C’est un retour par la grande porte pour celle que l’on surnomme la « réformatrice ». Par décret présidentiel, Madame Fatima Camara a été officiellement nommée à la tête du Ministère de la Pêche et de l’Économie maritime. Elle succède ainsi à M. Fassou Théa, à qui elle avait elle-même cédé le témoin un an plus tôt. Ce jeu de chaises musicales confirme la confiance renouvelée et absolue du Chef de l’État envers cette haute responsable publique, saluée pour son efficacité lors de ses récentes fonctions au ministère de l’Industrie et du Commerce. Ce mercredi 29 juillet 2026, la nouvelle ministre des pêches, Fatima Camara a été officiellement installée en présence de son prédécesseur Fassou Théa.
Ce retour aux sources n’est pas un hasard. Lors de son premier passage à la tête du secteur halieutique guinéen, Fatima Camara avait profondément marqué les esprits par son dynamisme et sa capacité à mobiliser les partenaires internationaux.
Elle s’était notamment illustrée sur la scène internationale lors de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC3) à Nice, en décrochant une enveloppe historique de 128 millions de dollars destinée au financement du projet national « KOUNKI ». Ce financement, porté de concert avec la Banque Mondiale et l’Agence Française de Développement, visait à moderniser les infrastructures de pêche et à renforcer la résilience des chaînes de valeur locales.
En outre, son leadership avait permis à la Guinée d’assurer la présidence de la Comhafat (Conférence ministérielle sur la coopération halieutique entre les États africains riverains de l’océan Atlantique), portant la voix de 22 pays africains.
Au-delà de la continuité de ses réformes antérieures, Fatima Camara hérite d’un secteur confronté à d’immenses enjeux économiques et structurels. Sa feuille de route s’articule autour de plusieurs priorités urgentes :
Maximisation des recettes : Accroître de manière transparente la contribution du secteur halieutique au budget national.
Modernisation artisanale : Soutenir l’autonomisation et les conditions de travail des femmes fumeuses et vendeuses de poisson, piliers de la distribution locale.
Protection de la biodiversité : Lutter rigoureusement contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) dans les eaux territoriales guinéennes.
Infrastructures portuaires : Accélérer les chantiers de construction de ports de débarquement modernes répondant aux normes internationales.
Diplômée en sciences juridiques et ancienne boursière du prestigieux programme Mandela Washington Fellowship, Fatima Camara s’impose aujourd’hui comme une figure incontournable de la gouvernance guinéenne. Son passage éclair mais structurant au ministère de l’Industrie et du Commerce — marqué par l’organisation de la Semaine du financement des entreprises guinéennes (SFEG) — prouve sa polyvalence sectorielle et sa vision pragmatique du développement.
Pour les acteurs de la pêche artisanale et industrielle, ce retour suscite une vague d’optimisme. Sa connaissance pointue des dossiers en cours devrait permettre d’éviter les temps d’adaptation habituels et de relancer immédiatement les grands chantiers de l’économie bleue.












