Le président de la République, Mamadi Doumbouya, s’est adressé directement au peuple guinéen pour expliquer sa décision d’autoriser l’évacuation sanitaire à l’étranger de deux anciens hauts responsables de l’État, Ibrahima Kassory Fofana et Amadou Damaro Camara.

Dans un message adressé à ses compatriotes, le chef de l’État a d’abord tenu à rappeler que les procédures judiciaires engagées contre les deux anciens dirigeants restent pleinement valables. Il souligne que les décisions rendues par la justice guinéenne « conservent l’intégralité de leur autorité » et qu’aucune d’entre elles n’a été annulée, révisée ou négociée.

Cette précision intervient alors que le parquet spécial près la CRIEF avait autorisé, le 10 septembre 2026, Kassory Fofana et Damaro Camara à quitter temporairement le territoire national pour recevoir des soins médicaux à l’étranger.

Une décision motivée par des raisons sanitaires

Mamadi Doumbouya affirme avoir pris cette décision après avoir été informé et documenté sur l’état de santé des deux anciens responsables.

« Face à la souffrance d’un être humain, j’ai estimé que la République ne pouvait détourner le regard », explique-t-il, présentant cette mesure comme une décision exceptionnelle fondée exclusivement sur des considérations sanitaires.

Amadou Damaro Camara a quitté la Guinée le 16 septembre à destination des États-Unis pour poursuivre ses soins. Deux jours plus tard, Ibrahima Kassory Fofana a également quitté Conakry à destination de Paris à bord d’un vol médicalisé spécialement affrété. Son avocat, Me Dinah Sampil, a indiqué que cet avion avait été affrété à la demande du président de la République.

Le chef de l’État insiste toutefois sur le fait que ces évacuations ne constituent ni une amnistie, ni une grâce, ni un arrangement avec les intéressés.

« Une Guinée qui juge sans haine »

Dans son intervention, Mamadi Doumbouya affirme vouloir construire une Guinée capable de faire respecter la justice sans tomber dans la vengeance ou le ressentiment.

Il estime que la rigueur dans la gestion des deniers publics doit relever de l’exigence de responsabilité et non de la volonté d’humilier ou de se venger des personnes condamnées.

Pour le président guinéen, la réconciliation nationale doit permettre au pays de regarder vers l’avenir « une fois la vérité établie et la justice dite ».

L’appel à l’unité et à la construction

En conclusion, le chef de l’État a appelé les Guinéens à se rassembler autour des priorités nationales, notamment l’éducation, la santé, l’accès à l’eau et à l’électricité ainsi que la création d’emplois pour la jeunesse.

« Notre pays entre dans une ère décisive », a-t-il déclaré, estimant que la Guinée aura besoin de toutes ses filles et de tous ses fils pour avancer dans un climat apaisé et consacré au travail et à la construction nationale.

Liberationinfo.com