{"id":9328,"date":"2021-07-28T14:21:40","date_gmt":"2021-07-28T14:21:40","guid":{"rendered":"https:\/\/liberationinfo.com\/?p=9328"},"modified":"2021-07-28T14:21:40","modified_gmt":"2021-07-28T14:21:40","slug":"alassane-ouattara-et-laurent-gbagbo-de-la-lutte-a-mort-aux-retrouvailles-forcees","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/alassane-ouattara-et-laurent-gbagbo-de-la-lutte-a-mort-aux-retrouvailles-forcees\/","title":{"rendered":"Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo: de la lutte \u00e0 mort aux retrouvailles forc\u00e9es"},"content":{"rendered":"<div class=\"t-content t-content--article\">\n<article data-article-content=\"\">\n<div class=\"t-content__main-media\">\n<figure class=\"m-figure m-figure--16x9\">\n<div class=\"m-figure__img-wrapper\"><\/div>\n<\/figure>\n<\/div>\n<p class=\"t-content__chapo\" data-speech-chapo=\"D\u00e9finitivement acquitt\u00e9 par la Cour p\u00e9nale internationale le 31 mars dernier, l\u2019ancien pr\u00e9sident ivoirien Laurent Gbagbo est rentr\u00e9\u00a0\u00e0 Abidjan\u00a0jeudi 17 juin, apr\u00e8s dix ans d\u2019absence. Il y a retrouv\u00e9\u00a0Alassane Ouattara, son adversaire de longue date, au parcours tr\u00e8s diff\u00e9rent du sien. Portrait crois\u00e9 de deux acteurs majeurs de la C\u00f4te d\u2019Ivoire post-Houphou\u00ebt-Boigny.\">D\u00e9finitivement acquitt\u00e9 par la Cour p\u00e9nale internationale le 31 mars dernier, l\u2019ancien pr\u00e9sident ivoirien Laurent Gbagbo est rentr\u00e9\u00a0\u00e0 Abidjan\u00a0jeudi 17 juin, apr\u00e8s dix ans d\u2019absence. Il y a retrouv\u00e9\u00a0Alassane Ouattara, son adversaire de longue date, au parcours tr\u00e8s diff\u00e9rent du sien. Portrait crois\u00e9 de deux acteurs majeurs de la C\u00f4te d\u2019Ivoire post-Houphou\u00ebt-Boigny.<\/p>\n<div class=\"t-content__body u-clearfix\">\n<div class=\"m-interstitial\">\n<div class=\"m-interstitial__ad\"><\/div>\n<\/div>\n<p><em>De notre envoy\u00e9 sp\u00e9cial \u00e0 Abidjan,<\/em><\/p>\n<p>Le 13 septembre 1988,<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20210614-laurent-gbagbo-les-dates-cl%C3%A9s-d-un-parcours-politique-et-judiciaire-mouvement%C3%A9\" target=\"_self\"><strong>\u00a0Laurent Gbagbo<\/strong><\/a>\u00a0rentre de son premier exil. Il rencontre\u00a0<a href=\"https:\/\/savoirs.rfi.fr\/fr\/comprendre-enrichir\/histoire\/portrait-de-felix-houphouet-boigny\" target=\"_blank\"><strong>F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny<\/strong><\/a>\u00a0qui tente de l\u2019amadouer : \u00ab\u00a0<em>L\u2019oiseau ne se f\u00e2che pas contre l\u2019arbre\u00a0<\/em>\u00bb. Voil\u00e0 pourtant d\u00e9j\u00e0 pr\u00e8s\u00a0de vingt ans que cet homme \u00e0 la carrure solide mord les mollets du \u00ab p\u00e8re de l\u2019ind\u00e9pendance \u00bb.<\/p>\n<h2>Leur formation : l\u2019historien marxiste contre l\u2019\u00e9conomiste lib\u00e9ral<\/h2>\n<p>Enfant de Mama, un village de la r\u00e9gion de Gagnoa, dans l\u2019ouest du pays, d\u2019ethnie b\u00e9t\u00e9 et de religion catholique, Laurent Gbagbo na\u00eet en 1945 dans une famille modeste, mais brille \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Il d\u00e9croche son baccalaur\u00e9at au lyc\u00e9e classique d\u2019Abidjan, puis une licence d\u2019histoire \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de la capitale \u00e9conomique ivoirienne en 1969. Il effectue ensuite un court s\u00e9jour \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Lyon, o\u00f9 il rencontre sa premi\u00e8re \u00e9pouse fran\u00e7aise, Jacqueline Chamois, avant d&rsquo;obtenir une ma\u00eetrise d&rsquo;histoire \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Paris-Sorbonne.<\/p>\n<div id=\"tms-ad-inread-7908599423103795\" class=\"tms-ad\">\n<div class=\"teads\"><\/div>\n<\/div>\n<p>Il s\u2019y construit une solide culture politique, penche pour l\u2019analyse marxiste et se rapproche des mouvements de gauche, o\u00f9 il lie de solides amiti\u00e9s. Rentr\u00e9 au pays, il enseigne et embrasse la lutte syndicale dans un pays verrouill\u00e9 par un parti unique, le PDCI (Parti d\u00e9mocratique de C\u00f4te d&rsquo;Ivoire). Gbagbo devient, en 1974, chercheur \u00e0 l\u2019Institut d\u2019histoire d\u2019art et d\u2019arch\u00e9ologie de l\u2019universit\u00e9 d\u2019Abidjan (IHAA), puis soutient une th\u00e8se de doctorat, en 1979, \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Paris VII sur le th\u00e8me \u00ab<em>\u00a0Les ressorts sociaux-\u00e9conomiques de la politique ivoirienne, 1940-1960\u00a0<\/em>\u00bb. En 1980, il devient directeur de l\u2019IHAA.<\/p>\n<p>De quatre ans son a\u00een\u00e9,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20201103-c%C3%B4te-d-ivoire-le-pr%C3%A9sident-ouattara-r%C3%A9%C3%A9lu-troisi%C3%A8me-mandat\" target=\"_self\"><strong>Alassane Ouattara<\/strong><\/a>\u00a0est n\u00e9 \u00e0 Dimbokro, dans le centre du pays. Issu d\u2019une famille ais\u00e9e et commer\u00e7ante du Nord, il est malink\u00e9 et musulman. Cet h\u00e9ritage le pousse \u00e0 s\u2019int\u00e9resser \u00e0 l\u2019\u00e9conomie. Il passe son bac\u00a0\u00e0 Ouagadougou, \u00e9tudie aux \u00c9tats-Unis, obtient en 1967 son master \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Pennsylvanie, suivi d\u2019un doctorat en 1972. Il travaille d\u00e9j\u00e0 au Fonds mon\u00e9taire international (FMI), qu\u2019il quittera pour int\u00e9grer la Banque centrale des \u00c9tats d\u2019Afrique de l\u2019Ouest (BCEAO). Lib\u00e9ral, il croit au multilat\u00e9ralisme, aux institutions de Bretton Woods, au s\u00e9rieux budg\u00e9taire et \u00e0 l\u2019alliance de la C\u00f4te d\u2019Ivoire avec ce qui est encore le camp occidental.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<em>L\u2019origine familiale et la trajectoire professionnelle des deux a pu jouer sur leurs diff\u00e9rences de style<\/em>\u00a0\u00bb, explique le sociologue ivoirien Fahiraman Rodrigue Kon\u00e9, de l\u2019Institut d&rsquo;\u00e9tudes de s\u00e9curit\u00e9. \u00ab\u00a0<em>Issu d\u2019une famille aristocrate du nord du pays o\u00f9\u00a0la gestion du pouvoir s\u2019incarne dans des structures fortement hi\u00e9rarchis\u00e9es, centralis\u00e9es et personnalis\u00e9es, Alassane Ouattara a suivi un parcours professionnel \u00e0 partir duquel il tente de vendre une image de technocrate. Laurent Gbagbo est issu d\u2019une famille modeste, du milieu rural, qui a r\u00e9ussi \u00e0 se hisser par ses \u00e9tudes dans la classe des enseignants d\u2019universit\u00e9, lieu privil\u00e9gi\u00e9 de la contestation du r\u00e9gime du parti unique. Il a fait montre d\u2019une intelligence politique qui lui a permis d\u2019\u00e9chapper parfois au rouleau compresseur du parti unique d\u2019Houphou\u00ebt. En jouant la carte du tribun, Laurent Gbagbo a r\u00e9ussi \u00e0 se rendre populaire dans les couches sociales les moins favoris\u00e9es.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<h2>Leur parcours : le syndicaliste opini\u00e2tre contre le technocrate brillant<\/h2>\n<p>Au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, la crise \u00e9conomique et la chute des cours des mati\u00e8res premi\u00e8res referment la page du \u00ab miracle \u00e9conomique \u00bb ivoirien. L\u2019\u00c9tat manque d\u2019argent, la jeunesse remue, d\u00e9nonce un r\u00e9gime autocratique. Sur les campus, Laurent Gbagbo est au c\u0153ur du mouvement \u00e0 la direction du Syndicat national de la recherche et de l\u2019enseignement (SYNARES), aux c\u00f4t\u00e9s de sa compagne et fervente militante, Simone Ehivet, qu\u2019il \u00e9pousera en 1989.<\/p>\n<p>En 1982, le couple fonde dans une bananeraie de Dabou, \u00e0 une trentaine de kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019ouest d\u2019Abdidjan, le Front populaire ivoirien (FPI). Le mouvement est d\u2019abord clandestin. Son chef quitte le pays pour Paris, o\u00f9 il renforce ses amiti\u00e9s au sein du Parti socialiste et de la gauche fran\u00e7aise, tandis qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e, Fran\u00e7ois Mitterrand continue d\u2019entretenir les meilleures relations avec Houphou\u00ebt-Boigny. En 1988, il finit par rentrer, mais sans ployer le genou devant le \u00ab vieux \u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, Alassane Ouattara fait lui des allers-retours entre deux institutions, le FMI et la BCEAO, entre Washington et Abidjan, toujours en grimpant les \u00e9chelons. En octobre 1988, il devient ainsi directeur de la banque sous r\u00e9gionale. S\u2019il ne fait pas de politique active, il est l\u2019un des principaux repr\u00e9sentants de la C\u00f4te d\u2019Ivoire \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale\u00a0et son profil rassurant lui vaut les bonnes gr\u00e2ces du chef de l\u2019\u00c9tat ivorien.<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e 1990 est un tournant dans l\u2019histoire du pays : pour la premi\u00e8re fois, un opposant fait face \u00e0 F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny lors de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle. Le score de Laurent Gbagbo est symbolique, 18,3%, mais l\u2019installe dans le paysage politique. Il d\u00e9nonce des bourrages d\u2019urnes. Le FPI est l\u00e9galis\u00e9. Il entre au mois de d\u00e9cembre \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e avec huit autres membres de son parti. D\u00e9put\u00e9 et opposant, il combat \u00e0 chaque instant un syst\u00e8me de plus en plus fragile, au fur et \u00e0 mesure que F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny d\u00e9cline, et que la querelle de succession s\u2019envenime entre Henri Konan B\u00e9di\u00e9 et Alassane Ouattara.<\/p>\n<p>Le technocrate a en effet \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 au chevet de l\u2019\u00e9conomie ivoirienne. Il devient Premier ministre en 1990 \u2013 la fonction vient d\u2019\u00eatre cr\u00e9\u00e9e\u00a0\u2013 et m\u00e8ne une politique d\u2019assainissement des finances publiques par une aust\u00e9rit\u00e9 destin\u00e9e \u00e0 \u00e9viter la cessation de paiement. La marge politique laiss\u00e9e aux opposants est encore r\u00e9duite : le 18 f\u00e9vrier 1992, une manifestation \u00e0 l\u2019appel du FPI et d&rsquo;autres organisations d\u00e9g\u00e9n\u00e8re. Laurent Gbagbo est arr\u00eat\u00e9 et condamn\u00e9 \u00e0 deux ans de prison avec d\u2019autres personnes, en vertu d\u2019une nouvelle loi \u00ab anti-casseurs \u00bb, \u00e9labor\u00e9e par le gouvernement Ouattara. Sa combativit\u00e9 lui vaut le surnom du\u00a0\u00ab woody \u00bb de Mama, que l\u2019on peut traduire par le \u00ab t\u00e9m\u00e9raire \u00bb. Il est finalement lib\u00e9r\u00e9 au mois d\u2019ao\u00fbt suivant, mais cette incarc\u00e9ration laisse des traces. Simone Gbagbo notamment, se plaint des mauvais traitements inflig\u00e9s en d\u00e9tention et en gardera une ranc\u0153ur certaine contre celui qui deviendra le grand rival de son \u00e9poux.<\/p>\n<h2>Leur relation : l\u2019alliance contre B\u00e9di\u00e9, puis la rivalit\u00e9 exacerb\u00e9e<\/h2>\n<p>La politique \u00e9tant affaire de circonstances, les deux hommes se trouvent n\u00e9anmoins un ennemi commun : Henri Konan B\u00e9di\u00e9. Le pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e succ\u00e8de \u00e0 F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 7 d\u00e9cembre 1993. Afin d\u2019\u00e9viter toute concurrence interne au PDCI, le nouveau chef de l\u2019\u00c9tat r\u00e9forme le code \u00e9lectoral. C\u2019est le d\u00e9but de la politique de \u00ab l\u2019ivoirit\u00e9 \u00bb, qui exclut Ouattara de la course \u00e0 la pr\u00e9sidentielle de 1995. Celui-ci quitte le PDCI et fonde le Rassemblement des r\u00e9publicains (RDR), son parti, avec notamment Dj\u00e9ni Kobina, camarade de service militaire de Laurent Gbagbo, et passerelle entre les deux hommes. Laurent Gbagbo, qui plus tard n\u2019h\u00e9sitera pas \u00e0 employer le m\u00eame argumentaire contre Alassane Ouattara, boycotte ce scrutin en signe de \u00ab\u00a0<em>solidarit\u00e9<\/em>\u00a0\u00bb. Henri Konan B\u00e9di\u00e9 est \u00e9lu sans v\u00e9ritable adversaire avec 96% des voix.<\/p>\n<p>Son mandat n\u00e9anmoins est une suite de crises, jusqu\u2019au 24 d\u00e9cembre 1999. Le p\u00e8re No\u00ebl porte un treillis. Le g\u00e9n\u00e9ral Robert Gue\u00ef m\u00e8ne un putsch et d\u00e9cr\u00e8te venir \u00ab\u00a0<em>pour balayer la maison\u00a0<\/em>\u00bb. Laurent Gbagbo \u00ab<em>\u00a0prend acte<\/em>\u00a0\u00bb m\u00eame s\u2019il se dit \u00ab\u00a0<em>oppos\u00e9 aux coups de force\u00a0<\/em>\u00bb. Le FPI fait son entr\u00e9e, aux c\u00f4t\u00e9s du RDR, au sein d\u2019un gouvernement de transition.<\/p>\n<p>Les deux leaders appellent \u00e0 voter \u00ab oui \u00bb au r\u00e9f\u00e9rendum constitutionnel de juillet 2000, qui ent\u00e9rine pourtant dans son article 35 le concept d\u2019\u00ab ivoirit\u00e9 \u00bb. Il stipule que les candidats \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique doivent \u00ab\u00a0<em>\u00eatre Ivoirien de naissance, n\u00e9 de p\u00e8re et de m\u00e8re eux-m\u00eames ivoiriens<\/em>\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0<em>Je suis vis\u00e9 par la Constitution, mais je ne me sens pas concern\u00e9<\/em>, affirme Alassane Ouattara,<em>\u00a0cette Constitution nous permettra de sortir du r\u00e9gime d&rsquo;exception.<\/em>\u00a0\u00bb\u00a0Le texte adopt\u00e9, il sera emp\u00each\u00e9 de concourir \u00e0 la pr\u00e9sidentielle du 22 octobre, de m\u00eame que B\u00e9di\u00e9, mais pas Gbagbo, qui en est le vainqueur malgr\u00e9 la tentative de Robert Gue\u00ef de faire d\u00e9railler l\u2019annonce des r\u00e9sultats.<\/p>\n<p>Fort d\u2019un r\u00e9el soutien populaire \u00e0 cette alternance, Laurent Gbagbo mobilise la foule, l\u2019arm\u00e9e et la police basculent dans son camp. Le RDR, accus\u00e9 de duplicit\u00e9 par le FPI, lance \u00e9galement ses militants dans la rue. Des affrontements meurtriers entre manifestants des deux bords feront plus de 300 morts.<\/p>\n<p>Durant dix ans, c\u2019est le jeu du chat et de la souris : le RDR participe aux gouvernements d\u2019ouverture form\u00e9s \u00e0 l\u2019issue de multiples r\u00e9unions, accords, tractations, tandis qu\u2019une nouvelle mutinerie se transforme en r\u00e9bellion les 19 et 20 septembre 2002. Alassane Ouattara, craignant pour sa vie, se r\u00e9fugie \u00e0 l\u2019ambassade de France, tandis que Laurent Gbagbo rentre pr\u00e9cipitamment d\u2019Italie. Le pays sera coup\u00e9 en deux pendant plusieurs ann\u00e9es, les violations des droits humains commises par les forces loyalistes et les groupes rebelles se multiplient, les victimes se comptent par centaines.<\/p>\n<p>Ni les accords de Marcoussis, ni ceux d\u2019Accra, ni ceux de Pretoria, ne mettent un terme au conflit. L\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, pr\u00e9vue en 2005, est report\u00e9e \u00e0 six reprises. Autant que le \u00ab woody de Mama \u00bb, Laurent Gbagbo devient le \u00ab boulanger \u00bb, celui qui roule ses adversaires dans la farine. Finalement, le 4 mars 2007, un accord sign\u00e9 \u00e0 Ouagadougou sous l\u2019\u00e9gide de Blaise Compaor\u00e9, permet une accalmie.<\/p>\n<h2>Le paroxysme : la crise de 2010-2011<\/h2>\n<p>Pour la seule fois dans l\u2019histoire ivoirienne, la pr\u00e9sidentielle met aux prises les trois \u00e9l\u00e9phants qui se partagent le pouvoir depuis le d\u00e9c\u00e8s d\u2019Houphou\u00ebt. Le 31 octobre 2010, il est possible de voter Gbagbo, Ouattara\u00a0ou B\u00e9di\u00e9. Le pr\u00e9sident sortant vire en t\u00eate avec 38% des voix, mais ses deux adversaires, rabiboch\u00e9s par une d\u00e9cennie d\u2019opposition, mettent en \u0153uvre leur alliance, le \u00ab Rassemblement des houphou\u00ebtistes pour la d\u00e9mocratie et la paix (RHDP) \u00bb contre lui. L&rsquo;entre-deux-tours permet l\u2019organisation d\u2019un d\u00e9bat historique et polic\u00e9, mais le d\u00e9nouement du scrutin jette le pays dans une nouvelle crise.<\/p>\n<p>La Commission \u00e9lectorale annonce, en deux temps, le succ\u00e8s d\u2019Alassane Ouattara. Le Conseil constitutionnel, celui de Laurent Gbagbo. Chacun accuse l\u2019autre organisme d\u2019\u00eatre aux mains de son adversaire. La communaut\u00e9 internationale, elle, fait son choix et certifie la victoire de l\u2019ancien Premier ministre. Jusqu\u2019au 11 avril, les Ivoiriens vivent avec deux pr\u00e9sidents et deux gouvernements, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019une ultime offensive aboutisse \u00e0 l\u2019arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril. La s\u00e9quence film\u00e9e montrant l\u2019ancien pr\u00e9sident en chemisette et son \u00e9pouse en chemise de nuit, cheveux hirsutes et regard apeur\u00e9, fait le tour du monde, et heurte jusqu&rsquo;\u00e0 certains adversaires de Gbagbo. Quatre mois et demi plus tard, il est envoy\u00e9 aux Pays-Bas et d\u00e9bute son marathon judicaire devant la CPI, tandis qu\u2019Alassane Ouattara promet la \u00ab\u00a0<em>r\u00e9conciliation<\/em>\u00a0\u00bb et le rebond \u00e9conomique d\u2019un pays \u00e0 l\u2019arr\u00eat depuis vingt ans. La crise post-\u00e9lectorale a fait 3 000 morts. Les familles des victimes demandent encore des condamnations.<\/p>\n<h2>Les relations avec la France : un lien contrari\u00e9 pour l\u2019un, solide pour l\u2019autre<\/h2>\n<p>Les proches de Laurent Gbagbo l\u2019assurent : le d\u00e9peindre comme un anti-fran\u00e7ais est une exag\u00e9ration, voire une \u00ab\u00a0<em>fable\u00a0<\/em>\u00bb. Form\u00e9 en partie dans les universit\u00e9s de l\u2019hexagone, il en conna\u00eet et maitrise la culture politique. La brouille viendrait plut\u00f4t de relations conflictuelles avec un homme, maintes fois illustr\u00e9es : Jacques Chirac.<\/p>\n<p>Tout au long de la guerre civile, Laurent Gbagbo et ses amis n\u2019auront de cesse de d\u00e9noncer un \u00ab<em>\u00a0double jeu<\/em>\u00a0\u00bb de la France, qui ne respecterait pas les accords de coop\u00e9ration, prot\u00e9gerait les rebelles sous couvert d\u2019une sauvegarde du\u00a0<em>statu quo<\/em>. De m\u00eame, la France serait jalouse de ses int\u00e9r\u00eats \u00e9conomiques, voudrait se d\u00e9barrasser de Laurent Gbagbo, pr\u00e9sident en qu\u00eate de nouveaux partenaires. Chirac serait simplement la continuation des r\u00e9seaux Foccart et de la \u00ab Fran\u00e7afrique \u00bb. \u00c0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e, on s\u2019agace du caract\u00e8re frondeur du \u00ab woody \u00bb, du changement de discours permanent, comme lorsque l\u2019accord longuement discut\u00e9 \u00e0 Marcoussis en 2003 est d\u00e8s le lendemain qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0<em>simples propositions\u00a0<\/em>\u00bb par le pr\u00e9sident ivoirien.<\/p>\n<p>D\u00e9but novembre 2004, alors que l\u2019arm\u00e9e loyaliste pense obtenir un succ\u00e8s militaire d\u00e9cisif sur les rebelles, la donne change apr\u00e8s l\u2019attaque du camp militaire fran\u00e7ais de Bouak\u00e9. L\u2019ambassadeur de France de l\u2019\u00e9poque Gildas Le Lidec, certifie avoir rencontr\u00e9 le soir m\u00eame un Gbagbo \u00ab<em>\u00a0h\u00e9b\u00e9t\u00e9\u00a0<\/em>\u00bb et ne croit pas qu\u2019il soit derri\u00e8re l\u2019op\u00e9ration. Le chef de l\u2019\u00c9tat niera \u00e0 plusieurs reprises toute implication, soulignant n\u2019avoir \u00ab\u00a0<em>aucun int\u00e9r\u00eat\u00a0<\/em>\u00bb dans l\u2019affaire. De fait, en repr\u00e9sailles, son aviation est d\u00e9truite, et une colonne de blind\u00e9s fran\u00e7ais arrive devant son domicile le lendemain (une erreur de parcours, selon la version fran\u00e7aise). De nouvelles manifestations anti-fran\u00e7aises ont lieu, des militaires fran\u00e7ais tirent sur la foule en col\u00e8re, le 9 novembre, faisant pr\u00e8s d\u2019une soixantaine de morts. Les manifestations auront pour cons\u00e9quence un d\u00e9part massif de ressortissants fran\u00e7ais et occidentaux, et l\u2019effondrement du tissu \u00e9conomique. On dit qu\u2019\u00e0 la fin de son mandat, Jacques Chirac ne r\u00e9pondait m\u00eame plus aux appels de Laurent Gbagbo.<\/p>\n<p>Le d\u00e9part du pr\u00e9sident fran\u00e7ais, en 2007, permet dans un premier temps une normalisation. \u00c0 Abidjan, c\u2019est l\u2019accalmie, les affaires reprennent, de nombreuses grandes entreprises fran\u00e7aises conservent leurs march\u00e9s, Vincent Bollor\u00e9 inaugure en 2008 le nouveau terminal \u00e0 conteneurs avec le chef de l\u2019\u00c9tat ivoirien.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e, c\u2019est Nicolas Sarkozy qui s\u2019est install\u00e9. Et s\u2019il ne montre pas de d\u00e9fiance vis-\u00e0-vis de Laurent Gbagbo, il entretient depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es une relation d\u2019amiti\u00e9 avec Alassane Ouattara. Les deux hommes se sont rencontr\u00e9s par l\u2019interm\u00e9diaire de Martin Bouygues, autre grand ami du pr\u00e9sident fran\u00e7ais \u00e0 qui le Premier ministre d\u2019Houphou\u00ebt avait conc\u00e9d\u00e9 la gestion de l\u2019eau et de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990. En 2010, durant la campagne, Alassane Ouattara ne manque pas de souligner sa proximit\u00e9 avec Nicolas Sarkozy \u2013 il passe r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e \u2013, mais aussi avec Laurent Fabius ou Dominique Strauss-Kahn. \u00ab\u00a0<em>Si j&rsquo;ai cinq ou six vrais amis dans le monde, il en fait partie<\/em>\u00a0\u00bb, d\u00e9clare-t-il \u00e0\u00a0<em>L&rsquo;Express<\/em>. Et pour cause, les \u00abBalladuriens\u00bb, d\u00e8s les ann\u00e9es 1990, le soutenaient contre B\u00e9di\u00e9, r\u00e9put\u00e9 proche de Jacques Chirac.<\/p>\n<p>La crise post-\u00e9lectorale voit la France, comme l\u2019ensemble de la communaut\u00e9 internationale, soutenir Alassane Ouattara. Devant la CPI, lors de son proc\u00e8s, Laurent Gbagbo accusera les forces sp\u00e9ciales fran\u00e7aises\u00a0d\u2019avoir directement men\u00e9 son interpellation, quand les militaires pro-Ouattara ne parvenaient \u00e0 \u00ab<em>\u00a0br\u00eacher\u00a0<\/em>\u00bb d\u00e9finitivement les murs de sa r\u00e9sidence.<\/p>\n<h2>La personnalit\u00e9 : le tribun flamboyant contre l\u2019organisateur du parti<\/h2>\n<p>De leur formation \u00e0 leur parcours, beaucoup oppose Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Leur style aussi. Leader syndicaliste, homme de combat politique, Laurent Gbagbo aime mobiliser les foules, utiliser son charisme. Il sait utiliser les ressors nationalistes, panafricanistes, anticolonialistes, et religieux. Son \u00e9pouse, Simone, est une chr\u00e9tienne \u00e9vang\u00e9lique, elle le persuade de son \u00ab\u00a0<em>destin\u00a0<\/em>\u00bb de leader, avec une port\u00e9e quasiment messianique. La fid\u00e9lit\u00e9 de son premier cercle, qui depuis dix ans vit en marge du syst\u00e8me politique ivoirien sous l\u2019appellation \u00ab GOR \u00bb, Gbagbo ou rien, en atteste. Ses partisans le comparent sans cesse \u00e0 Mandela, ic\u00f4ne ultime du combat pour la d\u00e9mocratie en Afrique.<\/p>\n<p>Si Alassane Ouattara, lui, jouit d\u2019une popularit\u00e9 sans partage aupr\u00e8s de ses militants, il le doit \u00e0 la construction patiente de son parti. RDR dans les ann\u00e9es 1990, RHDP depuis 2015, sa formation maille le territoire ivoirien. D\u2019abord le Nord, o\u00f9 il est incontournable, mais aussi le centre et le Sud o\u00f9 il dispute l\u2019h\u00e9ritage houphou\u00ebtiste au PDCI d\u2019Henri Konan B\u00e9di\u00e9. C\u2019est d\u2019ailleurs du p\u00e8re de l\u2019ind\u00e9pendance que se revendique Alassane Ouattara sans fard, pour souligner une hauteur de vue, un sens du devoir au service du pays, r\u00e9el ou suppos\u00e9. Il met en avant ses projets de d\u00e9veloppement, d\u2019infrastructures, ses r\u00e9sultats macro-\u00e9conomiques, et de fait, depuis dix ans, le b\u00e9ton ne cesse de couler \u00e0 Abidjan, les investisseurs et les partenaires \u00e9trangers lui font confiance, le pays emprunte \u00e0 des taux historiquement bas, et retrouve son r\u00f4le de porte d\u2019entr\u00e9e incontournable dans la sous-r\u00e9gion. Ses contempteurs rappellent que la croissance et le d\u00e9veloppement ne sont pas obligatoirement des synonymes.<\/p>\n<div id=\"tms-block-7199520432828916\" class=\"o-self-promo o-self-promo--app\">\n<div class=\"o-self-promo-wrapper\">\n<p class=\"o-self-promo__text\">Suivez toute l&rsquo;actualit\u00e9 internationale en t\u00e9l\u00e9chargeant l&rsquo;application RFI<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>\u00ab<em>\u00a0\u00c0 l\u2019exercice\u00a0du pouvoir, on a pu constater que ces deux personnes au style politique apparemment oppos\u00e9 ont reproduit une culture politique similaire sous bien des aspects<\/em>\u00a0\u00bb, observe le sociologue ivoirien Fahiraman Rodrigue Kon\u00e9,\u00a0de l\u2019Institut d&rsquo;\u00e9tudes de s\u00e9curit\u00e9. \u00ab<em>\u00a0Ils ont tous deux mis en place des machines politiques client\u00e9listes construites sur l\u2019instrumentalisation des figures religieuses, sociales et communautaires. Cette culture politique est \u00e0 la source de la fragilisation de l\u2019unit\u00e9 nationale. Sur les aspects \u00e9conomiques, les diff\u00e9rences n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 vraiment grandes. Laurent Gbagbo se r\u00e9clamant d\u2019une ob\u00e9dience socialiste\u00a0a eu pour ministres de l\u2019\u00c9conomie et des Finances des personnalit\u00e9s qui ont plut\u00f4t d\u00e9velopp\u00e9 des politiques publiques lib\u00e9rales. De m\u00eame la ligne lib\u00e9rale du gouvernement d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019est pas toujours lisible. La corruption, l\u2019enrichissement des politiques et l\u2019impunit\u00e9 ont toujours \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9s sous la gouvernance des deux.\u00a0<\/em>\u00bb<\/p>\n<h2>Les \u00e9pouses : la militante contre l\u2019entreprenante<\/h2>\n<p>L\u00e0 aussi, les militants du FPI manquent rarement l\u2019occasion de faire le parall\u00e8le, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, avec Nelson Mandela. En effet, en Afrique du Sud, on \u00e9voque rarement \u00ab Madiba \u00bb sans penser \u00e0 Winnie, h\u00e9ro\u00efne de la lutte anti-apartheid, figure de proue de l\u2019ANC pendant les trois d\u00e9cennies de prison de son mari. Le \u00ab woody de Mama \u00bb, lui, a pu s\u2019appuyer durant toute sa carri\u00e8re sur Simone Ehivet, \u00e9pouse Gbagbo \u00e0 partir de 1989. D\u00e8s les ann\u00e9es 1970 sur les campus, l\u2019un ne va jamais au front sans l\u2019autre. Dans les ann\u00e9es 1980, durant l\u2019exil de Laurent, Simone travaille \u00e0 la structuration du FPI, tout en \u00e9levant leurs deux enfants. Une fois au pouvoir, cette dipl\u00f4m\u00e9e en lettres et en histoire est d\u00e9put\u00e9e, cadre incontournable du parti, on lui pr\u00eate une grande influence, elle est consid\u00e9r\u00e9e comme la leader des \u00ab durs \u00bb du r\u00e9gime et soup\u00e7onn\u00e9e de pousser son mari vers des d\u00e9cisions radicales. Arr\u00eat\u00e9e en m\u00eame temps que son \u00e9poux en 2011, condamn\u00e9e en 2015 \u00e0 vingt ans de prison,\u00a0<a href=\"https:\/\/www.rfi.fr\/fr\/afrique\/20180808-cote-ivoire-simone-gbagbo-ete-remise-liberte\" target=\"_self\"><strong>elle b\u00e9n\u00e9ficie en 2018 de l\u2019amnistie pr\u00e9sidentielle<\/strong><\/a>.<\/p>\n<p>Depuis 2001, Simone Gbagbo a d\u00fb accepter la pr\u00e9sence d\u2019une autre femme aux c\u00f4t\u00e9s de son mari, l\u2019ancienne journaliste et discr\u00e8te Nady Bamba, exil\u00e9e depuis la crise post-\u00e9lectorale et qui partage son domicile bruxellois. Mais malgr\u00e9 les tensions n\u00e9es de cette situation, tournant parfois au vaudeville lorsque les deux dames devaient cohabiter \u00e0 Abidjan, elle demeure un appui politique de poids, et exhorte ses derni\u00e8res semaines \u00e0 un \u00ab\u00a0<em>retour m\u00e9morable\u00a0<\/em>\u00bb de Laurent Gbagbo : \u00ab\u00a0<em>M\u00e9morable, \u00e7a signifie que \u00e7a ne va pas dispara\u00eetre de la m\u00e9moire des gens tellement \u00e7a va \u00eatre magnifique, tellement \u00e7a va \u00eatre \u00e9mouvant, \u00e7a va susciter de la joie\u00a0<\/em>\u00bb, d\u00e9clarait-elle derni\u00e8rement.<\/p>\n<p>Chez Dominique Ouattara, la politique tient davantage de la cons\u00e9quence d\u2019une union que de la cause commune. Fran\u00e7aise n\u00e9e en Alg\u00e9rie, elle \u00e9tudie l\u2019\u00e9conomie avant de d\u00e9couvrir la C\u00f4te d\u2019Ivoire en 1975 au bras de son premier mari, Jean Folloroux, un enseignant qui d\u00e9c\u00e8dera dix ans plus tard. Elle reste n\u00e9anmoins au pays, o\u00f9 elle s\u2019est lanc\u00e9e dans l\u2019immobilier, via l\u2019entreprise AICI. Elle g\u00e8re les biens de la famille Houphou\u00ebt-Boigny. Son agence prosp\u00e8re aussi en France, \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1980, notamment dans les quartiers riches de l\u2019ouest parisien. Elle est d\u00e9j\u00e0 en couple avec Alassane Ouattara, qu\u2019elle \u00e9pouse en 1991, alors qu\u2019il est Premier ministre. Ses affaires prosp\u00e8rent, s\u2019\u00e9tendent en Afrique, aux \u00c9tats-Unis, mais le destin de son mari l\u2019oblige \u00e0 quitter le monde de l\u2019entreprise pour, en 2011, assumer le r\u00f4le de la premi\u00e8re dame. Tr\u00e8s pr\u00e9sente aux c\u00f4t\u00e9s de son \u00e9poux, elle se tient \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la politique active et met en avant son travail pour l\u2019enfance, via la fondation Children of Africa, fond\u00e9e en 1998, et la construction de centres p\u00e9diatriques ou d\u2019accueil dans le pays. Elle est aussi depuis 2014 ambassadrice sp\u00e9ciale de l\u2019ONUSIDA. Fantasme ou r\u00e9alit\u00e9, on lui pr\u00eate, comme \u00e0 Simone Gbagbo, une influence certaine sur son mari, sur le choix de ses collaborateurs, une \u00ab\u00a0<em>main de fer dans un gant de velours<\/em>\u00a0\u00bb. \u00ab B<em>eaucoup n\u2019osent pas prononcer son nom<\/em>\u00a0\u00bb, nous dit un analyste politique. Ses origines fran\u00e7aises et son parcours alimentent les critiques de ses adversaires qui d\u00e9noncent un couple Ouattara \u00ab\u00a0<em>\u00e0 la solde de l\u2019\u00e9tranger\u00a0<\/em>\u00bb, un couple de \u00ab\u00a0<em>mondialistes lib\u00e9raux\u00a0<\/em>\u00bb bien loin des pr\u00e9occupations quotidiennes de la population.<\/p>\n<p>Avec RFI<\/p>\n<\/div>\n<\/article>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9finitivement acquitt\u00e9 par la Cour p\u00e9nale internationale le 31 mars dernier, l\u2019ancien pr\u00e9sident ivoirien Laurent Gbagbo est rentr\u00e9\u00a0\u00e0 Abidjan\u00a0jeudi 17 juin, apr\u00e8s dix ans d\u2019absence. Il y a retrouv\u00e9\u00a0Alassane Ouattara, son adversaire de longue date, au parcours tr\u00e8s diff\u00e9rent du sien. Portrait crois\u00e9 de deux acteurs majeurs de la C\u00f4te d\u2019Ivoire post-Houphou\u00ebt-Boigny. De notre envoy\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":9329,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[4,5],"tags":[],"class_list":["post-9328","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actu","category-politique"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/liberationinfo.com\/wp-content\/uploads\/2021\/07\/FB_IMG_16274098402545177.jpg?fit=720%2C525&ssl=1","jetpack-related-posts":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9328","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9328"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9328\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9329"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9328"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9328"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9328"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}