Après cent jours passés à la tête du ministère de la Pêche et de l’Économie maritime, le ministre Fassou Théa a dressé un premier bilan marqué par des réformes profondes et une volonté affirmée de rompre avec les anciennes pratiques. Devant un large public réuni au Chapiteau By Issa, au Palais du Peuple, et sous la présidence du ministre directeur de cabinet de la Primature, Mohamed Lamine Sy Savané, il a présenté les grandes lignes d’une nouvelle dynamique axée sur la transparence, la performance et la modernisation du secteur halieutique guinéen.
C’était en présence des membres du gouvernement, des cadres techniques des différents départements, des représentants d’ambassades et des représentants d’institutions financières partenaires.
A l’entame, le ministre tout d’abord remercié commencé les participants avant de résenter les objectifs de son ministère qui, selon lui, s’inscrivent dans la vision du Président Mamadi Doumbouya.
Nommé le 27 juillet 2025, le ministre Théa s’est inscrit dès son arrivée dans la vision portée par le Chef de l’État, le général Mamadi Doumbouya : assurer la souveraineté alimentaire, renforcer la sécurité maritime et moderniser les secteurs productifs du pays.
La première action entreprise a été un diagnostic complet du secteur, dont le potentiel incontestable était freiné par de profondes faiblesses : infrastructures insuffisantes, exploitation limitée des ressources et gouvernance budgétaire défaillante. Le ministre a notamment révélé qu’à son arrivée, le titre 5 du budget destiné à l’investissement n’affichait qu’un taux d’engagement de 2 %, illustrant une inertie inquiétante et une quasi-absence d’exécution des projets.
Face à ce constat, une réforme rapide et rigoureuse de la chaîne contractuelle a été engagée. Les résultats ont été qualifiés de spectaculaires : sur 47 contrats soumis aux services du ministère de l’Économie et des Finances, 44 ont été approuvés, soit un taux record de 93,6 %. Le volume des investissements en cours d’exécution dépasse désormais 193 milliards de francs guinéens.
« Cette performance, au-delà des chiffres, traduit la relance d’un secteur longtemps à l’arrêt et le retour de la crédibilité institutionnelle », a souligné le ministre.
Au-delà de l’administration, plusieurs actions concrètes ont été menées sur le terrain. Sur le plan de la sécurité alimentaire, l’approvisionnement national a été renforcé avec 121 463 tonnes de produits halieutiques. Les recettes publiques ont également enregistré une avancée notable, avec 19 550 413 972 GNF mobilisés au profit du Trésor.
En matière de surveillance maritime, le dispositif a été intensifié, permettant l’arraisonnement de deux navires pour infractions graves et une diminution de la pêche illicite grâce à la meilleure exploitation des données issues du système VMS de suivi des navires.
Le secteur aquacole connaît lui aussi un regain d’intérêt, avec une production de 186 tonnes et l’identification de quatre pôles stratégiques destinés à structurer la filière.
L’une des avancées majeures de ces cent premiers jours demeure l’adoption, le 30 octobre 2025, du financement du Projet Kounkoui par le Conseil National de la Transition (CNT). Ce programme, soutenu par la Banque mondiale, l’AFD et le Fonds Bleu, représente un investissement de 128 millions de dollars, couvrant plus de la moitié des besoins du plan stratégique du secteur. Il constitue un pilier essentiel pour la modernisation attendue.
En conclusion, le ministre Fassou Théa a réaffirmé son engagement à assurer une mise en œuvre stricte des investissements, à intensifier la lutte contre la pêche illicite et à digitaliser l’ensemble des procédures du ministère. Les priorités des prochains mois porteront sur la consolidation des acquis et l’accélération du Projet Kounkoui, afin de bâtir un secteur halieutique moderne, performant et durable au service du développement national.
Mohamed Camara
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