région, Colonel Sékouba Trèsor Camara, invite les grévistes à tenir compte de la situation actuelle du pays,  tenir compte des conséquences de la catégorisation.

Plus loin, le gouverneur rappelle: « Ce qu’on vous a dit à Boké, vous a été dit à Tanènè chez le Kountigui.’’

A la grande surprise des grévistes, le gouverneur a exhibé un vieux document attestant que la grève à Kaboyé a été préparée il y a très longtemps.

« Chers jeunes, reprenez le travail et acceptez le peu que vous avez pour le moment. Le pays est dans une situation calamiteuse. Nous devons penser à nos concitoyens, pensons à l’avenir. L’Etat n’est pas prêt à abandonner les sociétés minières au profit de vous. Réfléchissez à l’avenir des milliers de jeunes employés par la Société UMS. On ne souhaite pas. Si par malheur, il y a des décisions contraires, vos amis vont tous s’en prendre à vous. La fois dernière, vous avez juré sur le Coran devant le Kountigui de la Basse Côte.  Mettez la foi, le cœur propre dans vos actions. Dieu vous en récompensera.

Chers jeunes, privilégions l’intérêt de la Guinée.. »

« Une fois de plus, on vous demande la retenue, le pardon, la patience. Ne vous laissez pas dominer par la colère jusqu’à perdre vos emplois », conclut le gouverneur de région.

La décision finale est et reste la reprise effective des activités minières au niveau de la société UMS pour permettre la poursuite des négociations.

Aux dernières nouvelles, le PDG de UMS, Fadi Wazni sera à Boké le dimanche prochain.

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