
CONAKRY – Plongé dans le noir absolu depuis trois jours, le quartier Kénien, situé dans la commune de Dixinn, a basculé dans la colère. Lassés des promesses non tenues et excédés par une coupure d’électricité persistante, des dizaines de jeunes sont descendus spontanément dans les rues pour exprimer leur ras-le-bol face à ce qu’ils qualifient de « mépris » de la part de la société Électricité de Guinée (EDG).
Dès les premières heures de la contestation, l’axe routier principal traversant la zone a été complètement paralysé. Des pneus enflammés, des blocs de pierre et des barricades de fortune ont été érigés sur la chaussée, bloquant toute circulation et plongeant le secteur routier environnant dans un embouteillage monstre.
« Pas de courant, pas de paix ! »
Dans la foule des manifestants, le mot d’ordre est unique et scandé à l’unisson : le retour immédiat du courant électrique. Pour ces habitants, la situation est devenue invivable.
« Cela fait trois jours entiers que nos activités sont aux arrêts. Les denrées pourrissent dans les réfrigérateurs, nos ateliers ne peuvent plus tourner, et l’obscurité favorise l’insécurité. Nous payons nos factures, nous exigeons notre électricité ! », s’emporte un jeune manifestant, la voix enrouée par la colère et la fumée des pneus brûlés.
La colère des citoyens de Kénien s’inscrit dans un climat social déjà lourd à Conakry. Ces derniers temps, plusieurs autres secteurs de la capitale et des préfectures environnantes, à l’image de Dixinn, Nongo ou encore Coyah, ont été le théâtre de soulèvements similaires contre la dégradation de la desserte électrique.
Un ras-le-bol généralisé face aux pannes techniques
Du côté d’EDG, les explications habituelles oscillent généralement entre des « travaux de maintenance » et des « incidents techniques sur les départs » qui alimentent les lignes résidentielles. Des arguments qui ne parviennent plus à convaincre des populations à bout de patience.
À Kénien, le face-à-face entre les jeunes et les usagers de la route est resté tendu. Les manifestants affirment qu’ils ne libéreront pas les voies de circulation tant qu’un signal fort ou une équipe technique ne sera pas dépêchée pour résoudre définitivement la panne qui les prive de lumière.
Ce nouveau coup de sang des jeunes met une fois de plus en lumière le défi chronique de la desserte énergétique en Guinée, où le retour de l’obscurité rime de plus en plus avec la paralysie de la rue.
LaRédaction











