Ousmane Sonko n’a pas mâché ses mots ce samedi, en marge d’une cérémonie de vente de cartes de son parti. Le leader de Pastef a ouvertement remis en cause l’annonce du président Bassirou Diomaye Faye concernant la tenue d’un référendum sur la révision constitutionnelle, qu’il considère comme une manœuvre dilatoire. « Du tapalé pour gagner du temps », a-t-il lancé, estimant que les autorités n’ont aucune intention réelle d’organiser cette consultation populaire.
Cette déclaration traduit un scepticisme profond face au processus engagé et met en lumière l’absence de visibilité sur un calendrier précis, dans un contexte où les débats autour de la réforme constitutionnelle restent vifs. Sonko a interpellé ses adversaires politiques, les invitant à demander des clarifications, tout en affirmant que les Sénégalais ont besoin de transparence et de lisibilité sur ce projet.
Au-delà de la critique, le leader de Pastef cherche à repositionner son camp comme garant de la transparence démocratique, transformant le doute en arme politique et affichant sa confiance dans les échéances électorales à venir. Convaincu que son parti et ses alliés sortiront victorieux de toute compétition, qu’il s’agisse d’un éventuel référendum, des locales, des législatives ou de la présidentielle de 2029, Sonko oppose à la stratégie présumée dilatoire du pouvoir une posture de force et de certitude.
Ce bras de fer illustre un affrontement narratif, d’un côté, Bassirou Diomaye Faye tente d’imposer l’idée d’une réforme constitutionnelle légitime, de l’autre, Sonko dénonce une diversion politique. Le véritable enjeu réside dans la capacité de chaque camp à convaincre l’opinion publique, car si le référendum est organisé, il deviendra un test grandeur nature de la confiance des Sénégalais envers leurs institutions, et s’il ne l’est pas, la critique de Sonko prendra des allures de prophétie politique.












