{"id":15791,"date":"2022-05-16T07:43:46","date_gmt":"2022-05-16T07:43:46","guid":{"rendered":"https:\/\/liberationinfo.com\/?p=15791"},"modified":"2022-05-16T07:43:46","modified_gmt":"2022-05-16T07:43:46","slug":"comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/","title":{"rendered":"Comment la Guin\u00e9e a-t-elle \u00e9t\u00e9 peupl\u00e9e? (Par Pr Alpha Amadou Bano Barry)"},"content":{"rendered":"<div class=\"post-image single-image\"><\/div>\n<div class=\"entry-content clearfix\">\n<div class=\"entry-content-inner padding-left\">\n<div class=\"pf-content\">\n<blockquote class=\"wp-block-quote\"><p><em>\u00ab Le premier qui ayant enclos un terrain s\u2019avisa de dire : Ceci est \u00e0 moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de mis\u00e8res et d\u2019horreurs n\u2019e\u00fbt point \u00e9pargn\u00e9s au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le foss\u00e9, e\u00fbt cri\u00e9 \u00e0 ses semblables \u00ab\u00a0Gardez-vous d\u2019\u00e9couter cet imposteur ; vous \u00eates perdus si vous oubliez que les fruits sont \u00e0 tous et que la terre n\u2019est \u00e0 personne !\u00a0\u00bb \u00bb (Rousseau, Discours sur l\u2019origine de l\u2019in\u00e9galit\u00e9, 1755).<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn1\"><sup><strong>[1]<\/strong><\/sup><\/a><\/em><\/p><\/blockquote>\n<p><strong>INTRODUCTION<\/strong><\/p>\n<p>Comment la Guin\u00e9e a-t-elle \u00e9t\u00e9 peupl\u00e9e ? Qui en sont les premiers occupants et qui en sont les derniers ? Ceux qui habitent la Guin\u00e9e en 2022, d\u2019o\u00f9 viennent-ils ? Par o\u00f9 sont-ils pass\u00e9s ? Quel groupe ethnique a fait quoi, avec quel groupe, contre quel autre groupe et dans quelles circonstances ? Ces interrogations sont les pr\u00e9occupations de cet article.<\/p>\n<div class=\"code-block code-block-2\"><\/div>\n<p>Ces interrogations plongent leurs racines dans l\u2019histoire du mouvement migratoire et de la mise en place des populations guin\u00e9ennes ou tout simplement dans l\u2019histoire de la Guin\u00e9e. Puisqu\u2019il s\u2019agit de l\u2019histoire, il est possible que certains disent que nous ne sommes pas la bonne personne pour traiter de ce sujet. En effet, n\u2019\u00e9tant pas historien<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn2\"><sup>[2]<\/sup><\/a>de formation, certains pourraient s\u2019offusquer que nous parlions \u00e0 la place des sp\u00e9cialistes.<\/p>\n<p>Nous savons qu\u2019il existe en Guin\u00e9e des historiens de tr\u00e8s haut niveau ; ils sont \u00e0 la fois de l\u2019ancienne et de la nouvelle g\u00e9n\u00e9ration. Ces historiens, nous le croyons fermement, ont la qualification requise et le savoir suffisant pour faire cet article \u00e0 notre place.<\/p>\n<p>Cependant, tout sociologue est un peu un historien. En tous cas, tout sociologue est oblig\u00e9 de faire de l\u2019histoire, car les faits sociaux au centre de la recherche du sociologue ont un pass\u00e9. Et cette r\u00e9alit\u00e9 qu\u2019\u00e9tudie le sociologue est historique, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle est dat\u00e9e et circonscrite dans un espace g\u00e9ographique et temporel. C\u2019est autant dire que la sociologie et l\u2019histoire se compl\u00e8tent sans se confondre. Cette compl\u00e9mentarit\u00e9 ind\u00e9niable est suffisamment expliqu\u00e9e par G. SMETS (1929 : 89)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn3\"><sup>[3]<\/sup><\/a>\u00a0qui disait que :<\/p>\n<p><em>\u00ab La sociologie n\u2019atteint au r\u00e9el qu\u2019\u00e0 travers l\u2019histoire, mais l\u2019histoire n\u2019explique le r\u00e9el que gr\u00e2ce \u00e0 la sociologie \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Partant, on pourrait dire que le sociologue apporte \u00e0 l\u2019historien le cadre th\u00e9orique sans lequel son \u00e9tude n\u2019est que narration, technique que le journaliste ma\u00eetrise mieux que lui. D\u2019ailleurs, l\u2019un des plus grands historiens am\u00e9ricains, G. E. HOWARD<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn4\"><sup>[4]<\/sup><\/a>, affirmait, pour \u00e9tayer cette compl\u00e9mentarit\u00e9, que\u00a0<em>\u00ab l\u2019histoire est la sociologie du pass\u00e9 et la sociologie l\u2019histoire du pr\u00e9sent \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>En fait, nous \u00e9crivons pour faire \u00e9crire. Nous \u00e9crivons dans l\u2019espoir que notre ignorance, nos errements et nos \u00e9garements, que nous revendiquons et acceptons, vont amener les historiens \u00e0 sortir de leur silence assourdissant et \u00ab historique \u00bb pour faire face aux d\u00e9rives de la politique politicienne qui falsifie l\u2019histoire de la Guin\u00e9e et des Guin\u00e9ens de nos jours. Peut-\u00eatre qu\u2019en \u00e9crivant et en nous trompant, les historiens qui sont les mieux plac\u00e9s pour nous entendre et comprendre notre cri de c\u0153ur, vont rompre leur silence, leur mutisme et leur indiff\u00e9rence face \u00e0 leur devoir, leur mission et leurs responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans cet article, il y aura des trous et des inexactitudes. Les uns et les autres d\u00e9couvriront notre ignorance et la faiblesse de notre documentation sur certains groupes ethniques et sur certains aspects. Et comme disait Amadou Ham P\u00e2t\u00e9 BAH, dont nous sommes un disciple livresque :<\/p>\n<p><em>\u00ab Je ne cherche pas \u00e0 avoir raison, plut\u00f4t je cherche \u00e0 ce que nos raisons et nos diverses v\u00e9rit\u00e9s \u00e9difient la v\u00e9rit\u00e9 vraie \u00bb.\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Nous souhaitons que nos lecteurs ne gardent qu\u2019une seule chose de ce texte :\u00a0<strong>notre volont\u00e9 de privil\u00e9gier ce qui unit les Guin\u00e9ens dans leur pass\u00e9 et aussi dans le pr\u00e9sent<\/strong>, car comme le disait Professeur Djibril Tamsir NIANE (1963 : 21) :<\/p>\n<p><em>\u00ab Il faut prendre garde, parce que l\u2019histoire reste tr\u00e8s vivante encore et vous n\u2019\u00eates pas sans savoir que des querelles qui remontent parfois au 13<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0et au 12<sup>\u00e8me\u00a0<\/sup>si\u00e8cles peuvent resurgir avec une recrudescence inattendue \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Cet article est donc une fa\u00e7on de faire taire les\u00a0<strong>\u00ab scientifiques \u00bb de certaines radios<\/strong>\u00a0<strong>priv\u00e9es de Conakry<\/strong>, les\u00a0<strong>\u00ab insulteurs publics \u00bb<\/strong>\u00a0et les\u00a0<strong>\u00ab r\u00e9visionnistes historiques \u00bb<\/strong>\u00a0qui brisent, chaque fois qu\u2019ils ouvrent la bouche, ce qui reste de la Guin\u00e9e :\u00a0<strong>notre pays<\/strong>.<\/p>\n<p>Je cherche \u00e0 d\u00e9construire le discours qui\u00a0<strong>falsifie pour humilier<\/strong>, le discours qui\u00a0<strong>divise pour rabaisser,\u00a0<\/strong>le discours qui<strong>\u00a0incite \u00e0 la haine et \u00e0 la violence<\/strong>. Il y a longtemps que j\u2019ai appris, pour avoir dur\u00e9 sur les bancs de l\u2019\u00e9cole, que\u00a0<strong>l\u2019histoire d\u2019une nation, celle enseign\u00e9e et diffus\u00e9e, est une \u00ab reconstruction \u00bb intelligente pour apaiser les passions et flatter le \u00ab vouloir vivre ensemble \u00bb.<\/strong><\/p>\n<p>Face aux pyromanes de Guin\u00e9e qui veulent\u00a0<strong>manger, se v\u00eatir et se loger en mentant et en falsifiant<\/strong>\u00a0pour faire plaisir aux\u00a0<strong>\u00e9gos de leur mentor<\/strong>, j\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019il est temps que quelqu\u2019un assume en puisant et rendant public une petite partie des travaux des historiens de Guin\u00e9e (je ne nomme personne pour ne pas insulter ceux qui ne le seront pas) et les centaines de dipl\u00f4m\u00e9s qui ont r\u00e9alis\u00e9 des m\u00e9moires sur les mouvements migratoires et la mise en place des populations guin\u00e9ennes, malheureusement, rarement consult\u00e9s de nos jours. C\u2019est \u00e0 tous ces devanciers que je voudrais rendre hommage<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn5\"><sup>[5]<\/sup><\/a>\u00a0en pr\u00e9sentant, sans les d\u00e9naturer, leurs travaux non publi\u00e9s et souvent utilis\u00e9s par les vendeuses pour emballer du\u00a0<em>\u00ab takoula \u00bb<\/em>\u00a0et du\u00a0<em>\u00ab mal\u00e8 gato \u00bb<\/em>\u00a0dans la cour des \u00e9coles publiques et priv\u00e9es et \u00e0 leurs abords ou gard\u00e9s dans les caves moisies et obscures des biblioth\u00e8ques publiques du pays.<\/p>\n<p>A)\u00a0<strong>LE PEUPLEMENT DE LA GUINEE<\/strong><\/p>\n<p>Faire l\u2019historique du peuplement de la R\u00e9publique de Guin\u00e9e est un exercice \u00e0 la fois simple et complexe. Il est simple, car il est toujours possible de \u00ab r\u00e9p\u00e9ter \u00bb les nombreux \u00e9crits r\u00e9alis\u00e9s sur certaines des populations de ce pays avec le risque de reproduire des v\u00e9rit\u00e9s\u00a0<strong>connues<\/strong>, parfois\u00a0<strong>reconstruites<\/strong>, souvent\u00a0<strong>parcellaires<\/strong>\u00a0et forcement\u00a0<strong>tronqu\u00e9es<\/strong>.<\/p>\n<p>L\u2019exercice est complexe, car il existe peu de documentation sur le peuplement de toutes les populations guin\u00e9ennes et celle qui existe porte sur certains groupes, en particulier (<em>baga, soussou, Peul, kissi et malink\u00e9)<\/em>\u00a0et est souvent des partis pris ethnologiques. Il est encore tr\u00e8s difficile de faire de l\u2019histoire en Afrique car cet exercice, comme le disait Boubacar BARRY (1975 : 12)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn6\"><sup>[6]<\/sup><\/a>,\u00a0<em>\u00ab se heurte \u00e0 des s\u00e9rieuses difficult\u00e9s, car entre l\u00e9gende et histoire, la fronti\u00e8re est souvent ind\u00e9cise \u00bb.\u00a0<\/em><\/p>\n<p>C\u2019est avec ces pr\u00e9cautions et ces limites que nous aborderons la question du peuplement. C\u2019est dire, autant que possible, nous viserons \u00e0 \u00eatre exhaustif tout en \u00e9vitant les st\u00e9r\u00e9otypes et les clich\u00e9s faciles d\u2019\u00e9criture mais r\u00e9ducteurs de la r\u00e9alit\u00e9 historique et sociologique. Nous nous abstiendrons de pr\u00e9senter l\u2019organisation sociale, les m\u0153urs et les coutumes des diff\u00e9rentes populations qui constituent la mosa\u00efque humaine guin\u00e9enne. Cette question est suffisamment importante pour \u00eatre dilu\u00e9e \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pr\u00e9sent article.<\/p>\n<p>S\u2019il est difficile de dire avec une date pr\u00e9cise \u00e0 quelle \u00e9poque remonte l\u2019arriv\u00e9e des premi\u00e8res vagues de populations dans les diff\u00e9rentes r\u00e9gions du territoire qui est aujourd\u2019hui d\u00e9sign\u00e9 par le nom de R\u00e9publique de Guin\u00e9e, la plupart des documents disponibles et utilis\u00e9s par les historiens qui s\u2019int\u00e9ressent \u00e0 la question des mouvements migratoires des populations situent le d\u00e9but de l\u2019occupation de ce territoire<\/p>\n<p>autour du moyen \u00e2ge africain (approximativement entre le V<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0et le XVI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cles). En fait, cette p\u00e9riode, comme toutes ces p\u00e9riodes \u00e9loign\u00e9es et mal document\u00e9es, est arbitraire et correspondrait davantage \u00e0 la p\u00e9riode \u00e0 partir de laquelle il existerait des documents plus ou moins fiables et utilisables (souvent de sources arabes) dans le cadre des canaux scientifiques.<\/p>\n<p>On sait, cependant, que le dess\u00e8chement du Sahara et la chute de l\u2019empire du Ghana (1076) ont eu pour cons\u00e9quence une tr\u00e8s grande mobilit\u00e9 des populations africaines de l\u2019Ouest. Cette mobilit\u00e9 s\u2019est poursuivie, et s\u2019est prolong\u00e9e avec la naissance et la disparition de tous les empires et Etats de la r\u00e9gion (Mali au XIII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, Songha\u00ef au XV<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, S\u00e9gou au XVII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, Foutah Djalon au XVIII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, Macina au XIX<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, etc.) qui se sont succ\u00e9d\u00e9 sur ce vaste espace qui va du d\u00e9sert \u00e0 la lisi\u00e8re de la for\u00eat en passant par la savane et les zones montagneuses du Foutah Djalon.<\/p>\n<p>On sait aussi depuis les travaux de l\u2019historien Djibril Tamsir NIANE<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn7\"><sup>[7]<\/sup><\/a>, qui s\u2019est appuy\u00e9 sur ceux de Maurice DELAFOSSE (1912)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn8\"><sup>[8]<\/sup><\/a>, que :<\/p>\n<p><em>\u00ab Les noirs ne sont pas autochtones, en cela toutes les traditions locales sont unanimes et on conna\u00eet la tendance g\u00e9n\u00e9rale en Afrique Occidentale \u00e0 faire venir les anc\u00eatres de l\u2019Est. \u00bb (1960 : 43).<\/em><\/p>\n<p>Ce point de vue est aussi celui de la quasi-totalit\u00e9 des sp\u00e9cialistes de la question qui s\u2019accordent \u00e0 reconnaitre que, pour l\u2019essentiel, les populations de la Guin\u00e9e sont originaires du Sahel et que ces populations sont arriv\u00e9es sur le territoire guin\u00e9en par vagues successives au cours des si\u00e8cles. La premi\u00e8re cons\u00e9quence de cette conclusion est simple :\u00a0<strong>nous sommes tous des \u00ab \u00e9trangers \u00bb \u00e0 part \u00e9gale dans les pays dans lesquels nous vivons pr\u00e9sentement<\/strong>,\u00a0<strong>les premiers comme les derniers arriv\u00e9s<\/strong>.<\/p>\n<p>Cela dit et pour faciliter la lecture lourde et fastidieuse du pr\u00e9sent article, nous allons, pour en a\u00e9rer la lecture, le d\u00e9couper en de petits morceaux avec des titres que nous esp\u00e9rons significatifs.<\/p>\n<p>I.\u00a0<em>LES COTIERS DE LA GUINEE (MANDENYI, SOUSSOU, BAGA, NALOU, LANDOUMA, MIKHIFORE)<\/em><\/p>\n<h1>1. LES MANDENYI<\/h1>\n<p>Les Mandenyi seraient les premiers occupants de la zone c\u00f4ti\u00e8re de la Guin\u00e9e. Cette affirmation est celle de Zainoul A. SANOUSSI (1969 : 25)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn9\"><sup>[9]<\/sup><\/a>\u00a0qui d\u00e9fend dans son M\u00e9moire de Fin d\u2019Etudes Sup\u00e9rieures que :\u00a0<em>\u00ab les traditions et les documents s\u2019accordent pour dire que les 1<sup>ers\u00a0<\/sup>occupants de la zone comprise entre Dubr\u00e9ka, Conakry, Coyah et For\u00e9cariah seraient les Mandenyi \u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>Les rares historiens qui se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 la migration des Mandenyi s\u2019accordent sur deux choses. La premi\u00e8re est de consid\u00e9rer qu\u2019ils auraient occup\u00e9, selon CONTE, reprenant Andr\u00e9 ARCIN (1911 : 186)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn10\"><sup>[10]<\/sup><\/a>,\u00a0<em>\u00ab tout le versant Sud-Ouest du Foutah d\u2019o\u00f9 ils furent en partie expuls\u00e9s \u00e0 la suite du refoulement g\u00e9n\u00e9ral des Baga du Nord vers la mer \u00bb<\/em>. La seconde est de consid\u00e9rer que du Foutah Djalon, les Mandenyi seraient descendus dans la r\u00e9gion foresti\u00e8re (entre Faranah et Macenta) avant de migrer vers la c\u00f4te en traversant le territoire actuel de la Sierra Leone.<\/p>\n<p>C\u2019est probablement pour cette raison que Demba CONTE (1979 : 21)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn11\"><sup>[11]<\/sup><\/a>\u00a0a affirm\u00e9 dans son M\u00e9moire que :\u00a0<em>\u00ab For\u00e9cariah a \u00e9t\u00e9 habit\u00e9 par une population de souche Mandeyi dont le pays d\u2019origine serait aux confins de Macenta et de Gu\u00e9ck\u00e9dou \u00bb<\/em>. Ce sont les m\u00eames propos que l\u2019on retrouve dans les \u00e9crits d\u2019Andr\u00e9 ARCIN (1909 : 14)\u00a0<em>\u00ab les Mandeyi, tout comme les Baga, sont venus du Solina actuel \u00bb<\/em>. Dans tous les cas, en 2022, il y a plus de Mandenyi en Sierra Leone qu\u2019en Guin\u00e9e. Ce qui atteste, on ne peut plus mieux, leur p\u00e9r\u00e9grination dans la r\u00e9gion Ouest africaine.<\/p>\n<h1>2. LES SOUSSOU<\/h1>\n<p>Ce que l\u2019on d\u00e9signe en fran\u00e7ais par le mot\u00a0<em>Soussou<\/em>\u00a0se d\u00e9signent eux-m\u00eames Soso\u00e9 ou Sos\u00e9. Pour faire simple, on dira dans ce texte les \u00ab Soussou \u00bb pour les d\u00e9signer. Mahawa BANGOURA (1972)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn12\"><sup>[12]<\/sup><\/a>\u00a0relate qu\u2019ils seraient venus du Mali apr\u00e8s la victoire de Soundiata KEITA sur Soumangourou KANTE \u00e0 la suite de la d\u00e9faite de ce dernier \u00e0 la bataille de Kirina en 1235. Pour BANGOURA (1972), du Mali, les Soussou auraient emprunt\u00e9 quatre voies :<\/p>\n<ol>\n<li>Le 1<sup>er<\/sup>\u00a0groupe aurait pass\u00e9 par\u00a0<em>Sibi Menien<\/em>\u00a0pour trouver asile dans l\u2019actuelle Haute Guin\u00e9e et au Foutah Djalon avant de rejoindre le littoral guin\u00e9en. Il semble que ceux qui ont s\u00e9journ\u00e9 au Foutah Djalon se seraient scind\u00e9s en deux groupes : le premier aurait long\u00e9 le bassin du Konkour\u00e9 pour occuper le\u00a0<em>Kabitaye<\/em>, le\u00a0<em>Labaya\u00a0<\/em>et le\u00a0<em>Bramaya<\/em>\u00a0et le second aurait long\u00e9 le cours des scories, se serait empar\u00e9 du\u00a0<em>Benna\u00a0<\/em>et de\u00a0<em>Tamisso<\/em>\u00a0avec les Mandeyi avant de s\u2019installer dans le\u00a0<em>Kemalaye<\/em>, le\u00a0<em>Kissi-Kissi<\/em>, le\u00a0<em>Soumbouya<\/em>\u00a0et le\u00a0<em>Moricanie<\/em>\u00a0;<\/li>\n<li>Le 2<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0groupe serait parti vers le S\u00e9n\u00e9gal et aurait \u00e9t\u00e9 assimil\u00e9 par les Wolofs ;<\/li>\n<li>Le 3<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0groupe aurait travers\u00e9 le S\u00e9n\u00e9gal avant de contourner le Foutah Djalon pour rejoindre la c\u00f4te guin\u00e9enne ;<\/li>\n<li>Le 4<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0groupe aurait long\u00e9 le fleuve Niger pour aller en Guin\u00e9e Foresti\u00e8re tout en conservant les noms de famille comme KANDE, BAMBA et SOUMAORO (BANGOURA, 1972 : 14).<\/li>\n<\/ol>\n<p>Sur ces quatre trajectoires migratoires, l\u2019unique que l\u2019on retrouve dans les \u00e9crits de Jean SURETCANALE<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn13\"><sup>[13]<\/sup><\/a>, qui sont ant\u00e9rieurs \u00e0 ceux de Mahawa BANGOURA, est la troisi\u00e8me route migratoire. En effet, Jean SURET-CANALE (1970) s\u2019appuyant sur la tradition orale du Rio Pongo affirme qu\u2019<em>\u00ab il est probable que les soussous soient venus des vall\u00e9es moyennes du Bafing et de la Gambie vers le littoral, en contournant la r\u00e9gion du Foutah par la vall\u00e9e du Cogon, \u00e0 une \u00e9poque tr\u00e8s ancienne \u00bb<\/em>\u00a0(1970 : 47).\u00a0 Pour Cheick Sidy Mohamed DIALLO (1975)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn14\"><sup>[14]<\/sup><\/a>, les Dialonk\u00e9 et les Soussou auraient migr\u00e9 du Ghana vers 1250. Pour \u00eatre si affirmatif, il s\u2019appuie non seulement sur ses propres recherches sur le terrain mais aussi sur les travaux ant\u00e9rieurs de Maurice GAUTHIER (1908 : 12)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn15\"><sup>[15]<\/sup><\/a>\u00a0qui soutenait que :\u00a0<em>\u00ab C\u2019est probablement mal accueilli par les Banbaras qui peuplaient le Soudan m\u00e9ridional que les Dialonk\u00e9 durent continuer leur marche vers le Sud jusqu\u2019au Foutah actuel o\u00f9 ils s\u2019\u00e9tablirent \u00bb<\/em><\/p>\n<p>Ces versions ne sont pas totalement diff\u00e9rentes de celles Charles Emmanuel SORRY (1974)16. Sans les faire venir de loin comme les autres, il reconnait toutefois leur mouvement d\u2019Est-Ouest. Pour lui, les Soussou seraient des chasseurs d\u2019\u00e9l\u00e9phants originaires de Funyi et de Sangalan aux abords de la Fal\u00e9m\u00e9. A la qu\u00eate d\u2019\u00e9l\u00e9phants, ils se dirig\u00e8rent d\u2019Est vers l\u2019Ouest. Dans cette marche, ils auraient utilis\u00e9 le trajet relat\u00e9 par SURET-CANALE (1970), c\u2019est-\u00e0-dire en passant par le Cogon avant d\u2019\u00eatre repouss\u00e9s par les Badiarank\u00e9 vers le Sud-ouest. C\u2019est ce groupe qui se serait agrandi en absorbant et en assimilant certains membres des autres groupes qui seraient arriv\u00e9s plus tard comme les Baga et les Landouma. Enfin, l\u2019on notera que de nos jours, la plupart de ceux qui l\u2019on d\u00e9signe par le nom de Soussou occupent surtout le Sud de la r\u00e9gion maritime : Conakry, Kindia, Coyah, For\u00e9cariah et Dubr\u00e9ka, alors que le Nord est majoritairement peupl\u00e9 par les autres ethnies du littoral tels les Baga, les Nalou, les Landouma, etc.\u00a0 Apr\u00e8s avoir fait ce bref rappel historique sur les Soussou de Guin\u00e9e dans leur trajectoire migratoire, il reste plusieurs questions sans r\u00e9ponses. La premi\u00e8re question est de savoir si les Dialonk\u00e9 et les Soussou sont un et m\u00eame peuple ? La seconde question est de savoir si l\u2019empire Soso a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 par les Soussou, les Dialonk\u00e9 ou un autre groupe humain ? Cette derni\u00e8re question pose indirectement celle de l\u2019appartenance ethnique de Soumangourou KANTE, le roi du Soso au groupe ethnique Soussou actuel.<\/p>\n<p>Sur la premi\u00e8re question, Cheick Sidy Mohamed DIALLO (1975) ne r\u00e9pond pas directement, mais se contente d\u2019affirmer que si les deux groupes (Sousou et Dialonk\u00e9) ne sont issus du m\u00eame peuple, les seconds sont rattachables \u00e0 l\u2019embranchement du premier nomm\u00e9 \u00e0 cause de l\u2019identit\u00e9 quasi-totale de leurs deux langues. Pour l\u2019affirmer, il s\u2019appuie sur la tradition orale qu\u2019il rapporte.<\/p>\n<p>Il est vrai qu\u2019en \u00e9coutant un Dialonk\u00e9 et un Soussou parler leur langue, on d\u00e9c\u00e8le des mots identiques avec quelques diff\u00e9rences ou nuances linguistiques. Ces nuances linguistiques ne permettent ni d\u2019infirmer ni de confirmer qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un m\u00eame et unique groupe ethnique. On peut supposer que ces diff\u00e9rences pourraient s\u2019expliquer par des migrations diff\u00e9renci\u00e9es dans le temps et l\u2019espace et par la longue cohabitation avec les Malink\u00e9 dans le Manding et les Peul au Foutah Djalon. Ces diff\u00e9rentes cohabitations auraient eu pour effets des emprunts r\u00e9ciproques.<\/p>\n<p>On pourrait affirmer, \u00e0 la suite de Jean SURET-CANALE, la \u00ab parent\u00e9 linguistique \u00bb entre les deux groupes (Soussou et Dialonk\u00e9), cependant nous ne soutiendrons pas, vaille que vaille, que les deux groupes constituent un m\u00eame peuple. Des recherches ponctuelles, intenses et suivies sont n\u00e9cessaires pour trancher la question sur ce lien parental entre Dialonk\u00e9 et Soussou.<\/p>\n<p>Sur la seconde question, la r\u00e9ponse de Maurice DELAFOSSE (1912)est cat\u00e9gorique. Ce chercheur, affirme, \u00e0 la suite de IBN KHALDOUM, que les :<\/p>\n<p><em>\u00ab Soss\u00e9 [\u00a0\u00a0 ] ont \u00e9t\u00e9 longtemps confondu \u00e0 celui des Soussou, alors que, \u00e0 mon avis, ces derniers n\u2019ont jamais particip\u00e9 \u00e0 sa formation ni \u00e0 sa gloire : c\u2019est tout au moins ce qui r\u00e9sulte d\u2019un examen consciencieux des traditions locales, comme de la lecture attentive de quelques documents \u00e9crits \u00bb (1912 : 162).<\/em><\/p>\n<p>Pour Maurice DELAFOSSE (1912), la constitution du Soso en un empire est le prolongement de l\u2019affaiblissement de l\u2019empire du Ghana par les Almoravides. Sur les lambeaux de l\u2019empire du Ghana et apr\u00e8s que la domination berb\u00e8re eut pris fin en 1090, un Etat vassal du nom du Royaume de\u00a0<strong>KANIAGA<\/strong>\u00a0put, \u00e0 son tour, devenir un empire avec comme capitale Soso et comme premier dirigeant des princes Sonink\u00e9 de la dynastie des\u00a0<strong>DIARISO\u00a0<\/strong>qui venaient de l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019empire du Ghana.<\/p>\n<p>Il semblerait que c\u2019est sous le r\u00e8gne de\u00a0<em>Banna-Boubou<\/em>\u00a0(1100-1120) que des Peul qui appartenaient au clan des\u00a0<em>So ou F\u00e9robh\u00e8\u00a0<\/em>se seraient m\u00e9tiss\u00e9s avec les dirigeants Sonink\u00e9 du Royaume de\u00a0<strong>KANIAGA<\/strong><em>\u00a0:<\/em><\/p>\n<p><em>\u00ab C\u2019est ce qui fit donner aux descendants de ces unions le nom de Soss\u00e9 (descendance des SO) ; plus tard, l\u2019emploi de cette appellation s\u2019\u00e9tant g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, elle fut appliqu\u00e9e \u00e0 tous les habitants de KANIAGA ou tout au moins \u00e0 toute la classe dirigeante. C\u2019est \u00e9galement cette circonstance qui fit donner le nom de Soso (village des SO) \u00e0 la capitale de l\u2019Etat \u00bb (Maurice DELAFOSSE (1912 : 164).<\/em><\/p>\n<p>Sur la seconde interrogation toujours, il y a peu de chance que Soumangourou KANTE soit Soussou ou Dialonk\u00e9. Il est fort probable qu\u2019il soit un Malink\u00e9. On sait, \u00e0 travers l\u2019histoire relat\u00e9e par Maurice DELAFOSSE (1912), que Soumangourou KANTE est le fils d\u2019un usurpateur de pouvoir du nom de Diaara KANTE.<\/p>\n<p>Maurice DELAFOSSE (1912) affirme qu\u2019\u00e0 la mort de Birama DIARISO (le dernier prince de la dynastie des DIARISO), la lutte pour la succession va opposer les neufs fils issus de deux \u00e9pouses du d\u00e9funt roi. C\u2019est cette bataille fratricide qui va conduire les enfants de la seconde \u00e9pouse \u00e0 faire appel au plus grand soldat du Royaume du nom de Diaara KANTE. Ce dernier va aider \u00e0 vaincre les enfants de la premi\u00e8re \u00e9pouse, mais finira par prendre le pouvoir aux mains des enfants de la seconde \u00e9pouse qui eux-m\u00eames ne s\u2019entendirent pas apr\u00e8s leur victoire. Soumangourou KANTE (1200 environ \u00e0 1235) est donc l\u2019h\u00e9ritier de Diaara KANTE et se serait sous son r\u00e8gne que l\u2019empire Soso atteindra son apog\u00e9e et son d\u00e9clin.<\/p>\n<p>Au vu de ses \u00e9l\u00e9ments et de ce que nous savons de Soumangourou KANTE et du patronyme KANTE hier et aujourd\u2019hui, il est difficile de soutenir que celui-ci ne serait pas Malink\u00e9. En effet, comment expliquer qu\u2019on ne trouve nulle part, en dehors du Manding, assez de familles KANTE \u00e0 l\u2019\u00e9chelle communautaire ? Pourquoi les KANTE, eux, sont-ils rest\u00e9s si massivement dans le Manding apr\u00e8s la d\u00e9faite militaire de leur roi et la d\u00e9cision de les rel\u00e9guer au simple statut d\u2019homme de caste au service de la nouvelle dynastie du vainqueur de Kirina ? Peut-on alors supposer que la plupart des KANTE qui seraient rest\u00e9s dans le Manding auraient chang\u00e9 de nom pour se confondre et \u00e9viter des repr\u00e9sailles ? Peut-on, enfin, croire que ceux qui ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 partir ont gard\u00e9 leur nom de famille par souvenir et\/ou par fiert\u00e9 ? Ce sont l\u00e0 des questions d\u2019importance capitale qui, pour leurs r\u00e9ponses, demandent de la volont\u00e9, de courage et des moyens appropri\u00e9s pour mener des recherches pluridisciplinaires, suivies et intenses \u00e0 plusieurs niveaux dans la sous-r\u00e9gion.<\/p>\n<p>D\u2019ici l\u00e0, on peut se permettre certaines hypoth\u00e8ses qui ouvrent de nouvelles pistes de recherches. On peut, par exemple, l\u00e9gitimement se douter du fait que les descendants de Soumangourou KANTE ne soient pas encore dans les limites de l\u2019ancien empire de son fondateur. Aussi, si les KANTE sont rest\u00e9s dans le Manding, et on sait qu\u2019ils l\u2019ont \u00e9t\u00e9 pour la majorit\u00e9 d\u2019entre eux, c\u2019est probablement parce que le pouvoir n\u2019appartenait pas \u00e0 tous les KANTE. Si cette hypoth\u00e8se est la bonne, on pourrait dire que ceux qui ont \u00e9migr\u00e9 apr\u00e8s Kirina l\u2019ont fait pour quitter une zone de trouble o\u00f9 la s\u00e9curit\u00e9 n\u2019\u00e9tait pas encore r\u00e9tablie et non parce qu\u2019ils ont perdu un pouvoir qui n\u2019\u00e9tait pas collectif, mais bien individuel.<\/p>\n<p>En plus, les armes (couteaux, fl\u00e8ches, coupe-coupe, sabre, etc.) sont le fait des forgerons et donnent un avantage certain \u00e0 ceux qui les ont, \u00e0 ceux qui les fabriquent, mais surtout \u00e0 ceux qui savent les utiliser \u00e0 des fins politiques. En tous cas, l\u2019histoire du Soundiata KEITA, tout comme celle du Foutah Djalon, montre tr\u00e8s clairement que les armes utilis\u00e9es lors de la bataille de de Kirina ou de Talansan n\u2019ont \u00e9t\u00e9 confectionn\u00e9es ni par les KEITA, ni par les Peul musulmans. Les uns et les autres en ont fait des moyens de conqu\u00eate et de conservation du pouvoir politique \u00e0 leurs propres fins, souvent au d\u00e9triment d\u2019autres dont certains avaient le secret du fer.<\/p>\n<p>Enfin, l\u2019on a toujours pens\u00e9, depuis l\u2019empire du Mali, que les KANTE sont des forgerons<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn16\"><sup>[16]<\/sup><\/a>, il se pourrait que tous les KANTE d\u2019avant Kirina ne soient pas tous des forgerons de fabrication et d\u2019usage. Soumangourou, tout comme d\u2019autres chefs apr\u00e8s lui, aurait eu juste le g\u00e9nie et la force de commander sa fabrication, de contr\u00f4ler sa circulation et d\u2019administrer son usage dans son empire. Car, la maitrise du fer, disons des armes, a toujours jou\u00e9 un r\u00f4le essentiel dans l\u2019acc\u00e8s et l\u2019exercice du pouvoir.<\/p>\n<p>II.\u00a0<em>LES AUTRES COTIERS<\/em><\/p>\n<p>Il semble qu\u2019avant d\u2019arriver sur le long du littoral, les Baga, les Landouma et les Nalou ont aussi transit\u00e9 par la r\u00e9gion du Foutah Djalon. Arriv\u00e9s en ces lieux depuis le haut Moyen Age et devenus s\u00e9dentaires, ils s\u2019occupaient essentiellement de l\u2019agriculture et d\u2019\u00e9levage. Ils seraient refoul\u00e9s vers les c\u00f4tes atlantiques par les Dialonk\u00e9 qui occupaient alors les plateaux du Nord et du Centre du Foutah d\u2019o\u00f9 certains parmi eux seraient, plus tard au XVIII<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, refoul\u00e9s \u00e0 leur tour par les Peul musulmans<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn17\"><sup>[17]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<h1>3. LES BAGA<\/h1>\n<p>Reprenant F. K. Voeltz, MOUSER (1999)<sup>19<\/sup>\u00a0\u00e9crit que le mot \u00ab Baga \u00bb d\u00e9rive du\u00a0<em>susuxuy<\/em>\u00a0<strong>bae<\/strong>, \u00ab la mer \u00bb, et\u00a0<strong>raka<\/strong>, \u00ab de l\u00e0 \u00bb, d\u2019o\u00f9\u00a0<em>baeraka<\/em>, \u00ab ceux de la mer \u00bb, terme utilis\u00e9 pour d\u00e9signer ceux qui vivent le long de la c\u00f4te. Une conclusion allant dans le sens de ce que WILSON (1961 : 1) indiquait il y a quarante ans, lorsqu\u2019il remarquait que \u00ab Baga \u00bb est plut\u00f4t prononc\u00e9 Baka par les int\u00e9ress\u00e9s et les\u00a0<em>Temne<\/em>.<\/p>\n<p>Dans le cours d\u00e9velopp\u00e9 par Za\u00efnoul A. SANOUSSI et ses autres coll\u00e8gues du D\u00e9partement d\u2019HistoireSociologie, d\u2019Histoire-Philosophie et autres binaires de l\u2019\u00e9poque de l\u2019Institut Polytechnique \u00ab Gamal Abdel Nasser \u00bb de Guin\u00e9e, intitul\u00e9e\u00a0<em>\u00ab la mise en place des populations guin\u00e9ennes \u00bb<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn18\"><sup><strong>[18]<\/strong><\/sup><\/a><\/em>, il est affirm\u00e9 que les Baga seraient l\u2019une des toutes premi\u00e8res migrations du Tekrur vers la c\u00f4te. En tous cas, les explorateurs portugais notent la pr\u00e9sence des Baga d\u00e8s le XVI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle le long des c\u00f4tes atlantiques de<\/p>\n<p>la Guin\u00e9e. Ils auraient emprunt\u00e9 plusieurs chemins et \u00e0 des p\u00e9riodes \u00e9tal\u00e9es sur plusieurs si\u00e8cles. Ce qui aurait conduit \u00e0 l\u2019existence de plusieurs groupes sociolinguistiques Baga.<\/p>\n<p>MOUSER (1999) nous apprend qu\u2019en 1885, le r\u00e9v\u00e9rend P.H. DOUGHLIN divise les Baga en\u00a0<em>Baga Koba<\/em>,\u00a0<em>Baga Kakisa<\/em>,\u00a0<em>Baga Nus<\/em>\u00a0ou\u00a0<em>Baga Noirs<\/em>,\u00a0<em>Mikhii-Fori<\/em>\u00a0et\u00a0<em>Baga Kalum<\/em>. Quant \u00e0 Denise PAULME (1956)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn19\"><sup>[19]<\/sup><\/a>, elle distingue de son c\u00f4t\u00e9 les embranchements suivants de Baga :<\/p>\n<ol>\n<li>Mandori autour de l\u2019embouchure du Rio Componi (ils cohabitent avec les Nalous). Ils viendraient de la zone comprise entre T\u00e9lim\u00e9l\u00e9 et Kindia ;<\/li>\n<li>Sit\u00e9mus \u00e0 l\u2019embouchure du Rio Nunez demeurant surtout dans la r\u00e9gion du Nunez (village de Katoko, Katongoro, Kawtel) (ils auraient migr\u00e9 de la r\u00e9gion de Lab\u00e9 vers la zone de Kamsar) ;<\/li>\n<li>Koba au Sud du Pongo ;<\/li>\n<li>Kakissa (ou Soban\u00e9) sur les c\u00f4tes entre le Cap Verga et le Rio Pongo ;<\/li>\n<li>Pukur ou Binani Baga (ils seraient l\u2019un des plus anciens groupes et auraient migr\u00e9 de l\u2019actuelle Pr\u00e9fecture de Gaoual sous aucune pression particuli\u00e8re). Dans le Binani (Pr\u00e9fecture de Gaoual, il est encore possible de retrouver certains lieux de passage des Baga avec des zones de f\u00e9tiches qui restent encore des endroits gard\u00e9s intacts par les populations Peul de la zone) et enfin apr\u00e8s le Konkour\u00e9 ;<\/li>\n<li>Les Baga de Kalum auxquels s\u2019ajoutent les Baga For\u00e9 et le groupe Bulu\u00f1its entre le Nunez et le Cap Verda (ils auraient migr\u00e9 de Timbo et seraient l\u2019un des derniers groupes \u00e0 migrer vers la c\u00f4te).<\/li>\n<\/ol>\n<p>Nous avons donc, sous une m\u00eame appellation Baga, un groupe diversifi\u00e9 et sans doute assez mixte.<\/p>\n<p>4. LES LANDOUMA OU LES LAND-MEN ?<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es de la tradition sugg\u00e8rent que le nom de\u00a0<em>\u00ab landuma\u00a0<\/em>\u00bb leur aurait \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 par les premiers explorateurs anglais. Les Landouma seraient donc l\u2019expression anglaise de\u00a0<em>\u00ab land man \u00bb<\/em>\u00a0(homme du territoire, paysan).<\/p>\n<p>Pour Marie Paul FERRY et Lansana SANDE (2000)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn20\"><sup>[20]<\/sup><\/a>, \u00ab Landouman \u00bb a une \u00e9tymologie possible, ce serait le nom qui fut donn\u00e9 d\u00e8s le XVII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0par les Anglais, aux hommes qu\u2019ils voyaient le long de la c\u00f4te depuis leurs bateaux :\u00a0<em>land-man<\/em>\u00a0en anglais signifie simplement paysan. Reprenant Marie Yvon Curtis (1996), FERRY (2000) aurait fait remarquer que le mot appara\u00eet pour la premi\u00e8re fois chez le compilateur espagnol Sandoval (1623) sous la forme\u00a0<em>Landama<\/em>, et qu\u2019on le retrouve ensuite en 1664 chez Andr\u00e9 de Faro. Si l\u2019interpr\u00e9tation de Ferry est exacte, ces derniers auteurs auraient en ce cas employ\u00e9 le terme donn\u00e9 par les navigateurs anglais et c\u2019est celui qui aurait perdur\u00e9 dans le temps.<\/p>\n<p>Les Landouma auraient deux noms :\u00a0<em>landouma et tyapi<\/em>. Le nom de\u00a0<em>\u00ab tyapi \u00bb<\/em>\u00a0serait celui par lequel les autres populations voisines, notamment les Peul les nommeraient. Il semble se d\u00e9gager deux noms pour le m\u00eame peuple : les Landouma rest\u00e9s dans la r\u00e9gion de Koundara sont appel\u00e9s par le nom de tyapi alors que ceux qui vivent dans le Kakand\u00e9 (Pr\u00e9fecture de Bok\u00e9) gardent le nom de Landouma. Paul PELISSIER (1966 : 524)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn21\"><sup>[21]<\/sup><\/a>\u00a0dira que :<\/p>\n<p><em>\u00ab Une partie de ces Cocoli-Landouma ont d\u00fb quitter leur pays d\u2019origine situ\u00e9 au nord de Kad\u00e9, chass\u00e9s par les Foulas, et ils sont venus chercher une nouvelle patrie dans les for\u00eats d\u00e9sertes qui couvrent le pays situ\u00e9 entre le Rio Compony et le Rio Nunez \u00bb.\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Alors que ceux-ci devenaient des Landouman, ceux \u00e9tablis au pied de la falaise de Kumbia, \u00e9taient nomm\u00e9s \u00ab Tyapis \u00bb par les coloniaux fran\u00e7ais sous l\u2019influence de leurs interpr\u00e8tes Peul. La question qui reste sans r\u00e9ponse est de savoir quel est le nom de ce groupe humain avant le XVII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0?<\/p>\n<p>C\u2019est la trajectoire migratoire des Landouma qui est suffisamment document\u00e9e. Il semblerait que les Landouma seraient venus du Tekrur, comme les Bagas, et seraient arriv\u00e9s au Foutah Djalon \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode que les Puulis sous la direction de Koly Tenguela avec lesquels ils s\u2019affront\u00e8rent dans la zone comprise entre les Pr\u00e9fectures de T\u00e9lim\u00e9l\u00e9 et de Pita selon Aliou WANN et Bubakar BA (1974)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn22\"><sup>[22]<\/sup><\/a>. Du Foutah Djalon, les Landouma auraient migr\u00e9, selon ces deux auteurs, \u00e0 partir de K\u00f6k\u00f6li (l\u2019Ouest de Gaoual) vers la c\u00f4te sous la conduite de Manga DIBI. C\u2019est ce patriarche qui aurait donn\u00e9 \u00e0 la nouvelle r\u00e9gion d\u2019arriv\u00e9e des Landouma, le nom de Kakand\u00e9 qui signifierait\u00a0<em>\u00ab quand on a vu une fois ce pays on ne le quitte plus \u00bb<\/em>.<\/p>\n<h1>5. LES NALOU<\/h1>\n<p>Pour Zainoul A. SANOUSSI (1969), m\u00eame si l\u2019on ne conna\u00eet pas la date d\u2019arriv\u00e9e des Nalou le long des c\u00f4tes guin\u00e9ennes, il y aurait au moins une certitude : les portugais auraient signal\u00e9 leur pr\u00e9sence depuis le XV<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Les Nalou auraient s\u00e9journ\u00e9 au Foutah Djalon aux environs du XIII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle comme les Landouma et les Baga et auraient \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9s vers la c\u00f4te par les Dialonk\u00e9 aux environs du XIV<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. Du Foutah Djalon, il y aurait eu deux vagues de migration des Nalou.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re vague se serait dirig\u00e9e vers le Badiar (\u00e0 la lisi\u00e8re des fronti\u00e8res de la Guin\u00e9e, du S\u00e9n\u00e9gal et de la Guin\u00e9e-Bissau) \u00e0 la suite des affrontements avec les Dialonk\u00e9. De nos jours, aucune \u00e9tude ne permet de savoir ce que cette vague serait devenue. On peut penser que ce groupe aurait \u00e9t\u00e9 assimil\u00e9, mais il est impossible \u00e0 ce niveau de connaissance de dire lequel des groupes vivants dans cette zone l\u2019aurait fait. La seconde vague aurait quitt\u00e9 le Foutah Djalon, bien plus tard aux environs du XVIII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. Ce serait ce groupe qui serait arriv\u00e9 dans le Kakand\u00e9 (Pr\u00e9fecture de Bok\u00e9). Chez les Nalou comme chez les Baga, on noterait plusieurs sous-groupements. Ainsi, on parlerait, selon Rouguyatou DIALLO (1974)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn23\"><sup>[23]<\/sup><\/a>\u00a0de :<\/p>\n<ul>\n<li>Nalou Basinty\u00e9 (les Nalou de la terre ferme) ;<\/li>\n<li>Nalou Babinik\u00e9 (les Nalou des rizi\u00e8res) ;<\/li>\n<li>Nalou Kubu ;<\/li>\n<li>Nalou K\u00f6\u00f6\u00f6l, etc.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette diff\u00e9renciation \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du m\u00eame groupe, comme on a pu le constater ailleurs, est le r\u00e9sultat de la migration \u00e0 des p\u00e9riodes diff\u00e9rentes et \u00e0 des effets environnementaux et sociaux sur chaque vague de migration.<\/p>\n<p>III.\u00a0<em>LES POPULATIONS DU NORD DE LA GUINEE : LES TANDA ?<\/em><\/p>\n<p>Toutes les populations du Nord de la Guin\u00e9e sont-t-elles des \u00ab Tanda \u00bb ? Pour Naye DYENG et Mundekeno SAA (1972)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn24\"><sup>[24]<\/sup><\/a>\u00a0la r\u00e9ponse est affirmative. Pour ces deux auteurs, le terme \u00ab Tanda \u00bb est donc g\u00e9n\u00e9rique et sert \u00e0 d\u00e9signer un groupe de population qui regrouperait les K\u00f6nyagui, les Basari et les Badiarank\u00e9.<\/p>\n<p>Le mot serait aussi un mot peul et serait donc, selon TECHER, cit\u00e9 par Naye DYENG et Mundekeno SAA, la d\u00e9signation en pular des populations pr\u00e9sentant certains caract\u00e8res communs :\u00a0<em>des personnes qui se prom\u00e8nent le torse nu<\/em><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn25\"><sup>[25]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>Pour ces auteurs, il y aurait plusieurs cat\u00e9gories de Tanda. Le premier groupe serait les Bassari qu\u2019ils nomment aussi \u00ab Tanda Donka \u00bb ou porteurs de fourreaux (l\u2019\u00e9tui en bambou est appel\u00e9 d\u00f6nka). Le second groupe serait les \u00ab Tandas Mayo \u00bb (Tanda du fleuve en pular). Ils parleraient la m\u00eame langue que les<\/p>\n<p>Bassari. Un troisi\u00e8me groupe serait constitu\u00e9 des \u00ab Tandas Boeni \u00bb (ou Tanda du rocher). Le quatri\u00e8me<\/p>\n<p>groupe serait les \u00ab Tandas Badi \u00bb (Tanda de la moiti\u00e9) qui habiteraient dans le N\u2019Gamu dans le Sud-Est des provinces orientales de Tambakunda (R\u00e9publique du S\u00e9n\u00e9gal). Le cinqui\u00e8me groupe serait les \u00ab Tandas Ban\u2019d\u00e9 \u00bb et habiteraient le Sud-Est du cercle de Kedougou (R\u00e9publique du S\u00e9n\u00e9gal).<\/p>\n<p>La plupart des auteurs consult\u00e9s par Naye DYENG et Mundekeno SAA (1972), comme RANCON (1894), TECHER (1933), Andr\u00e9 ARCIN (1911) partagent l\u2019id\u00e9e que les Bassari et le C\u00f6nyagui seraient venus dans leurs sites actuels en deux vagues : avant l\u2019arriv\u00e9e de Koli Tenguella et juste apr\u00e8s son passage dans la r\u00e9gion. Ils auraient \u00e9t\u00e9 des acteurs importants dans l\u2019arm\u00e9e de ce dernier lors de sa conqu\u00eate du Tekrur.<\/p>\n<p>Les membres de la premi\u00e8re vague auraient d\u2019abord s\u00e9journ\u00e9 dans le Damantan (R\u00e9publique du S\u00e9n\u00e9gal) avant de se fixer dans le Nord de la Guin\u00e9e entre les territoires d\u2019habitation des Tanda et des Bassari (entre les Pr\u00e9fectures de Koundara et de Mali). La seconde vague aurait \u00e9t\u00e9 sur le sillage de la migration de Koli Tenguella. Pour DELACOUR (1947), cit\u00e9 par Naye DYENG et Mundekeno SAA (1972),\u00a0<em>\u00ab l\u2019arriv\u00e9e des Tanda dans la r\u00e9gion qu\u2019ils occupent actuellement date de 1522, date \u00e0 laquelle ils vinrent \u00e0 la suite de Koli Tenguella parti du pays Mand\u00e9 \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Les Bassari seraient venus de l\u2019empire du Ghana vers le XVII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle et se seraient install\u00e9s dans plusieurs parties du Foutah Djalon avant de se fixer dans leur habitat actuel (en partie en Guin\u00e9e et en partie au S\u00e9n\u00e9gal) c\u2019est-\u00e0-dire \u00e0 la lisi\u00e8re de la fronti\u00e8re Guin\u00e9o-s\u00e9n\u00e9galaise. Selon GIRARD (1993 : 43), ces derniers se d\u00e9nomment eux-m\u00eames les \u00ab\u00a0<em>Be-liyan \u00bb\u00a0<\/em>signifiant \u00ab les fils de la pierre \u00bb (de la lat\u00e9rite) alors que se fondant sur des notes de TAUXIER, FERRY (2000) donne pour sa part l\u2019\u00e9tymologie\u00a0<em>basar<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire l\u00e9zard. Pendant longtemps, ils ne pratiqueraient que la chasse. Reprenant la narration de Monique de LESTRANGE (1955), Naye DYENG et Mundekeno SAA (1972) affirment que :<\/p>\n<p><em>\u00ab Les Bassaris et les Coniaguis et d\u2019autres familles \u00e9tablis dans le haut N\u2019Gabou ont eu leur berceau sur les bords du Niger qu\u2019ils ont abandonn\u00e9 avec la grande migration de Koli-Tenguella vers le XIV<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. Cette \u00e9migration s\u2019est r\u00e9pandue dans toute la vall\u00e9e du Haut S\u00e9n\u00e9gal, et un groupe principal est descendu dans le Foutah Djalon \u00bb.\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Les K\u00f6niagui, eux, se d\u00e9signent par le terme de \u00ab AWOEN \u00bb et parlent la langue \u00ab Wam\u00eby \u00bb. Ils seraient venus de l\u2019empire du Ghana, bien avant la plupart des populations actuelles de la Guin\u00e9e. Djibril Tamsir NIANE, dans son ouvrage intitul\u00e9 \u00ab Koli Tengella et le T\u00e9krour \u00bb, relatant l\u2019\u00e9pop\u00e9e victorieuse de ce h\u00e9ros peul mentionne la pr\u00e9sence des K\u00f6nyagui dans la r\u00e9gion de Koundara d\u00e8s le XVI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Les Badiarank\u00e9, eux, seraient apparent\u00e9s aux Bassari et Koniagui et sont install\u00e9s sous et sur la montagne du m\u00eame nom qu\u2019eux : le mont badiar. Pour Lestrange de LESTRANGE (1955 : 1)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn26\"><sup>[26]<\/sup><\/a>, la d\u00e9signation Badiarank\u00e9 \u00ab semble avoir \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e par les Peuls \u00bb et signifierait : \u00ab captifs des Peuls \u00bb. Cette version est manifestement erron\u00e9e, car dans le mot \u00ab Badiarank\u00e9 \u00bb il n\u2019existe pas dans le pr\u00e9fixe, ni dans la racine ni dans le suffixe une composante du mot captif en pular (<em>Matyoudho,\u00a0<\/em>esclave ou<em>\u00a0Dj\u00e9yadho<\/em>\u00a0qui appartient \u00e0 quelqu\u2019un).<\/p>\n<p>Pour d\u2019autres historiens, les Badiarank\u00e9 ne seraient qu\u2019une d\u00e9nomination locale des \u00ab mandinko \u00bb de l\u2019empire du Gabou qui eux-m\u00eames ne sont que le r\u00e9sultat de la migration mandingue avec le m\u00e9tissage des populations diolas de la r\u00e9gion de Casamance. Ne serait-il pas possible de consid\u00e9rer le nom \u00ab Badiarank\u00e9 \u00bb comme l\u2019expression de ceux qui sont au Badiar (la montagne sur laquelle et autour de laquelle ce peuple vit).<\/p>\n<p>Dans leur M\u00e9moire de Fin d\u2019Etudes Sup\u00e9rieures, Naye DYENG et Mundekeno SAA (1972), signalent un autre point de vue non moins importante tir\u00e9 d\u2019un auteur portugais du nom de L. CORRELA qui d\u00e9fend que les Badiarank\u00e9\u00a0<em>\u00ab seraient issus du m\u00e9tissage entre\u00a0<s>les<\/s>\u00a0\u2018les Tilibanos (mandingue)\u2019 arriv\u00e9s dans la r\u00e9gion vers 1800 sous la direction de Tramane SANE et des Coniaguis autochtones \u00bb.\u00a0<\/em>Cependant, le fait que les Badiarank\u00e9 soient les seuls groupes ethniques de Guin\u00e9e qui, tout en portant le nom de famille du p\u00e8re, se r\u00e9clame du lignage de la m\u00e8re devrait inciter \u00e0 plus de prudence sur le lien entre Badiarank\u00e9 et Mandinko.<\/p>\n<p>Ce que cette historiographie laisse dans l\u2019ombre est le processus par lequel la diff\u00e9renciation s\u2019est faite entre des populations qui seraient identiques et qui vivent sur des territoires contigus. Comment des populations, appartenant au m\u00eame groupe (disons Tanda pour faire simple), sont devenues K\u00f6nyaguis, Bassaris et Badiarank\u00e9 ? Une th\u00e8se en histoire sur le sujet ne serait pas vaine.<\/p>\n<p>IV.\u00a0<em>LES POPULATIONS DU CENTRE ET DE L\u2019EST DE LA GUINEE<\/em><\/p>\n<h1>1) LES DIALONKE<\/h1>\n<p>Tous les historiens de la Guin\u00e9e s\u2019accordent \u00e0 dire que les Dialonk\u00e9 seraient arriv\u00e9s au Foutah Djalon autour du XI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. Il semblerait, selon Cheick Sidy Mohamed DIALLO (1975), que la premi\u00e8re vague migratoire des Dialonk\u00e9 daterait de 1076 et se serait pass\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019empire du Ghana. Cette premi\u00e8re vague, selon GAUTIER (1908), aurait \u00e9t\u00e9 mal accueillie par les Bambara qui peuplaient le Soudan M\u00e9ridional.<\/p>\n<p>La seconde vague migratoire serait cons\u00e9cutive \u00e0 la victoire de Soundiata KEITA sur Soumangourou KANTE apr\u00e8s la bataille de Kirina en 1235. On retrouve le m\u00eame point de vue dans les \u00e9crits de KANTE (1995) qui date la migration des Dialonk\u00e9 de l\u2019actuel territoire de la R\u00e9publique du Mali \u00e0 partir de la bataille de Kirina en 1235 entre Soundiata KEITA et Soumangourou KANTE, le roi du Soso.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me migration des Dialonk\u00e9 serait cons\u00e9cutive \u00e0 la victoire des musulmans contre les nonmusulmans lors de la bataille de Talansan en 1725. Apr\u00e8s cette bataille certains se seraient dirig\u00e9s vers la c\u00f4te guin\u00e9enne et auraient rejoint des populations qu\u2019ils avaient eux-m\u00eames repouss\u00e9es auparavant. D\u2019autres sont rest\u00e9s au Foutah Djalon et se sont convertis \u00e0 l\u2019Islam au Sud et au Centre du Foutah Djalon. D\u2019autres seraient all\u00e9s vivre dans le Nord-est (Sar\u00e9 Kindja dans la pr\u00e9fecture de Koubia, Ganfata dans la pr\u00e9fecture de Tougu\u00e9 et surtout Balaki-Sangalan dans la Pr\u00e9fecture de Mali) qui en se soustrayant (le cas de Balaki-Sangalan), qui en se soumettant de fa\u00e7on lente et progressive \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 du Foutah Djalon et \u00e0 la nouvelle religion; d\u2019autres, enfin, seraient all\u00e9s vers la r\u00e9gion actuelle de Faranah et de la Sierra Leone o\u00f9 ils vont fortifier le Solima en une province assez solide et qui pendant longtemps se constituera en un \u00ab \u00e9tat vassal \u00bb au Foutah-Djalon.<\/p>\n<p>De nos jours, on peut sch\u00e9matiquement distinguer quatre zones d\u2019habitation des Dialonk\u00e9 en Guin\u00e9e :<\/p>\n<ol>\n<li>Un groupe de Dialonk\u00e9 vit encore au Foutah Djalon (Koubia, Tougu\u00e9, Mali et Gaoual) avec une identit\u00e9 Dialonk\u00e9 r\u00e9elle, m\u00eame si plusieurs parmi eux sont locuteurs de deux langues : la leur et le pular ;<\/li>\n<li>Un second groupe de Dialonk\u00e9 a \u00e9t\u00e9 absorb\u00e9 par les Peul er parfois n\u2019ont aucune conscience d\u2019une autre identit\u00e9 que celle Peul ;<\/li>\n<li>Un troisi\u00e8me groupe vit dans la r\u00e9gion de Faranah. Ces Dialonk\u00e9 utilisent souvent deux langues : la leur et le maninka ;<\/li>\n<li>Un quatri\u00e8me groupe vit en Basse Guin\u00e9e et particuli\u00e8rement \u00e0 Conakry et revendique une identit\u00e9 Soussou.<\/li>\n<\/ol>\n<h1>2) LES PEUL\/FOULACOUNDA\/TOUCOULEUR<\/h1>\n<p>Les Fran\u00e7ais disent le \u00ab\u00a0<em>peul<\/em>\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0<em>poular<\/em>\u00a0\u00bb pour d\u00e9signer ce groupe humain qui se d\u00e9signe lui-m\u00eame par \u00ab pullo \u00bb au singulier et \u00ab fulbh\u00e8 \u00bb au pluriel et ils disent parler du \u00ab pular \u00bb. Il semblerait que le mot \u00ab peul \u00bb leur aurait \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9 par les Wolof avant d\u2019\u00eatre repris par les fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Il n\u2019y a pas de consensus entre les chercheurs sur la date exacte de la premi\u00e8re migration des Peul au Foutah Djalon. Les documents historiques disponibles notent deux vagues migratoires de Peul en Guin\u00e9e. Ces deux vagues sont venues en des p\u00e9riodes \u00e9loign\u00e9es les unes des autres dans le temps et \u00e0 plusieurs endroits.<\/p>\n<p>Les premiers Peul non islamis\u00e9s nomm\u00e9s puuli<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn27\"><sup>[27]<\/sup><\/a>\u00a0 auraient migr\u00e9 sur le territoire actuel de la Guin\u00e9e en de petites vagues \u00e0 partir du IX<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. DIALLO (1975 : 30) affirme que c\u2019est vers le XIII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle<\/p>\n<p>que la migration des Peul animistes prendra de l\u2019ampleur pour devenir massive autour du XIV<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. Du Sahara, ils auraient atteint le Bambouk \u00e0 partir duquel le groupe se scinde en deux : les premiers se dirig\u00e8rent vers le Ouassoulou et les seconds long\u00e8rent les vall\u00e9es du Tinkisso et du Bafing pour atteindre le Foutah Djalon.<\/p>\n<p>Pour certains historiens comme ES SADI, dans son \u00ab\u00a0<em>Tarrech es sudan<\/em>\u00a0\u00bb, Tenguella, p\u00e8re de Koli, avait ralli\u00e9 \u00e0 son bord les\u00a0<em>\u00ab arbe \u00bb<\/em>\u00a0(pluriel de ardo) \u00ab\u00a0<em>feroobe, wolarbe et uururbe<\/em>\u00a0et tous les\u00a0<em>yaalalbe\u00a0<\/em>\u00bb (pluriel de\u00a0<em>jaalaalo<\/em>) de son clan pour se tailler un empire dans le Kingi (le\u00a0<strong>Fuuta Kingi<\/strong>) au nez et \u00e0 la barbe des Askia Sonray. L\u2019arm\u00e9e de l\u2019Askia, command\u00e9e par, son fr\u00e8re Amar, marcha contre Tenguela le p\u00e8re et le poursuivit jusqu\u2019\u00e0 Di\u00e2ra, o\u00f9 elle le d\u00e9fit et le tua en 1512. C\u2019est apr\u00e8s la mort de son p\u00e8re que Koli Tenguela<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn28\"><sup>[28]<\/sup><\/a>\u00a0va r\u00e9cup\u00e9rer les troupes qui restaient de son p\u00e8re pour rappliquer \u00e0 l\u2019Ouest au Tekrur, en passant par le Foutah Djalon. Dans cette contr\u00e9e, il va mettre en place un Etat avec une capitale situ\u00e9e dans l\u2019actuelle pr\u00e9fecture de T\u00e9lim\u00e9l\u00e9. C\u2019est de l\u00e0 qu\u2019il va lever une arm\u00e9e et remonter vers l\u2019Ouest entrainant avec lui une arm\u00e9e dans laquelle \u00e9taient incorpor\u00e9s des Dialonk\u00e9, des Malink\u00e9, des K\u00f6niagui, des Baga, des Nalou, des Diola, des Ser\u00e8re, bref tous les peuples trouv\u00e9s sur le chemin du Tekrur qu\u2019il rebaptisera du nom de \u00ab Foutah Tooro \u00bb<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn29\"><sup>[29]<\/sup><\/a>. Le territoire de Tekrur qu\u2019il annexa, il lui donna le nom de Fouta en souvenir du\u00a0<strong>Fuuta Kingi<\/strong>\u00a0de son p\u00e8re et auquel il adjoignit Tooro, une des provinces du Fouta (KANE, 2004).<\/p>\n<p>Cette remont\u00e9e et la prise du pouvoir dans le Tekrur en 1552 aura pour cons\u00e9quence d\u2019imposer sa dynastie (Denyankob\u00e9<sup>32<\/sup>), sa langue (le pular) et la culture Peul \u00e0 toutes les populations du Royaume. Ce serait ainsi que toute la r\u00e9gion du Fouta Tooro devenue majoritairement \u00ab foulaphone \u00bb Halpulaar (ceux dont la langue est le Pular avec une forte dominance Toucouleur).<\/p>\n<p>Plusieurs si\u00e8cles plus tard (XIX<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle), El hadj Omar TALL fera le chemin inverse. Du Foutah Tooro, il descendra au Foutah Djalon, traversera Dinguiraye pour remonter vers le Fouta Kingi pour affronter Hamadou-HAMADOU et le tuer en 1862. Ce dernier est le fils de S\u00e9kou HAMADOU et petit-fils de S\u00e9kou HAMADOU fondateur de la dynastie des BARRY du MASSINA.<\/p>\n<p>Selon le professeur KANE (2004), auteur du livre :\u00a0<em>\u00ab La premi\u00e8re h\u00e9g\u00e9monie Peule : Le Fuuta Tooro de Koli Tenguella \u00e0 Almaami Abdul \u00bb<\/em>, l\u2019assimilation Peul des ethnies du Tekrur aurait commenc\u00e9 avant l\u2019av\u00e8nement de Koly Tenguela, mais atteindra son point culminant et la plus parfaite int\u00e9gration ou la \u00ab foulanisation \u00bb des descendants de la tribu du Tekruri, que sont les Toucouleur<em>\u00a0(Ly, Sy, Kane, Wane, Tall, Aw, etc.).<\/em><\/p>\n<p>La seconde vague migratoire des Peul en direction du territoire actuel de la Guin\u00e9e est celle de la fin du XVI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle jusqu\u2019au XVIII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. Pa\u00efens, puis islamis\u00e9s, des Peul et des Toucouleur quittent les territoires actuels du Mali, du S\u00e9n\u00e9gal et de la Mauritanie \u00e0 des p\u00e9riodes de d\u00e9sordre, de guerres avec d\u00e9sormais une nouvelle foi : l\u2019Islam.<\/p>\n<p>Les Peulhs musulmans du Foutah Djalon auraient donc suivi deux voies principales et ce, \u00e0 des p\u00e9riodes plus ou moins diff\u00e9rentes pour arriver, s\u2019installer et se s\u00e9dentariser et fonder l\u2019Etat th\u00e9ocratique du Foutah Djalon : La voie du Nord venant du Fouta Tooro et du Bundu (essentiellement) et la voie de l\u2019Est venant principalement du Macina.<\/p>\n<p>simplement, avec une d\u00e9formation phon\u00e9tique, le singulier des Peul (Pullo). Cependant, SURET-CANALE (1964 : 26) a un avis critique sur l\u2019arriv\u00e9e des Peul au 10<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle au Foutah Djalon, car selon lui les \u00ab Tarikhs locaux ont tendance \u00e0 d\u00e9montrer l\u2019antiquit\u00e9 de la pr\u00e9sence dans le pays des ma\u00eetres actuels \u00bb. SURET-CANALE \u00e9tait aussi un historien du r\u00e9gime de S\u00e9kou TOURE. Peut-\u00eatre que sa r\u00e9action a un lien avec l\u2019id\u00e9ologie du racisme peul de S\u00e9kou TOURE.<\/p>\n<p>Ils arriv\u00e8rent par groupes et par \u00e9tapes, les uns passant par les contreforts des montagnes de la Pr\u00e9fecture de Mali, les autres en traversant la Pr\u00e9fecture de Koundara avant de rejoindre les montagnes qui surplombent le fleuve Komba en direction de L\u00e9louma et de Lab\u00e9 et les autres enfin par l\u2019Est en p\u00e9n\u00e9trant dans le Dinguiraye pour rejoindre les vall\u00e9es de Mamou. Ils vont se fixer en plusieurs points du Foutah Djalon poussant devant eux leurs nombreux troupeaux de b\u0153ufs et de\u00a0<em>talib\u00e9<\/em>\u00a0(\u00e9l\u00e8ves et \u00e9tudiants). Ils s\u2019y fixaient \u00e0 leur tour en faisant ce que d\u2019autres avaient fait avant eux :\u00a0<strong>refouler certains et absorber d\u2019autres.\u00a0<\/strong><\/p>\n<p>Selon Cheick Sidy Mohamed DIALLO (1970)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn30\"><sup>[30]<\/sup><\/a>, ces diff\u00e9rentes vagues migratoires se faisaient en famille et en clan. De l\u2019Est, principalement du Macina vont arriver les Day\u00e8bh\u00e8<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn31\"><sup>[31]<\/sup><\/a>\u00a0(BARRY) qui vont s\u2019installer en lignage : les Seydiyanke \u00e0 Timbo (Pr\u00e9fecture de Mamou) et les Seriyankebh\u00e8 \u00e0 Fougoumba (Pr\u00e9fecture de Mamou). Les F\u00e9robh\u00e8 (SOW) vont s\u2019installer dans K\u00e9bali non loin de Fougoumba et de Timbo. Certaines de ces vagues se seraient install\u00e9es elles dans l\u2019actuelle pr\u00e9fecture de Tougu\u00e9 (ce sont les Koulounnank\u00e9 Balla et Simp\u00e9). Les Ururbh\u00e8 vont s\u2019installer dans deux endroits diff\u00e9rents en fonction des clans : les Koulounnabhe \u00e0 Ko\u00efn (Pr\u00e9fecture de Tougu\u00e9) et les Hel\u00e2y\u00e2bhe \u00e0 Timbi-Touni (Pr\u00e9fecture de Dalaba).<\/p>\n<p>Les Irlabh\u00e9 (DIALLO) et une partie des Ururbh\u00e9, quant \u00e0 eux sont arriv\u00e9s par le nord. Les DIALLO vont se repartir en lignage. Les Khaldouyabh\u00e8 vont occuper r\u00e9gion du Nord de Lab\u00e9, un autre lignage \u00ab Di\u00e2lobhe \u00bb va s\u2019installer dans leKolladhe (Pr\u00e9fecture de Tougu\u00e9), Kankalab\u00e9 (Pr\u00e9fecture de Dalaba) et Timbi-Madina (Pr\u00e9fecture de Pita) et un troisi\u00e8me lignage \u00ab Thimbobh\u00e8 \u00bb va s\u2019installer dans Bhouria (Pr\u00e9fecture de Mamou).<\/p>\n<p>Parmi cette vague, d\u2019autres, apr\u00e8s avoir s\u00e9journ\u00e9 dans le Foutah Djalon, l\u2019ont quitt\u00e9 pour continuer leur chemin vers d\u2019autres localit\u00e9s et dans d\u2019autres pays de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. C\u2019est le cas des Peul du Nig\u00e9ria dont certains seraient partis de Sokoto dans la Pr\u00e9fecture de Mamou pour se retrouver apr\u00e8s une tr\u00e8s longue migration dans l\u2019actuelle R\u00e9publique F\u00e9d\u00e9rale du Nig\u00e9ria.<\/p>\n<p>La question qui n\u2019est pas r\u00e9gl\u00e9e est le cas des \u00ab Foulacounda \u00bb ou \u00ab Foulakounda \u00bb. Les Foulacounda sont-ils le reliquat des Puuli (les premiers Peul animistes venus les premiers au Foutah Djalon) ou une autre vague migratoire ? Etymologiquement, le terme \u00ab Foulacounda \u00bb ressemble \u00e0 un mot composite de\u00a0<em>\u00ab Foula, pour d\u00e9signer les Peul \u00bb<\/em>\u00a0et\u00a0<em>\u00ab Counda qui pourrait signifier un diminutif de Koundara \u00bb<\/em>. Pour Alvares de ALMADA (1594 : 54), cit\u00e9 par G\u00e9rard GAILLARD (2000)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn32\"><sup>[32]<\/sup><\/a>\u00a0les FulaKunda sont des groupes descendants de captifs ou d\u2019assimil\u00e9s \u00ab sujets du Mandingue \u00bb. Cette version est reprise, selon G\u00e9rard GAILLARD (2000), un demi-si\u00e8cle plus tard par Richard JOBSON (1623) qui l\u2019atteste en disant des Fulakunda,\u00a0<em>\u00ab des Fulbies, vivant sur les bords de la Gambie et tout \u00e0 fait assujettis aux Mandingos \u00bb<\/em>. Pourtant, il y a une autre version qui dit que les Fulakanda sont le r\u00e9sultat du m\u00e9tissage entre agriculteurs noirs-africains et pasteurs berb\u00e8res dans le Tekrur. Ce groupe de base s\u2019est \u00e9parpill\u00e9 jusqu\u2019en 1460 quand un groupe arm\u00e9 dirig\u00e9 par DIALLO Demba bat les Wolofs et les Banhung, traverse le Haut-S\u00e9n\u00e9gal et la Gambie et atteint le Rio Grande o\u00f9 elle est finalement \u00e9cras\u00e9e par les Biafada (NIANE, 1989: 55)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn33\"><sup>[33]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>DIALLO Demba tu\u00e9, son arm\u00e9e d\u00e9truite,\u00a0<em>\u00ab les survivants ont d\u00fb se regrouper, non loin de l\u00e0, vers le Foutah Djalon. Cette dispersion premi\u00e8re serait, selon AMSELLE (1989: 77) \u00e0 l\u2019origine d\u2019une nouvelle aventure politique et d\u2019une refondation \u00bb.<\/em>\u00a0Les Fulakunda seraient donc le reste de cette arm\u00e9e d\u2019invasion qui est rest\u00e9e aux confins Nord de la Guin\u00e9e, \u00e0 la lisi\u00e8re de la Guin\u00e9e-Bissau et du S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<h1>3) LES PEUL DU OUASSOULOU OU LES \u00ab WASSOULOUNKE \u00bb<\/h1>\n<p>Selon CISSE (2000) dans le Tome 2 de \u00ab La grande geste du Mali, citant l\u2019histoire orale du Mali de W\u00e2 Kamissoko \u00bb, les Peul du Wassoulou (zone \u00e0 cheval entre la R\u00e9publique du Mali, de la Guin\u00e9e et de la C\u00f4te d\u2019Ivoire) auraient migr\u00e9 du Fouladougou<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn34\"><sup>[34]<\/sup><\/a>\u00a0(dans l\u2019actuelle R\u00e9publique du Mali) pour fuir les guerres perp\u00e9tuelles de l\u2019arm\u00e9e de\u00a0<em>Bintou Mari\u00a0<\/em>KOROMA.<\/p>\n<p>Ils se seraient dispers\u00e9s en trois vagues : certains seraient rest\u00e9s \u00e0 Fouladougou, d\u2019autres se seraient implant\u00e9s \u00e0 Brigo et la troisi\u00e8me vague serait descendue plus au Sud pour fonder le Ouassoulou ou Wassoulou. Ce terme serait une prononciation en un seul mot du groupe de mots \u00ab\u00a0<em>Wa solon<\/em>\u00a0ou\u00a0<em>Oua Solon\u00a0<\/em>\u00bb qui signifie en\u00a0<em>bamanakan<\/em><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn35\"><sup>[35]<\/sup><\/a>\u00a0<em>(aller se confier).\u00a0<\/em>C\u2019est ce dernier groupe de migrants peul qui va se disperser en deux : l\u2019un va rester dans le Ouassoulou et l\u2019autre descendra plus au Sud. Ces derniers sont les Peul animistes du groupe de Koli Tenguella.Ce point de vue est aussi celui de KOUYATE (1978 : 29)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn36\"><sup>[36]<\/sup><\/a>\u00a0qui dit :<\/p>\n<p><em>\u00ab L\u2019arriv\u00e9e des Peul au Wassulu se situe \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode que l\u2019invasion des Peul animistes dans le Foutah Djalon sous le commandement de Koly<\/em><\/p>\n<p><em>Tenguela au XV<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>DEVEY (2009 : 32), G\u00e9ographe et historienne va dans le m\u00eame sens dans son livre intitul\u00e9 \u00ab La Guin\u00e9e \u00bb quand elle \u00e9crit :<\/p>\n<p><em>\u00ab Le Wassoulou: vaste territoire Peul\u00a0 occup\u00e9 jadis par les Bambara, qui s\u2019\u00e9tend sur les rives du Sankarani entre le Mali, la Guin\u00e9e et la c\u00f4te- d\u2019Ivoire \u00bb.\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Les Peul du Wassoulon sont donc ces Peul s\u00e9dentaris\u00e9s, devenus agriculteurs<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn37\"><sup>[37]<\/sup><\/a>\u00a0qui se sont fortement m\u00e9tiss\u00e9s avec les Malink\u00e9 et auxquels ils ont emprunt\u00e9 la langue et certaines normes culturelles tout en gardant leur patronyme (<em>Diallo, Diakit\u00e9, Sidib\u00e9 et Sangar\u00e9<\/em>) et aussi certains traits forts de leur identit\u00e9 ethnique peul. D\u2019ailleurs les griots du mandingue ne se trompent pas lorsqu\u2019ils disent, pour vanter les Peul du Wassoulou,\u00a0<em>\u00ab Bugutudu ani Bugub\u00f4, Fila sinani, Djatra sinani \u00bb<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn38\"><sup><strong>[38]<\/strong><\/sup><\/a>.<\/em><\/p>\n<p>Les Wassoulonk\u00e9 se d\u00e9signent Peul et les Malink\u00e9, avec lesquels ils vivent en harmonie, les d\u00e9signent comme des Peul. Lors des c\u00e9r\u00e9monies comme le mariage, le bapt\u00eame et autres activit\u00e9s sociales, la part (viande, colas et autres biens symboliques) d\u00e9di\u00e9e aux Ouassoulonk\u00e9 dans le manding est celle de tous les Peul qu\u2019ils soient du Oassoulou, du Foutah Djalon, du Macina ou du Foutah-Tooro.<\/p>\n<h1>4) LES DIAKANKE ET LES SARAKOLLE<\/h1>\n<p>Les Diakanka et Sarakoll\u00e9 ont aussi migr\u00e9 au Foutah Djalon. Ils seraient des Sonink\u00e9 qui auraient migr\u00e9 de Dia (village de Macina). Ils auraient transit\u00e9 dans Djambokhoum (R\u00e9publique du Mali), \u00e0 Bambouk (S\u00e9n\u00e9gal) vers le XVI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle en fondant le village de Diackaba dans ce pays. Il semble que de ce village, ils se seraient dispers\u00e9s vers les autres localit\u00e9s des pays limitrophes du Mali (Guin\u00e9e, Gambie et C\u00f4te d\u2019Ivoire).<\/p>\n<p>La communaut\u00e9 Diakhank\u00e9<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn39\"><sup>[39]<\/sup><\/a>\u00a0s\u2019articulerait autour de quatre clans : SOUARE, DRAME, GUIRASSY, FADIGA. Ces quatre clans sont appel\u00e9s les quatre foyers ou (boloun naano ou boulou naano)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn40\"><sup>[40]<\/sup><\/a>. \u00c0 ces quatre clans se seraient ajout\u00e9 les DIAKHITE-KABA, les SYLLA, les GASSAMA-DIABY, les DANSOKHO, les DIAKHABY, les SAVANE, les BADIO, les SAKHO, etc.<\/p>\n<p>L\u2019installation des Diakanka au Foutah Djalon est relativement r\u00e9cente et correspondrait \u00e0 la pr\u00e9dominance des Peul et de l\u2019Islam. Pour l\u2019essentiel, les professeurs d\u2019Histoire de l\u2019Institut Gamal Abdel Nasser disent que :\u00a0<em>\u00ab les Diakanka s\u2019installeront au Foutah Djalon dans de gros villages, \u00e0 l\u2019abri et sous la protection des Peul avec lesquels ils d\u00e9velopperont des relations de cousinage assez pouss\u00e9es \u00bb<\/em>. On les retrouve nombreux un peu partout, particuli\u00e8rement dans le Koubia, Tougue, Mamou, Mali, Dalaba, Gaoual et Koundara.<\/p>\n<h1>5) LES MALINKE<\/h1>\n<p>NIANE (1960), parlant de l\u2019occupation du Manding, affirme que\u00a0<em>\u00ab toutes les traditions malink\u00e9 attestent que la terre \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9e, les premiers occupants n\u2019\u00e9taient pas de race manding \u00bb<\/em>. Les Korogba auraient pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 les Malink\u00e9 en Haute Guin\u00e9e. Les Bambara et les Dialonk\u00e9 auraient aussi pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 les Malink\u00e9 avant d\u2019\u00eatre refoul\u00e9s plus au nord, pour les premiers et vers l\u2019ouest pour les seconds, sous le r\u00e8gne de Soundiata KEITA. Lors de la fondation de l\u2019empire du Mali<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn41\"><sup>[41]<\/sup><\/a>, Soundiata KEITA pour vaincre Soumangourou KANTE parvient \u00e0 unifier les diff\u00e9rentes tribus Malink\u00e9 (<em>KEITA, KONDE, TRAORE, KOUROUMA, CAMARA<\/em>), \u00e0 rassembler sous son commandement les arm\u00e9es de diff\u00e9rents petits royaumes en lutte contre l\u2019empire Soso avant de sortir victorieux.<\/p>\n<p>A la suite de cette victoire, Soundiata KEITA va \u00e9tendre son empire sur une grande partie de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. C\u2019est son exp\u00e9dition militaire la plus \u00e9loign\u00e9e qui ira d\u00e9truire les \u00e9tats dans le Sine (actuel S\u00e9n\u00e9gal) et \u00e9tablir, en se m\u00e9tissant aux populations locales (les Diola), l\u2019Etat du Gabou (qui va couvrir l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la Guin\u00e9e-Bissau, la Casamance, la Gambie et la partie nord de la Guin\u00e9e, Gaoual et Koundara) (S\u00e9k\u00e9n\u00e9 Mody CISSOKO, 1981)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn42\"><sup>[42]<\/sup><\/a>.<\/p>\n<p>A partir des XV<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0et XVI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cles, la chute de l\u2019empire du Mali acc\u00e9l\u00e8re la migration des Malink\u00e9 qui s\u2019install\u00e8rent dans les r\u00e9gions septentrionales de l\u2019actuelle C\u00f4te d\u2019Ivoire et plus au Sud de la Guin\u00e9e dans la r\u00e9gion actuelle de la Guin\u00e9e Foresti\u00e8re. Une r\u00e9gion dans laquelle ils vont se m\u00e9tisser aux Kp\u00e8l\u00e8 pour donner les Koniank\u00e9 et avec les Loma pour donner les Toma-mania.<\/p>\n<h1>6) LES MANINKA-MORY<\/h1>\n<p>Les Maninka-Mory, dont les actuels noms de famille sont\u00a0<em>CISSE, DIANE, KABA<\/em>,\u00a0<em>SANOH\u00a0<\/em>seraient d\u2019origine\u00a0<strong>Sarakoll\u00e9<\/strong>\u00a0du Moyen-Niger dans le Ghana. Apr\u00e8s la disparition de l\u2019empire du Ghana par suite d\u2019un dess\u00e8chement progressif du d\u00e9sert et des attaques arm\u00e9es des almoravides, les Sarakoll\u00e9 se dispers\u00e8rent.<\/p>\n<p>Ils seraient arriv\u00e9s dans l\u2019actuelle pr\u00e9fecture de Kankan autour du XVII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. Et selon les traditions \u00e9crites de Kankan, les Maninka-Mory sont originaires de Diafounou (Soudan). A la suite de guerres, ces \u00ab Diafounounk\u00e9 \u00bb quitt\u00e8rent leur pays et vinrent demander l\u2019hospitalit\u00e9 aux tribus malink\u00e9 du Haut-Niger (en particulier aux KONDE qui occupaient la r\u00e9gion de Kankan). Les Malink\u00e9 accueillirent les nouveaux migrants qui finirent par se cr\u00e9er une province<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn43\"><sup>[43]<\/sup><\/a>\u00a0\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du Manding : le\u00a0<strong>Bat\u00e9<\/strong><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn44\"><sup>[44]<\/sup><\/a>\u00a0G\u00e9ographiquement, le Bat\u00e9 longe le fleuve Milo avec 12 villages dont les principaux sont :\u00a0<strong>Kankan<\/strong>,\u00a0<strong>Karafamoudouya<\/strong>,\u00a0<strong>Nafadji<\/strong>,\u00a0<strong>Bakonko<\/strong>,\u00a0<strong>Fod\u00e9cariah<\/strong>.<\/p>\n<p>Ces Sarakoll\u00e9 adopt\u00e8rent le malink\u00e9 comme langue et apport\u00e8rent avec eux l\u2019Islam d\u2019o\u00f9 le nom qu\u2019on leur donna : Maninka-Mory (ce qui veut dire marabouts des Malink\u00e9). Certains de ces Maninka-Mory, en particulier des TURE, YANSANE et FOFANA, quitteront Kankan vers la fin du XVIII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle \u00e0 la suite de d\u00e9m\u00eal\u00e9es avec Burama KONDE (un farouche animiste), traversent le Foutah Djalon, le Kanya, le Sumbuya pour certains et pour d\u2019autres, la r\u00e9gion kissi pour s\u2019\u00e9chouer sur les bords du Kissi-Kissi (le Morya). Ce sont leurs descendants qui sont dans les pr\u00e9fectures de Kindia et de For\u00e9cariah auxquels la communaut\u00e9 soussou leur a donn\u00e9 le nom de :\u00a0<em>Moryanais<\/em>. D\u2019autres feront une courte migration et s\u2019arr\u00eateront entre Bissikirima et Dabola. Les plus nombreux, les\u00a0<em>KABA, SANOH, DIANE<\/em>,\u00a0<em>CISSE<\/em>, sont rest\u00e9s dans le Bat\u00e9.<\/p>\n<h1>7) LES KONIANKA<\/h1>\n<p>De m\u00eame que les \u00ab Toma-manian \u00bb sont le croisement culturel des Malink\u00e9 et des Loma, les Konianka seraient, selon Ibrahim Kalil TURE (1973)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn45\"><sup>[45]<\/sup><\/a>\u00a0le croisement entre Malink\u00e9 et Kp\u00e8l\u00e8. Selon Ibrahim Kalil TURE, \u00e0 la chute de l\u2019empire du Mali et des d\u00e9sordres qui s\u2019en sont suivis, il y a eu deux grandes vagues migratoires en direction de la r\u00e9gion foresti\u00e8re.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re concernait en majorit\u00e9 des KONDE et des KURUMA qui auraient repouss\u00e9 des Djalonk\u00e9 plus en profondeur dans l\u2019actuelle pr\u00e9fecture de Faranah et un peu plus en profondeur dans le Foutah Djalon.<\/p>\n<p>La seconde vague migratoire \u00e9tait compos\u00e9e davantage de KEITA et de KAMARA. La rencontre entre les deux communaut\u00e9s Malink\u00e9 dans la for\u00eat et les Loma (\u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 la for\u00eat couvrait tr\u00e8s certainement les pr\u00e9fectures de Beyla, de K\u00e9rouan\u00e9 et de Kissidougou) donna naissance deux nouveaux groupes humains :\u00a0<strong>les Koniank\u00e9 et les Toma-mania<\/strong>.<\/p>\n<p>V.\u00a0<em>LE SUD DE LA GUINEE (KISIA\/LOMA\/KPELE)<\/em><\/p>\n<p>Les Kisia, les Loma et les Kp\u00e8l\u00e8 habitent, tr\u00e8s majoritairement, dans la r\u00e9gion dite foresti\u00e8re de la Guin\u00e9e. M\u2019Bala Friki CAMARA (1980 : 9)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn46\"><sup>[46]<\/sup><\/a>\u00a0partage l\u2019id\u00e9e selon laquelle, c\u2019est l\u2019ass\u00e8chement du Sahara qui aurait pouss\u00e9 les populations qui habitent la r\u00e9gion foresti\u00e8re de la Guin\u00e9e \u00e0 redescendre vers le Sud. Il ira jusqu\u2019\u00e0 affirmer que dans cette r\u00e9gion (le Sud de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest) ne vivait aucune population avant le dess\u00e8chement du Sahara.<\/p>\n<h1>1. LES KISIA<\/h1>\n<p>Aly Gilbert IFFONO (1975)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn47\"><sup>[47]<\/sup><\/a>\u00a0dans son m\u00e9moire de Dipl\u00f4me d\u2019Etudes Sup\u00e9rieures avoue d\u2019abord que le pays d\u2019origine des Kisia reste peu connu. Cet aveu fait, il soul\u00e8ve les diff\u00e9rentes hypoth\u00e8ses et en discutent la pertinence et la coh\u00e9rence. Il prend appui sur deux versions.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re fait descendre les Kisia de Fa-Magan, un roi vaincu par Soundiata KEITA en 1228 et qui aurait migr\u00e9 avec sa famille et se serait senti sauv\u00e9 en arrivant \u00e0 la lisi\u00e8re de la for\u00eat et aurait d\u00e9clar\u00e9 en maninkaka \u00ab Mbara kissi \u00bb. La seconde version affirme que les Kisia sont des migrants qui ont d\u00fb se battre avec les mains nues pour vaincre des populations trouv\u00e9es sur place (entendez la r\u00e9gion d\u2019habitation actuelle des Kisia). Les vaincus auraient donn\u00e9 aux vainqueurs le nom de \u00ab Kisi-Kisi \u00bb : une expression qui d\u00e9signe ceux qui les auraient refoul\u00e9s.<\/p>\n<p>Analysant ces deux hypoth\u00e8ses, Aly Gilbert IFFONO (1975) arrive \u00e0 la conclusion qu\u2019elles souffrent de plusieurs lacunes. Par exemple, Aly Gilbert IFFONO (1975) se demande, avec beaucoup de justesse, comment expliquer que les descendants de Fara-Magan parlent une langue diff\u00e9rente de celle de leur origine ? Pour la seconde hypoth\u00e8se, il constate que celle-ci ne dit pas d\u2019o\u00f9 viennent les Kisia, m\u00eame si la version dit comment ils se sont install\u00e9s. La conclusion \u00e0 laquelle est parvenue Aly Gilbert IFFONO<\/p>\n<p>(1975) est qu\u2019au XIII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle les Kisia \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 dans la r\u00e9gion qu\u2019ils occupent actuellement. Cette th\u00e8se n\u2019est pas celle de SURET-CANALE (1971 : 173)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn48\"><sup>[48]<\/sup><\/a>\u00a0qui affirme de son c\u00f4t\u00e9 que les Kisia :<\/p>\n<p><em>\u00ab Chass\u00e9s au XVII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle du Sud-Est du FoutahDjalon par les Dialok\u00e9, les Kisia \u00e9taient originairement des cultivateurs semi-nomades dont la culture fondamentale \u00e9tait le fonia \u00bb.<\/em><\/p>\n<p>Quelle que soit la p\u00e9riode d\u2019arriv\u00e9e et d\u2019installation des Kisia dans leur lieu d\u2019habitation actuel, on peut \u00eatre d\u2019accord avec Aly Gilbert IFFONO (1975) pour dire que le mouvement migratoire des Kisia s\u2019inscrit dans le vaste mouvement migratoire des populations Ouest-africaines cons\u00e9cutif au dess\u00e9chement du Sahel, \u00e0 l\u2019invasion et \u00e0 la destruction de l\u2019empire du Ghana. La particularit\u00e9 de ce mouvement r\u00e9side dans le fait que les Kisia semblent \u00eatre avec les Mandeyi et, semble-t-il les Baga, les populations guin\u00e9ennes qui ont fait la trajectoire Est-Ouest-Sud. C\u2019est-\u00e0-dire du Sahel vers le Foutah Djalon avant de redescendre vers le Sud de la Guin\u00e9e et \u00e0 la c\u00f4te pour les Mandenyi et les Baga.<\/p>\n<h1>2. LES LOMA<\/h1>\n<p>Les Loma se d\u00e9signent eux-m\u00eames par le nom de \u00ab Lomagi \u00bb. Il semble que les Loma seraient les plus anciens \u00e9tablis dans la r\u00e9gion foresti\u00e8re. Pourtant, certains des historiens qui ont travaill\u00e9 sur la mise en place des Loma, comme Facinet BEAVOGUI (1975 : 11)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn49\"><sup>[49]<\/sup><\/a>, sont cat\u00e9goriques :\u00a0<em>\u00ab le pays d\u2019habitation actuel (la pr\u00e9fecture de Macenta) n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 le premier o\u00f9 ils auraient habit\u00e9 \u00bb.<\/em>\u00a0Pour cet auteur, les Loma auraient migr\u00e9 du Nord vers le Sud, de la r\u00e9gion de K\u00e9rouan\u00e9 et de Beyla vers Macenta. Pour arriver \u00e0 cette affirmation, Facinet BEAVOGUI (1975) se serait appuy\u00e9 sur les traditions relat\u00e9es par les populations et les documents produits par les missionnaires et les explorateurs.<\/p>\n<p>Selon Facinet BEAVOGUI (1975), les Loma auraient \u00e9t\u00e9 refoul\u00e9s du triangle de K\u00e9rouan\u00e9, Beyla et Kissidougou par la migration Malink\u00e9 autour du XIII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0et du XIX<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle. Cette migration Malink\u00e9 et la cohabitation avec les Loma aura comme cons\u00e9quence la cr\u00e9ation d\u2019un groupe nouveau : Les TomaManian qui sont le r\u00e9sultat d\u2019un m\u00e9tissage culturel et biologique entre les deux communaut\u00e9s.<\/p>\n<h1>3. LES KPELE<\/h1>\n<p>Le mot Kp\u00e8l\u00e8 signifierait le pays. Le pluriel de Kp\u00e8l\u00e8 donnerait Kp\u00e8l\u00e8gha et au singulier Kp\u00e8l\u00e8mum qui signifierait : Kp\u00e8l\u00e8 pour pays et \u00ab\u00a0<em>mum \u00bb\u00a0<\/em>pour personne. On peut donc dire que Kp\u00e8l\u00e8mum serait un terme qui d\u00e9signe \u00ab une personne du pays \u00bb. Les Kp\u00e8l\u00e8 disent parler la langue Kp\u00e8l\u00e8woo.<\/p>\n<p>Dans le souvenir collectif des Kp\u00e8l\u00e8 relat\u00e9 par CAMARA (1980 : 22), ils disent \u00eatre\u00a0<em>\u00ab tomb\u00e9s du ciel entre B\u00f6ola et Beyla \u00bb<\/em>. Mais puisque nous savons que personne ne tombe du ciel, on peut dire que la r\u00e9gion de Beyla serait le souvenir, non encore oubli\u00e9, de la migration Kp\u00e8l\u00e8 vers les pr\u00e9fectures de N\u2019Z\u00e9r\u00e9kor\u00e9, de Yomou et du Lib\u00e9ria. La migration Kp\u00e8l\u00e8 vers la zone foresti\u00e8re r\u00e9sulterait du m\u00eame mouvement qui a pouss\u00e9 celle des Loma : la migration Malink\u00e9 avant la fondation de l\u2019empire du Mali et plus apr\u00e8s sa chute.<\/p>\n<h1>4. LES DJ\u00d6\u00d6TAMUM, LES K\u00d6L\u00d6GHA ET LES MANOO<\/h1>\n<p>Les Dj\u00f6\u00f6tamum et les K\u00f6l\u00f6gha sont des populations qui ont presque totalement disparu. Elles ont \u00e9t\u00e9 absorb\u00e9es linguistiquement et culturellement par les Kp\u00e8l\u00e8 avec lesquels ils partagent la m\u00eame langue, \u00e0 quelques exceptions pr\u00e8s, la culture et la zone d\u2019habitation.<\/p>\n<p>Les Dj\u00f6\u00f6tamum sont un groupement humain dont la d\u00e9composition du nom donnerait, selon P\u00e9p\u00e9 Pierre CAMARA (1970)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn50\"><sup>[50]<\/sup><\/a>, Dj\u00f6\u00f6 pour descendant, t\u00f6\u00f6 signifierait anc\u00eatre et mum, la personne. Cette combinaison signifierait que les Dj\u00f6\u00f6t\u00f6mum sont les personnes descendantes des anc\u00eatres. Ils parleraient le Dj\u00f6\u00f6w\u00f6tawoo qui serait une variante du Kp\u00e8l\u00e8. Ils habitaient \u00e0 l\u2019Est de la pr\u00e9fecture de N\u2019Z\u00e9r\u00e9kor\u00e9 et<\/p>\n<p>dans une partie de la C\u00f4te d\u2019Ivoire. De nos jours, ils se confondraient aux Kp\u00e8l\u00e8, pour ceux qui vivent en Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Les K\u00f6l\u00f6gha est le pluriel de K\u00f6l\u00f6mum qui, d\u00e9compos\u00e9, donnerait, selon P\u00e9p\u00e9 Pierre CAMARA (1970), pays (K\u00f6l\u00f6n) et personne pour le suffixe\u00a0<em>mum<\/em>. Les K\u00f6l\u00f6gha habiteraient dans la m\u00eame zone que les Dj\u00f6\u00f6tamum. Eux aussi ont pratiquement disparus.<\/p>\n<p>Les Manoo sont un groupement humain qui, par d\u00e9composition donnerait :\u00a0<em>manon<\/em>\u00a0pour pays et\u00a0<em>mum<\/em>\u00a0pour personne. Manomum serait le pluriel de Manoo. Il semblerait que c\u2019est par d\u00e9formation que les Manoo sont appel\u00e9s par le terme de Manon. Ils occuperaient, selon Jerome DELAMOU (1979)<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn51\"><sup>[51]<\/sup><\/a>, le Sud et le Sud-Est de la Guin\u00e9e Foresti\u00e8re et surtout au Lib\u00e9ria o\u00f9 ils seraient plus nombreux qu\u2019en Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>CONCLUSION<\/strong><\/p>\n<p>Nous sommes au terme du pr\u00e9sent article. Pour conclure cette longue et fastidieuse revue de l\u2019occupation, nous allons tenter de r\u00e9pondre aux questions de d\u00e9part qui ont motiv\u00e9 le pr\u00e9sent travail.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re question \u00e9tait de savoir\u00a0<strong>comment la Guin\u00e9e a-t-elle \u00e9t\u00e9 peupl\u00e9e ?<\/strong>\u00a0Les lectures faites et les synth\u00e8ses r\u00e9alis\u00e9es permettent de dire que\u00a0<strong>la migration<\/strong>\u00a0a \u00e9t\u00e9 la principale source premi\u00e8re du peuplement de la Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Pour l\u2019essentiel, les populations qui peuplent le territoire actuel de la R\u00e9publique de Guin\u00e9e sont des populations migrantes. Elles le sont au m\u00eame titre que tous les peuples noirs de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Contrairement \u00e0 la croyance populaire, ces mouvements migratoires ne sont pas tous lin\u00e9aires et les populations ne se sont toutes fix\u00e9es d\u00e9finitivement au m\u00eame endroit.<\/p>\n<p>Pour l\u2019essentiel, cette grande zone qui va des territoires actuels du S\u00e9n\u00e9gal, de la Gambie, de la Mauritanie, de la Guin\u00e9e-Bissau, de la Guin\u00e9e, du Mali, du Burkina, du Niger et une bonne partie du Nord du Nig\u00e9ria et du Sud de l\u2019Alg\u00e9rie et du Maroc \u00e9tait une zone de circulation d\u2019hommes, d\u2019id\u00e9es et de marchandises.<\/p>\n<p><strong>D\u2019o\u00f9 venons-nous ?<\/strong>\u00a0Les travaux de Maurice DELAFOSSE, de Cheick Anta DIOP et de Djibril Tamsir NIANE ont \u00e9tabli, suffisamment, cette route migratoire \u00e0 partir de l\u2019empire du Ghana. L\u2019ass\u00e8chement du Sahara suivi des l\u00e9gendaires s\u00e9cheresses qui s\u2019abattirent sur l\u2019empire du Ghana, les multiples et longues guerres des empereurs, les invasions des Almoravides (Ghana en 1076 et autres conflits de l\u2019\u00e9poque) essentiellement pour des raisons politiques et \u00e9conomiques et les guerres intestines au sein des entit\u00e9s politiques (empires, royaumes et autres structures politiques) sont parmi les causes de ce vaste mouvement migratoire qui a travers\u00e9 l\u2019Afrique de l\u2019Ouest du VIII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0au XIX<sup>\u00e8me\u00a0<\/sup>\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>En fait, tous les groupes humains qui peuplent la Guin\u00e9e proviendraient des \u00e9clatements successifs des empires m\u00e9di\u00e9vaux et des Etats\/Royaumes qui se sont effondr\u00e9s dans la longue marche de l\u2019histoire des peuples de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. Tous ces groupements humains seraient venus, par vagues successives, parfois distantes de plusieurs si\u00e8cles, en suivant divers chemins avant de s\u2019installer dans une seule et parfois dans plusieurs r\u00e9gions de la Guin\u00e9e. Pour l\u2019essentiel, nous venons tous, \u00e0 des p\u00e9riodes diff\u00e9rentes, de cette r\u00e9gion du Sahel et\/ou du Sahara. Comme moi, chaque guin\u00e9en peut retrouver la trajectoire migratoire de sa famille.<\/p>\n<p><strong>Qui en sont les premiers et les derniers occupants ?<\/strong>\u00a0Difficile de le dire avec exactitude. On peut admettre que parmi les populations qui vivent encore sur le territoire d\u00e9nomm\u00e9 \u00ab R\u00e9publique de Guin\u00e9e \u00bb,\u00a0<strong>les Mandenyi et les Loma<\/strong>\u00a0seraient les plus anciennement \u00e9tablis. On pourrait aussi continuer \u00e0 \u00e9grener l\u2019ordre d\u2019arriv\u00e9e de tous les autres comme pour \u00e9tablir un ordre de pr\u00e9s\u00e9ance. Pourtant, \u00e0 y regarder de pr\u00e8s, ceux qui revendiquent de\u00a0<strong>\u00ab l\u2019autochtonie \u00bb<\/strong>\u00a0s\u2019av\u00e8rent toujours, peut-\u00eatre sans le savoir, des\u00a0<strong>allog\u00e8nes<\/strong>\u00a0par rapport \u00e0 d\u2019autres. Peut-\u00eatre que tout le groupe n\u2019est autochtone, mais la personne qui parle et qui revendique son \u00ab autochtonie \u00bb devrait regarder son histoire familiale, sa g\u00e9n\u00e9alogie avant de revendiquer un statut qui n\u2019est peut-\u00eatre pas le sien.<\/p>\n<p>Et puis, un\u00a0<strong>\u00ab autochtone \u00bb<\/strong>\u00a0n\u2019a de droit de pr\u00e9s\u00e9ance que sur le sol qu\u2019il occupe et\/ou qu\u2019il exploite. Le reste de la terre appartient \u00e0 Dieu, si on est croyant ; \u00e0 l\u2019Etat si l\u2019on est partisan de Thomas HOBBES ; \u00e0 celui qui la met en valeur si l\u2019on est partisan de John LOCKE et \u00e0 personne si l\u2019on en croit Jean-Jacques<\/p>\n<p>ROUSSEAU.<\/p>\n<p>Certes, nous ne sommes pas venus tous \u00e0 la m\u00eame p\u00e9riode. Certains sont venus avant les autres, d\u2019autres sont venus apr\u00e8s d\u2019autres, d\u2019autres enfin sont venus plus tardivement que la plupart des uns et des autres.\u00a0<strong>Mais nous sommes tous venus en Guin\u00e9e avant le 2 octobre 1958<\/strong>, la seule date qui permet de distinguer le Guin\u00e9en et l\u2019\u00e9tranger. Car c\u2019est \u00e0 cette date que la Guin\u00e9e a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre \u00ab fran\u00e7aise \u00bb pour \u00eatre \u00ab guin\u00e9enne \u00bb. Et m\u00eame cette date, la loi permet de devenir \u00ab Guin\u00e9en \u00bb apr\u00e8s elle.<\/p>\n<p>Qu\u2019il me soit permis de demander \u00e0 ceux qui fixent la date de la\u00a0<em>\u00ab Guin\u00e9it\u00e9 \u00bb,<\/em>\u00a0d\u2019indiquer la date historique de migration qui int\u00e8gre et\/ou exclut, la date \u00e0 partir de laquelle un groupe pourrait \u00eatre moins \u00ab Guin\u00e9en \u00bb que les autres \u00ab Guin\u00e9ens \u00bb. Cette question est d\u2019autant plus importante qu\u2019il semble qu\u2019en 2022, on pouvait penser qu\u2019apr\u00e8s\u00a0<em>\u00ab l\u2019ivoirit\u00e9 \u00bb<\/em>\u00a0en C\u00f4te d\u2019Ivoire et ses affres politiques, sociaux et \u00e9conomiques ; l\u2019av\u00e8nement du\u00a0<em>\u00ab k\u00e9nyan \u00bb<\/em>\u00a0Barack OBAMA \u00e0 la pr\u00e9sidence des USA, du\u00a0<em>\u00ab hongrois \u00bb<\/em>\u00a0SARKOSY \u00e0 la pr\u00e9sidence dans le \u00ab royaume r\u00e9publicain \u00bb de la France, du\u00a0<em>\u00ab catalan \u00bb<\/em>\u00a0VALLS \u00e0 la primature du m\u00eame pays, de la\u00a0<em>\u00ab madril\u00e8ne \u00bb<\/em>\u00a0HIDALGO \u00e0 la mairie de la ville lumi\u00e8re, Paris\u00a0<em>\u00ab Paris outrag\u00e9 ! Paris bris\u00e9 ! Paris martyris\u00e9 ! Mais Paris lib\u00e9r\u00e9 ! \u00bb<a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftn52\"><sup><strong>[52]<\/strong><\/sup><\/a><\/em>, on \u00e9pargnerait \u00e0 la Guin\u00e9e la question de la\u00a0<em>\u00ab Guin\u00e9it\u00e9 \u00bb.<\/em><\/p>\n<p><strong>Quel chemin avons-nous emprunt\u00e9 ?<\/strong>\u00a0Pour l\u2019essentiel, les populations qui habitent le Foutah Djalon, la Basse Guin\u00e9e et certaines localit\u00e9s de la Guin\u00e9e Foresti\u00e8re ont toutes transit\u00e9 par les montagnes du Foutah Djalon en empruntant, presque, les m\u00eames chemins :\u00a0<em>les contreforts du mont Loura, les collines escarp\u00e9es entre Dinguiraye et Tougu\u00e9 avant d\u2019aller vers le Centre, l\u2019Ouest ou le Sud<\/em>.<\/p>\n<p>Celles qui auraient pass\u00e9 par le Centre ont certainement travers\u00e9 Lab\u00e9, Pita, T\u00e9lim\u00e9l\u00e9 et\/ou Gaoual avant de se rendre au bord de l\u2019Oc\u00e9an Atlantique. En allant vers le Nord-Ouest, elles ont arpent\u00e9 les montagnes de Guingan et de Termess\u00e9 avant de fouler le sable de Youkounkoun, de Koundara, de Sar\u00e9boido, de Koumbia avant de marcher sur les sols \u00ab bauxitiques \u00bb de W\u00e9doubourou, de Sangar\u00e9di et de Bok\u00e9. Celles qui ont emprunt\u00e9 le chemin de l\u2019Est ont d\u00fb souffrir sur le\u00a0<em>Bowal<\/em>\u00a0de Koubia et les vall\u00e9es escarp\u00e9es qui coupent le chemin entre Koladh\u00e8 et Ditinn, les pentes qui bordent Dinguiraye et les collines sur le chemin de la Guin\u00e9e Foresti\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Qui a fait quoi \u00e0 qui, comment et dans quelle circonstance ?<\/strong>\u00a0A cette interrogation, les mouvements migratoires montrent que chaque groupe a repouss\u00e9 son ou ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs avant de subir le m\u00eame sort par un nouveau groupe. Ces mouvements migratoires enseignent que la plupart des populations qui vivent actuellement en Guin\u00e9e ont trouv\u00e9 d\u2019autres populations qu\u2019elles ont refoul\u00e9es avant de se faire refouler par une autre vague migratoire :\u00a0<strong>chacune a \u00e9t\u00e9 accueillie, tol\u00e9r\u00e9e et install\u00e9e par la pr\u00e9c\u00e9dente, a collabor\u00e9 avant de s\u2019opposer \u00e0 celle qui l\u2019a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e, l\u2019a vaincue en attendant de subir le m\u00eame sort plusieurs si\u00e8cles plus tard par des nouveaux arrivants.<\/strong><\/p>\n<p>Les Soussou ont repouss\u00e9 les Mandenyi. Les Nalou, Baga, Landouma ont \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9s par les Dialonka vers la c\u00f4te avant de les rejoindre sous la pouss\u00e9e des Peul convertis \u00e0 l\u2019Islam. C\u2019est aussi les Dialonka qui auraient refoul\u00e9 les Kisia vers la Guin\u00e9e Foresti\u00e8re qui eux-m\u00eames ont repouss\u00e9 d\u2019autres pour s\u2019installer.<\/p>\n<p>Les Bambara et les Dialonka ont \u00e9t\u00e9 repouss\u00e9s de la Haute Guin\u00e9e par les Malink\u00e9 triomphants. En descendant plus au Sud, les Malink\u00e9 ont aussi repouss\u00e9 les Loma dans le Kerouan\u00e9 et les Kp\u00e8l\u00e8 dans le Beyla. Repouss\u00e9s par les Malink\u00e9, les Dialonka ont aussi, sur le chemin, repouss\u00e9 d\u2019autres peuples qui habitaient le Foutah Djalon avant de subir le m\u00eame sort avec l\u2019arriv\u00e9e du Peul islamis\u00e9 dans la r\u00e9gion.\u00a0 Qu\u2019il me soit permis de rappeler \u00e0 tous les Guin\u00e9ens et \u00e0 tous ceux qui parlent de la Guin\u00e9e sans la conna\u00eetre, qu\u2019il n\u2019y a en Guin\u00e9e que\u00a0<strong>deux groupes linguistiques<\/strong>\u00a0(deux familles de langues pour parler comme les linguistes) : le groupe\u00a0<strong>mand\u00e9<\/strong>\u00a0qui regroupe\u00a0<em>le maninka, le sosoxui, le dialonka, le lomagi, le kp\u00e8l\u00e8woo etc.<\/em>\u00a0et le groupe\u00a0<strong>atlantique<\/strong>\u00a0qui regroupe\u00a0<em>le tanda, le pular, le toucouleur, le kisi\u00e9i, le baga, le nalou<\/em>\u00a0et m\u00eame d\u2019autres langues de pays voisins comme\u00a0<em>le ouolof, le s\u00e9r\u00e8re, le diola<\/em>\u00a0au S\u00e9n\u00e9gal et le\u00a0<em>balante<\/em>\u00a0en Guin\u00e9e-Bissau.<\/p>\n<p>On peut donc dire qu\u2019au cours de leur histoire, les groupes humains qui constituent la mosa\u00efque humaine de la Guin\u00e9e se sont mis en place \u00e0 la suite de nombreux et vastes mouvements migratoires et de conqu\u00eates. Deux mod\u00e8les d\u2019implantation ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s :\u00a0<strong>soit par brassage, m\u00e9tissage et cohabitation de populations d\u2019origines g\u00e9ographiques diff\u00e9rentes ; soit par assimilation ou refoulement plus au<\/strong><\/p>\n<p><strong>Sud (Guin\u00e9e Foresti\u00e8re) ou plus \u00e0 l\u2019Ouest (sur la c\u00f4te) des anciens occupants par les nouveaux venus.<\/strong><\/p>\n<p><strong>Ces mouvements, ces processus de domination, de lib\u00e9ration, d\u2019\u00e9mancipation, d\u2019absorption et de diff\u00e9renciation, sont le propre de l\u2019histoire des peuples, de tous les peuples<\/strong>. Pour s\u2019en convaincre, il ne faut pas aller loin. Il suffit de lire l\u2019\u0153uvre d\u2019Ibn KHALDOUM, de son nom complet Abou Zeid AbdurRahman Bin Mohamad Bin Khaldoun al-Hadrami Muqaddima,\u00a0<em>\u00ab Introduction \u00e0 l\u2019histoire universelle \u00bb<\/em>\u00a0et le\u00a0<em>\u00ab Livre des consid\u00e9rations sur l\u2019histoire des Arabes, des Persans et des Berb\u00e8res \u00bb.<\/em>\u00a0Dans ces ouvrages, Ibn KHALDOUM d\u00e9voile le processus de prise de conscience, de mobilisation, de lutte et de prise de pouvoir et celui du d\u00e9clin de toutes les dynasties r\u00e9gnantes.<\/p>\n<p>On peut aussi lire l\u2019illustration de ce processus historique dans les deux tomes de Maurice DELAFOSSE sur l\u2019histoire des Empires, Royaumes et Etats dans l\u2019Afrique de l\u2019Ouest. On se rendra compte que tous les peuples qui composent la mosa\u00efque humaine de nos Etats de l\u2019Afrique de l\u2019Ouest ont chacun, \u00e0 une certaine p\u00e9riode, g\u00e9n\u00e9r\u00e9 des\u00a0<strong>grands hommes et une histoire respectable<\/strong>. Les Sonink\u00e9 (du VIII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0au XI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle dans l\u2019empire du GANA) ; les Almoravides ou Berb\u00e8re (du XI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0au XII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle) ; la dynastie Sonink\u00e9 des Askia (1493-1591) ; les Mossis (XI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0au XX<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle) avec l\u2019empire<\/p>\n<p>GOURMANTOHE, OUAGADOUGOU, YATENGA et FADANGOURMA ; la dynastie des<\/p>\n<p>NIAKATE, des DIAKHATE, DIAGATE, DIARISO et DOUKOURE (XI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0au XIII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle) dans le Royaume de DIARA ; la dynastie des DIAWARA (1270 \u00e0 1754) dans le Royaume de DIARA ; les Sonink\u00e9 dans le SOSO ou l\u2019empire du KANIAGA (XI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0au XIII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle) et les deux KANTE (Diaara et Soumangourou) ; les Malink\u00e9 avec l\u2019empire du MALI (XI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0au XVII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle) et la dynastie des KEITA ; Koli Tenguella BAH dans le TEKRUR (1555 \u00e0 1776) ; Le Foutah Djalon et ses Almamy (XVII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0au XIX<sup>\u00e8me<\/sup>) ; la dynastie des DIALLO (XV<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0au XIX<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle) et la dynastie des BARI (18101862) dans l\u2019empire Peul du MASSINA ; les Banmana de SEGOU et du KAARTA (XVII<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0au XIX<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle) ; les Toucouleur au XIX<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0avec El-haj-Oumar TALL et le Royaume Mandingue de Samory TOURE (XIX<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle).<\/p>\n<p>Nous venons de terminer un compte rendu de lecture sur la mise en place des populations guin\u00e9ennes. Nous n\u2019avons que le m\u00e9rite de la patience et de l\u2019\u00e9criture. Les erreurs et les confusions que l\u2019on trouvera sont les n\u00f4tres, pas celles des auteurs cit\u00e9s ni de ceux ont accept\u00e9 de corriger la version de base.<\/p>\n<p>Si des personnes plus avis\u00e9es que nous trouvent des incoh\u00e9rences, vous voudrez bien apporter les rectifications, car nous avons pris un risque \u00e9norme en \u00e9crivant dans un domaine qui n\u2019est pas de notre sp\u00e9cialit\u00e9 et qui est tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9 de notre \u00e9poque. Etre rectifi\u00e9 participe au processus d\u2019apprentissages.<\/p>\n<p>Pr. Alpha Amadou Bano BARRY<\/p>\n<p>(Ph. D ; Sociologie)<\/p>\n<p><strong>REFERENCE<\/strong><\/p>\n<p>Aliou WANN et Bubakar BA (1974) ; \u00ab Les relations entre le futa Djalon th\u00e9ocratique et les principaux royaumes de la Basse-c\u00f4te : des origines \u00e0 l\u2019implantation coloniale \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e. Aly Gilbert IFFONO (1975) \u00ab Histoire et civilisation du groupement des Kisia, des origines \u00e0 la colonisation \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Andr\u00e9 ARCIN (1911), Histoire de la Guin\u00e9e fran\u00e7aise, Editions Challamel, Paris.<\/p>\n<p>Andr\u00e9 ARCIN (1911), Histoire de la Guin\u00e9e fran\u00e7aise, Editions Challamel, Paris.<\/p>\n<p>Boubacar BARRY (1975) ; \u00ab Monographie historique du Diwal de Koyin, de la mise en place des populations \u00e0 l\u2019implantation coloniale \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Bruce MOUSSER (1999) ; \u00ab Qui \u00e9taient les Baga ? \u00bb, Perception europ\u00e9enne, 1793-1821, Paris, France. Charles Emmanuel SORRY (1974) ; \u00ab Monographie historique du Rio pongo du 15<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle \u00e0 la fin du 19<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Cheick Sidy Mohamed DIALLO (1975) ; \u00ab Contact de civilisations et brassage culturel dans le Fouta traditionnel \u00bb, DES, IPJNK, Kankan, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Chudeau Ren\u00e9. Le plateau mandingue. In: Annales de G\u00e9ographie. 1921, t. 30, n\u00b0167. pp. 362-373.<\/p>\n<p>Claude Halle (1960), \u00ab Notes sur Koly Tenguella, Olivier de Sanderval et les Ruines de GuemeSangan \u00bb,\u00a0<em>Recherches Africaines<\/em>, n<sup>o\u00a0<\/sup>1, janvier-mars 1960,<\/p>\n<p>Demba CONTE (1977) ; \u00ab Monographie historique du Moria, des origines \u00e0 l\u2019implantation coloniale fran\u00e7aise \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Denise PAULME (1956) ; \u00ab Structures sociales en pays baga Guin\u00e9e Fran\u00e7aise \u00bb Bulletin de Institut fran\u00e7ais, Afrique noire s\u00e9rie XVIII 1-2 1956, P 98-116.<\/p>\n<p>Djibril Tamsir NIANE (1960) ; \u00ab Mise en place des populations de la Haute-Guin\u00e9e \u00bb, Recherches africaines, Conakry. No. 2, avril. 1960. p. 40-53.<\/p>\n<p>Djibril Tamsir Niane, (1989) ; \u00ab Les Tenguella \u00bb, dans\u00a0<em>Histoire des Mandingues de l\u2019Ouest : le royaume du Gabou<\/em>, Karthala, Paris,<\/p>\n<p>Facinet BEAVOGUI (1974) ; \u00ab Etudes des structures \u00e9conomiques et sociales de la soci\u00e9t\u00e9 traditionnelles Loma \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>G.E. Howard (1904);\u00a0<em>\u00ab\u00a0<\/em>A History of matrimonial institutions \u00bb<em>,<\/em>\u00a0Chicago, Londres, University of Chicago Press, volume 3.<\/p>\n<p>G\u00e9rard GAILLARD (2000) ; \u00ab Migrations anciennes et peuplement actuel des c\u00f4tes guin\u00e9ennes \u00bb, l\u2019Harmattan, 5-7 rue de l\u2019Ecole Polytechnique, 75005, Paris, France.<\/p>\n<ul>\n<li>SMETS<em>\u00a0(1929) ; \u00ab\u00a0<\/em>Centre international de synth\u00e8se \u00bb, Fondation pour la Science<em>,\u00a0<\/em>n\u00b01, 1929 : 89.<\/li>\n<li>TECHER. ; (1933) ; \u00ab Coutumes des Tandas \u00bb, B.C.E.S.H. de l\u2019AOF, Octobre-d\u00e9cembre, Tome XIV, N\u00b04 : 630-666.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ibrahim Kalil TURE (1973) ; \u00ab Monographie historique de la ville de Keruwane : des origines \u00e0 l\u2019implantation coloniale fran\u00e7aise \u00bb, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Jean Jacques ROUSSEAU (1775), \u00ab Discours sur l\u2019in\u00e9galit\u00e9 et les fondements de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 parmi les hommes \u00bb, Bordas, 1985, Collection Univers des lettres Bordas, Paris.<\/p>\n<p>Jean SURET-CANALE (1970) ; \u00ab la R\u00e9publique de Guin\u00e9e \u00bb, \u00e9d. sociales, Paris.<\/p>\n<p>J\u00e9r\u00f4me DELAMOU (1979) ; \u00ab la monographie historique de la r\u00e9gion de N\u2019Z\u00e9r\u00e9kor\u00e9 : de l\u2019implantation coloniale \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Lanc\u00e9i KOUYATE (1978) ; \u00ab Contribution \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la soci\u00e9t\u00e9 traditionnelle du Wassulu pr\u00e9samorien \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Lestrange MONIQUE (de) (1956) ; \u00ab Les Cogniagui et les Bassari \u00bb, In: Population, 11e ann\u00e9e, n\u00b02, 1956 p. 374.<\/p>\n<p>Mahawa BANGOURA (1972) ; \u00ab Contribution \u00e0 l\u2019histoire des Sosoe du XVI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0au XIX<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Marcel GAUTHIER (1908) ; \u00ab Monographie du cercle de Lab\u00e9 \u00bb, Dossier N\u00b0 6, Archives nationales, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Marie Paul FERRY et Lansana SANDE (2000) ; \u00ab Le pass\u00e9 des langues : Tyapi autrefois, Kokoli aujourd\u2019hui \u00bb, sous la direction de G. GAILLARD in \u00ab Migrations anciennes et peuplement actuel des c\u00f4tes guin\u00e9ennes \u00bb, l\u2019Harmattan, 5-7 rue de l\u2019Ecole Polytechnique, 75005, Paris, France.<\/p>\n<p>Maurice DELAFOSSE (1912) ; \u00ab Haut-S\u00e9n\u00e9gal-Niger, Le pays, les peuples, les langues, l\u2019histoire, les civilisations \u00bb, Emile Larose, Paris, France.<\/p>\n<p>M\u2019Bala Friki CAMARA (1980) ; \u00ab Monographie historique de la Guin\u00e9e Foresti\u00e8re : des origines \u00e0 l\u2019implantation coloniale \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Moussa FOFANA (2014) ; \u00ab La dispersion des Foulas \u00bb,\u00a0<em>Soninkara.com\u00a0<\/em>; Le portail du peuple Sonink\u00e9, Malib (Maliweb).<\/p>\n<p>Muriel DEVEY (2009) ; R\u00e9n\u00e9 CAILLE aurait \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9 par l\u2019ardeur au travail et les soins que les Wassoulonk\u00e9 apportaient aux champs.<\/p>\n<p>Nay DYENG et Mundekeno SAA (1972) ; \u00ab La r\u00e9sistance K\u00f6nyagui \u00e0 la p\u00e9n\u00e9tration fran\u00e7aise de 19021904 \u00bb, DES, IPK, Kankan, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Oumar Kane,\u00a0<em>La premi\u00e8re h\u00e9g\u00e9monie Peule : le Fuuta Tooro de Koli Te\u014bella \u00e0 Almaami Abdul<\/em>, Karthala, Presses universitaires de Dakar, 2004,<\/p>\n<p>Paul PELISSIER (1996) ; \u00ab Campagnes africaines en devenir \u00bb, Cahiers d\u2019\u00e9tudes africaines, Ann\u00e9e 1996, Volume 36, Num\u00e9ro 143, p. 540\u2013543.<\/p>\n<p>P\u00e9p\u00e9 Pierre CAMARA (1970) ; \u00ab La p\u00e9n\u00e9tration coloniale dans la r\u00e9gion de N\u2019Z\u00e9r\u00e9kor\u00e9 \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>Pierre Smith (1965) ; \u00ab Notes sur l\u2019organisation sociale des Diakank\u00e9. Aspects particuliers \u00e0 la r\u00e9gion de K\u00e9dougou \u00bb,\u00a0<em>Cahiers du Centre de recherches anthropologiques<\/em>, n\u00b0 4, pp. 263-302.<\/p>\n<p>Rouguyatou DIALLO (1974) ; \u00ab Monographie historique du Bagatay de la r\u00e9gion administrative de Bok\u00e9 des origines \u00e0 1958 \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p>S\u00e9k\u00e9n\u00e9 Mody CISSOKO (1981) ; \u00ab De l\u2019organisation politique du Kabu \u00bb,Ethiopiques, Revue N\u00e9groafricaine de Litt\u00e9rature et de philosophie, num\u00e9ro 28 num\u00e9ro sp\u00e9cial.<\/p>\n<p>Zainoul SANUSSI (1969) ; \u00ab Civilisations et histoire des Nalou, du 18<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle \u00e0 la conqu\u00eate coloniale fran\u00e7aise \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<hr class=\"wp-block-separator\" \/>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref1\">[1]<\/a>\u00a0Jean Jacques ROUSSEAU (1775), \u00ab Discours sur l\u2019in\u00e9galit\u00e9 et les fondements de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 parmi les hommes \u00bb, Bordas, 1985, Collection Univers des lettres Bordas, Paris.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref2\">[2]<\/a>\u00a0Je suis sociologue et de formation et d\u2019activit\u00e9s.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref3\">[3]<\/a>\u00a0<em>G.\u00a0<\/em>SMETS<em>\u00a0(1929) ; \u00ab\u00a0<\/em>Centre international de synth\u00e8se \u00bb, Fondation pour la Science<em>,\u00a0<\/em>n\u00b01, 1929 : 89.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref4\">[4]<\/a>\u00a0G. E. Howard (1904);\u00a0<em>\u00ab\u00a0<\/em>A History of matrimonial institutions \u00bb<em>,<\/em>\u00a0Chicago, Londres, University of Chicago Press, volume 3, P : 7.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref5\">[5]<\/a>\u00a0C\u2019est aussi le moment de rendre hommage \u00e0 des linguistes, des litt\u00e9raires et des historiens qui ont accept\u00e9 de lire et de corriger cet article avant sa publication. A eux, je nous disons merci.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref6\">[6]<\/a>\u00a0Boubacar BARRY (1975) ; \u00ab Monographie historique du Diwal de Koyin, de la mise en place des populations \u00e0 l\u2019implantation coloniale \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e. Cet auteur n\u2019est naturellement pas \u00e0 confondre avec le Professeur Boubacar BARRY de l\u2019Universit\u00e9 Cheikh Anta Diop de Dakar (S\u00e9n\u00e9gal).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref7\">[7]<\/a>\u00a0Djibril Tamsir NIANE (1960) ; \u00ab Mise en place des populations de la Haute-Guin\u00e9e \u00bb, Recherches Africaines, Conakry. No. 2, avril. 1960. pp. 40-53.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref8\">[8]<\/a>\u00a0Maurice DELAFOSSE (1912) ; \u00ab Haut-S\u00e9n\u00e9gal-Niger, Le pays, les peuples, les langues, l\u2019histoire, les civilisations \u00bb, Emile Larose, Paris, France.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref9\">[9]<\/a>\u00a0Zainoul A. SANUSSI (1969) ; \u00ab Civilisations et histoire des Nalou, du 18<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle \u00e0 la conqu\u00eate coloniale fran\u00e7aise \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref10\">[10]<\/a>\u00a0Andr\u00e9 ARCIN (1911), Histoire de la Guin\u00e9e fran\u00e7aise, Editions Challamel, Paris.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref11\">[11]<\/a>\u00a0Demba CONTE (1977) ; \u00ab Monographie historique du Moria, des origines \u00e0 l\u2019implantation coloniale fran\u00e7aise \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref12\">[12]<\/a>\u00a0Mahawa BANGOURA (1972) ; \u00ab Contribution \u00e0 l\u2019histoire des Sosoe du XVI<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0au XIX<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref13\">[13]<\/a>\u00a0Jean SURET-CANALE (1970) ; \u00ab la R\u00e9publique de Guin\u00e9e \u00bb, \u00e9d. sociales, Paris.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref14\">[14]<\/a>\u00a0Cheick Sidi Mohamed DIALLO (1975) ; \u00ab Contact de civilisations et brassage culturel dans le Foutah traditionnel \u00bb, DES, IPTJNK, Kankan, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref15\">[15]<\/a>\u00a0M. GAUTHIER (1908) ; \u00ab Monographie du cercle de Lab\u00e9 \u00bb, Dossier N\u00b0 6, Archives nationales, Conakry, Guin\u00e9e.\u00a0<sup>16<\/sup>Charles Emmanuel SORRY (1974) ; \u00ab Monographie historique du Rio pongo du 15<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle \u00e0 la fin du 19<sup>\u00e8me<\/sup>\u00a0si\u00e8cle \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref16\">[16]<\/a>\u00a0Il est m\u00eame possible que ceux qui appartiennent \u00e0 des castes ne l\u2019\u00e9taient pas avant la constitution et la consolidation de l\u2019empire du Mali. Les travaux de Maurice DELAFOSSE montrent que, par exemple, l\u2019existence d\u2019une dynastie DIAWARA dont les descendants non pas eu le m\u00eame statut \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019empire du Mali.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref17\">[17]<\/a>\u00a0Seuls ceux qui n\u2019auront pas accept\u00e9 d\u2019embrasser l\u2019Islam pr\u00f4n\u00e9 par les Peul musulmans apr\u00e8s leur victoire sur les nonmusulmans en majorit\u00e9 Djallonke et Pullis \u00e0 la bataille de Talansan en 1725, vont quitter le pays.\u00a0<sup>19<\/sup>Bruce MOUSSER (1999) ; \u00ab Qui \u00e9taient les Baga ? \u00bb, Perception europ\u00e9enne, 1793-1821, Paris, France.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref18\">[18]<\/a>\u00a0Ce cours a eu plusieurs titulaires avec plusieurs intitul\u00e9s. Le dernier intitul\u00e9 du cours est :\u00a0<em>\u00ab histoire de Guin\u00e9e : de la mise en place des populations \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance \u00bb\u00a0<\/em>et n\u2019est h\u00e9las dispens\u00e9 qu\u2019au sein du d\u00e9partement d\u2019Histoire.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref19\">[19]<\/a>\u00a0Denise PAULME (1956) ; \u00ab Structures sociales en pays baga Guin\u00e9e Fran\u00e7aise \u00bb Bulletin de Institut fran\u00e7ais, Afrique noire s\u00e9rie XVIII 1-2 1956, P 98-116.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref20\">[20]<\/a>\u00a0Marie Paul FERRY et Lansana SANDE (2000) ; \u00ab Le pass\u00e9 des langues : Tyapi autrefois, Kokoli aujourd\u2019hui \u00bb, sous la direction de G. GAILLARD in \u00ab Migrations anciennes et peuplement actuel des c\u00f4tes guin\u00e9ennes \u00bb, l\u2019Harmattan, 5-7 rue de l\u2019Ecole Polytechnique, 75005, Paris, France.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref21\">[21]<\/a>\u00a0Paul PELISSIER (1996) ; \u00ab Campagnes africaines en devenir \u00bb, Cahiers d\u2019\u00e9tudes africaines, Ann\u00e9e 1996, Volume 36, Num\u00e9ro 143, p. 540\u2013543.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref22\">[22]<\/a>\u00a0Aliou WANN et Bubakar BA (1974) ; \u00ab Les relations entre le futa Djalon th\u00e9ocratique et les principaux royaumes de la Basse-c\u00f4te : des origines \u00e0 l\u2019implantation coloniale \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref23\">[23]<\/a>\u00a0Rouguyatou DIALLO (1974) ; \u00ab Monographie historique du Bagatay de la r\u00e9gion administrative de Bok\u00e9 des origines \u00e0 1958 \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref24\">[24]<\/a>\u00a0Naye DYENG et Mundekeno SAA (1972) ; \u00ab La r\u00e9sistance K\u00f6nyagui \u00e0 la p\u00e9n\u00e9tration fran\u00e7aise de 1902-1904 \u00bb, DES, IPK, Kankan, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref25\">[25]<\/a>\u00a0Cette interpr\u00e9tation pose plus de questions que de r\u00e9ponses. Chez les Peul de Guin\u00e9e, le mot \u00ab Tanda \u00bb est un adjectif qui sert habituellement \u00e0 d\u00e9signer une personne qui est souvent torse nue. Cependant, dans le pular \u00ab \u00eatre nu \u00bb ne se dit pas \u00ab Tanda \u00bb, mais \u00ab bhorti \u00bb. Il se pourrait que le mot \u00ab Tanda \u00bb, pour d\u00e9signer ce peuple, ne provienne pas des Peul. Mais les Peul utilisent le nom de ce groupe comme un adjectif pour d\u00e9signer des attitudes au sein de son propre groupe :\u00a0<strong>\u00ab lorsqu\u2019un Peul est torse nu, on dit de lui qu\u2019il est un Tanda \u00bb.<\/strong><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref26\">[26]<\/a>\u00a0Lestrange MONIQUE (de) (1956) ; \u00ab Les Cogniagui et les Bassari \u00bb, In: Population, 11e ann\u00e9e, n\u00b02, 1956 p. 374.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref27\">[27]<\/a>\u00a0Il est difficile de d\u00e9terminer d\u2019o\u00f9 vient ce nom de \u00ab pulli \u00bb. Dans le pular actuel des Peul de Guin\u00e9e, le mot \u00ab puuli \u00bb veut dire un albinos. Il est aussi possible que ce mot \u00ab puuli \u00bb ait \u00e9t\u00e9 mal orthographi\u00e9 phon\u00e9tiquement. Il pourrait signifier tout<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref28\">[28]<\/a>\u00a0Il existait\u00a0<strong>deux pol\u00e9miques sur Koli Tenguella<\/strong>. Pour certains, il serait descendant, par sa m\u00e8re de Nana KEITA, fille de Soundiata KEITA le fondateur de l\u2019empire du Mali. Pour d\u2019autres, Koli Tenguella n\u2019aurait aucun lien avec Soundiata. Son lien avec Soundiata ne serait que la volont\u00e9 des personnes de cette \u00e9poque \u00e0 forger un pass\u00e9 glorieux derri\u00e8re un anc\u00eatre qu\u2019on veut rendre exceptionnel. La seconde pol\u00e9mique est plus r\u00e9cente et est propos\u00e9e par G\u00e9rard GAILLARD (2000) qui consid\u00e8re que Koli et Tenguela sont deux personnes diff\u00e9rentes. Si telle hypoth\u00e8se \u00e9tait vraie, comment expliquer qu\u2019une seule personne soit arriv\u00e9e au Tekrur et y a fond\u00e9 un Etat et une dynastie sans le second ?<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref29\">[29]<\/a>\u00a0On pourra lire avec beaucoup d\u2019int\u00e9r\u00eat, Claude Halle (1960), \u00ab Notes sur Koli Tenguella, Olivier de Sanderval et les Ruines de Gueme-Sangan \u00bb,\u00a0<em>Recherches Africaines<\/em>, n<sup>o<\/sup>\u00a01, janvier-mars 1960, Oumar Kane,\u00a0<em>La premi\u00e8re h\u00e9g\u00e9monie Peule : le Fuuta Tooro de Koli Te\u014bella \u00e0 Almaami Abdul<\/em>, Karthala, Presses universitaires de Dakar, 2004, et Djibril Tamsir Niane, \u00ab Les Tenguella \u00bb, dans\u00a0<em>Histoire des Mandingues de l\u2019Ouest : le royaume du Gabou<\/em>, Karthala, Paris, 1989.\u00a0<sup>32<\/sup>Pluriel de \u00ab Denianke \u00bb qui est la g\u00e9n\u00e9alogie des BAH.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref30\">[30]<\/a>\u00a0Cheick Sidi Mohamed DIALLO (1975) ; \u00ab Contact de civilisations et brassage culturel dans le Fouta traditionnel \u00bb, DES, IPTJNK, Kankan, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref31\">[31]<\/a>\u00a0L\u2019auteur de cet article est du clan des\u00a0<em>Day\u00e8bh\u00e8<\/em>\u00a0<em>\u00ab qui est connu sous les noms de BARI, SANGARE (chez les Wassoulonk\u00e8), et qui correspond au clan Toucouleur des SY et au clan Mand\u00e9 des SISSE \u00bb<\/em>\u00a0(Maurice DELAFOSSE, 1912 : 231) et du lignage des\u00a0<em>\u00ab Wouyaabh\u00e8 de Daara Lab\u00e9 \u00bb.<\/em>\u00a0Mon a\u00efeux patriarcal le plus ancien connu de mon lignage se nomme\u00a0<em>Moussa Diaga<\/em>\u00a0qui lui-m\u00eame est le p\u00e8re\u00a0<em>Hamady Path\u00e9 Ba\u00eelo.<\/em>\u00a0C\u2019est le fils de ce dernier du nom de\u00a0<em>Moussa Tanga<\/em>\u00a0(connu sous le nom de\u00a0<em>Bambari BARI<\/em>) qui aurait quitt\u00e9 le\u00a0<strong>Fuuta Kingi dans le Bakounou (entre Nioro et Diara)<\/strong>\u00a0pour p\u00e9n\u00e9trer par Dinguiraye (Baylo) et se fixer \u00e0 Timbo. Son fils du nom\u00a0<em>d\u2019Ousmane Djalaaheera<\/em>\u00a0fera le trajet de Timbo \u00e0 Lab\u00e9 et se fixera \u00e0 Daara Lab\u00e9 et aura trois fils : deux seront tu\u00e9s par les pa\u00efens. C\u2019est le troisi\u00e8me du nom de\u00a0<em>Mamadou Dewo Allah<\/em>\u00a0qui survivra et aura trois gar\u00e7ons dont le troisi\u00e8me et le plus jeune d\u00e9nomm\u00e9\u00a0<em>Moussa Tafsir<\/em>\u00a0fera les \u00e9tudes coraniques dans le\u00a0<em>Bhoundu<\/em>\u00a0(S\u00e9n\u00e9gal actuel), avec\u00a0<em>Alpha Mamadou Cellou<\/em>\u00a0(futur Karamoko Alpha mo Lab\u00e9) et\u00a0<em>Alpha Amadou Kollad\u00e9\u00a0<\/em>(cinqui\u00e8me Almamy du Foutah Djalon), et sera le fondateur de la mosqu\u00e9e de mon village. Entre Moussa Diaga et moi, il y a eu\u00a0<strong>10 ascendants<\/strong>\u00a0que sont dans l\u2019ordre :\u00a0<em>Hamady Path\u00e9 Ba\u00eelo<\/em>,\u00a0<em>Moussa Tanga<\/em>\u00a0connu sous le nom de\u00a0<em>Bambari BARI<\/em>),\u00a0<em>Ousmane Djalaaheera<\/em>,\u00a0<em>Mamadou Dewo Allah<\/em>, Mousa Tafsir,\u00a0<em>Mamadou Billo, Aliou Zainoul, Mamadou Kolon (qui dirigea Daara Lab\u00e9 plus de 50 ans)\u00a0<\/em>fr\u00e8re<em>\u00a0d\u2019Alpha Oumar Rafiou\u00a0<\/em>(l\u2019un des \u00e9rudits du Foutah Djalon)<em>, Alpha Abdoul Gadiri (chef de canton de Sanoun), Mamadou Kolon\u00a0<\/em>et moi-m\u00eame (Alpha Amadou Bano).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref32\">[32]<\/a>\u00a0G\u00e9rard GAILLARD (2000) ; \u00ab Migrations anciennes et peuplement actuel des c\u00f4tes guin\u00e9ennes \u00bb, l\u2019Harmattan, 5-7 rue de l\u2019Ecole Polytechnique, 75005, Paris, France.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref33\">[33]<\/a>\u00a0Djibril Tamsir NIANE (1989) ; \u00ab Histoire Des Mandingues De L\u2019ouest \u2013 Le Royaume Du Gabou \u00bb, Khartala, Paris, France.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref34\">[34]<\/a>\u00a0Etymologiquement, village des Peul.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref35\">[35]<\/a>\u00a0Bamanakan est la langue des Bambara.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref36\">[36]<\/a>\u00a0Lanc\u00e9i KOUYATE (1978) ; \u00ab Contribution \u00e0 l\u2019\u00e9tude de la soci\u00e9t\u00e9 traditionnelle du Wassulu pr\u00e9samorien \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref37\">[37]<\/a>\u00a0Selon Muriel DEVEY (2009) ; R\u00e9n\u00e9 CAILLE aurait \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9 par l\u2019ardeur au travail et les soins que les Wassoulonk\u00e9 apportaient aux champs.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref38\">[38]<\/a>\u00a0Avec leurs b\u0153ufs et leurs g\u00e9nisses, les DIALLO, DIAKITE, SIDIBE et SANGARE s\u2019installent ; mais ils d\u00e9campent aussi vite.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref39\">[39]<\/a>\u00a0Pierre Smith (1965) ; \u00ab Notes sur l\u2019organisation sociale des Diakank\u00e9. Aspects particuliers \u00e0 la r\u00e9gion de K\u00e9dougou \u00bb,\u00a0<em>Cahiers du Centre de recherches anthropologiques<\/em>, n\u00b0 4, pp. 263-302.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref40\">[40]<\/a>\u00a0Les quatre foyers de base des Diakanka.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref41\">[41]<\/a>\u00a0Mand\u00e9, Mandingue ou Mali, pays d\u2019origine des Mandingue ou Malink\u00e9 serait le nom du pays du roi \u00ab lion \u00bb : Soundiata KEITA.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref42\">[42]<\/a>\u00a0S\u00e9k\u00e9n\u00e9 Mody CISSOKO (1981) ; \u00ab De l\u2019organisation politique du Kabu \u00bb,Ethiopiques, Revue N\u00e9gro-africaine de Litt\u00e9rature et de philosophie, num\u00e9ro 28 num\u00e9ro sp\u00e9cial.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref43\">[43]<\/a>\u00a0La province de Bat\u00e9 est le principal centre religieux de la Haute-Guin\u00e9e. Dans cette province, c\u2019est Kankan qui tient le premier r\u00f4le et o\u00f9 r\u00e9sident les membres de la famille ch\u00e9rifienne parmi lesquels se recrutent l\u2019Imam, le Cheikh de la HauteGuin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref44\">[44]<\/a>\u00a0Le Bat\u00e9 est compos\u00e9 de deux mots : Ba qui signifie fleuve et T\u00e9 entre (entre les fleuves), c\u2019est-\u00e0-dire entre les fleuves que l\u2019on d\u00e9signe dans la g\u00e9ographie officielle de la Guin\u00e9e le Milo et le Sankarani (Djon).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref45\">[45]<\/a>\u00a0Ibrahim Kalil TURE (1973) ; \u00ab Monographie historique de la ville de Keruwane : des origines \u00e0 l\u2019implantation coloniale fran\u00e7aise \u00bb, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref46\">[46]<\/a>\u00a0M\u2019Bala Friki CAMARA (1980) ; \u00ab Monographie historique de la Guin\u00e9e Foresti\u00e8re : des origines \u00e0 l\u2019implantation coloniale \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref47\">[47]<\/a>\u00a0Aly Gilbert IFFONO (1975) \u00ab Histoire et civilisation du groupement des Kisia, des origines \u00e0 la colonisation \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref48\">[48]<\/a>\u00a0Jean SURET-CANALE (1971) ; \u00ab Afrique Noire, l\u2019\u00e8re coloniale, 1900\u20131945 \u00bb, Editions sociales, Paris.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref49\">[49]<\/a>\u00a0Facinet BEAVOGUI (1974) ; \u00ab Etudes des structures \u00e9conomiques et sociales de la soci\u00e9t\u00e9 traditionnelles Loma \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref50\">[50]<\/a>\u00a0P\u00e9p\u00e9 Pierre CAMARA (1970) ; \u00ab La p\u00e9n\u00e9tration coloniale dans la r\u00e9gion de N\u2019Z\u00e9r\u00e9kor\u00e9 \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref51\">[51]<\/a>\u00a0Jerome DELAMOU (1979) ; \u00ab la monographie historique de la r\u00e9gion de N\u2019Z\u00e9r\u00e9kor\u00e9 : de l\u2019implantation coloniale \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance \u00bb, DES, IPGAN, Conakry, Guin\u00e9e.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/mediaguinee.org\/comment-la-guinee-a-t-elle-ete-peuplee-par-pr-alpha-amadou-bano-barry\/#_ftnref52\">[52]<\/a>\u00a0Discours du G\u00e9n\u00e9ral De Gaulle \u00e0 la mairie de Paris \u00e0 la lib\u00e9ration de Paris lors de la seconde guerre mondiale.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab Le premier qui ayant enclos un terrain s\u2019avisa de dire : Ceci est \u00e0 moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de mis\u00e8res et d\u2019horreurs n\u2019e\u00fbt point \u00e9pargn\u00e9s au genre humain celui qui, arrachant les [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":15792,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[4],"tags":[],"class_list":["post-15791","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-actu"],"jetpack-related-posts":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/liberationinfo.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/Dr-Bano.jpg?fit=864%2C686&ssl=1","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15791","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=15791"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/15791\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media\/15792"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=15791"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=15791"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/liberationinfo.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=15791"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}