Le ministère de l’Industrie et du Commerce, en partenariat avec la Direction générale des Douanes, le Bureau national d’inspection et de mise en quarantaine (BNIQ) et le projet SCALE, a officiellement lancé une campagne nationale de sensibilisation. Objectif : vulgariser les nouvelles procédures d’importation et d’exportation pour concilier sécurité sanitaire et fluidité économique.

La modernisation de l’administration économique guinéenne franchit un nouveau cap. Face à l’ouverture croissante du marché national, le gouvernement guinéen a donné le coup d’envoi d’une vaste campagne de sensibilisation visant à informer et former les opérateurs économiques sur les récentes réformes des procédures d’inspection et de mise en quarantaine des marchandises.
Sécuriser les consommateurs, faciliter les échanges
Présidant la cérémonie au nom de la ministre de l’Industrie et du Commerce, le secrétaire général du département, Bamba Oliano, a d’emblée planté le décor : « L’ouverture de notre économie favorise les échanges et donne accès à de nouvelles opportunités. Elle exige dans le même temps une attention constante à la qualité et à la conformité des marchandises qui entrent sur le territoire national. »
Pour les autorités, cette campagne est le remède indispensable contre les blocages logistiques et les malentendus aux frontières. Loin d’être un frein, la réglementation est présentée comme un levier de performance. « La protection des consommateurs et la facilitation du commerce régulier ne s’opposent pas. Elles reposent toutes deux sur des règles compréhensibles, des contrôles cohérents et une administration capable d’orienter correctement les usagers », a insisté M. Oliano.
Un double rempart : Valeur douanière et sécurité sanitaire
Cette réforme repose sur une synergie d’action étroite entre les services douaniers et sanitaires. Ousmane Madani Diallo, coordinateur du projet SCALE, a résumé cette complémentarité d’une formule percutante : « La douane sécurise la valeur. Le Bureau national d’inspection et de quarantaine sécurise la santé. Sans l’une, l’autre ne tient pas. »
Revenant sur le rôle crucial du BNIQ, il a rappelé que ces contrôles touchent directement le quotidien et l’économie du pays. « Ce n’est pas de la paperasse. C’est vérifier que le poulet importé ne contient pas de maladies, certifier que la mangue guinéenne peut entrer sans problème en Europe et bloquer les médicaments ou les engrais non conformes avant qu’ils n’arrivent sur nos marchés. » Le coût de l’inaction est d’ailleurs lourd pour le label Guinée : un produit refoulé à l’international représente « une perte sèche pour l’exportateur, une mauvaise image pour la Guinée et des emplois détruits ».
Pour rassurer le secteur privé face aux risques de lenteurs administratives, le projet SCALE et le BNIQ ont annoncé des engagements forts de réduction des délais, applicables sous 12 mois. Le déploiement de la campagne de sensibilisation dans les huit régions administratives du pays. L’instauration d’un délai maximal de 48 heures pour le traitement des dossiers de produits périssables. Le lancement d’entrepôts de quarantaine hors port. Un accueil favorable entre doutes logistiques et soulagement
Du côté des usagers, la réforme suscite de grands espoirs. Le vice-président de l’Union des consommateurs de Guinée ne cache pas son enthousiasme : « Pour moi, la mise en place de ce bureau, c’est un bijou, c’est une garantie, c’est une satisfaction à la fois pour les consommateurs mais aussi pour les acteurs qui évoluent dans cet écosystème. »
Le secteur privé, représenté par la Confédération générale des entreprises de Guinée (CGE-GUI), a également réaffirmé son soutien à l’initiative, tout en posant ses conditions pour une réussite totale. Le patronat appelle en effet à une mise en œuvre concertée, axée sur la digitalisation, la simplification des démarches et le respect strict des délais. Surtout, la CGE-GUI alerte sur la nécessité absolue d’éviter les duplications de contrôles qui viendraient alourdir le passage des marchandises, tout en exhortant les entreprises locales à élever leurs standards de traçabilité.
La Direction générale des Douanes a, de son côté, rappelé qu’un opérateur bien informé est le premier acteur de la fluidité des frontières : des dossiers complets et sans erreurs permettront des contrôles plus rapides et efficaces.
En déployant cette campagne aux quatre coins du pays, le gouvernement guinéen ambitionne d’assainir le marché intérieur, de protéger la santé publique et d’offrir aux produits « Made in Guinea » le passeport qualité nécessaire pour conquérir les marchés régionaux et internationaux.
Mohamed Camara