La crise anglophone continue de meurtrir le Cameroun. Depuis près d’une décennie, les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest vivent au rythme des affrontements entre groupes séparatistes et forces gouvernementales. Des vies brisées, des familles dispersées, des écoles fermées, une économie locale asphyxiée : le bilan humain et social reste lourd.
Dans ce climat de tension persistante, certaines voix refusent de céder à la fatalité de la violence. Celle du Dr David Makongo s’impose comme l’une des plus constantes. Avocat d’affaires international, médiateur et philanthrope, il défend, contre vents et marées, une résolution non violente du conflit.
Refuser la logique des armes.
Dès les premières heures de la crise, le Dr Makongo s’est publiquement opposé au recours aux armes comme moyen de revendication. Pour lui, l’histoire l’enseigne : les conflits armés prolongent les souffrances et compliquent la réconciliation. Sa position est claire : le dialogue, la négociation et la médiation doivent primer. Il appelle les différentes parties à dépasser les postures idéologiques pour privilégier une approche pragmatique, centrée sur la protection des civils et la reconstruction du lien social.
Cette posture, parfois isolée dans un environnement polarisé, n’a pourtant jamais varié. Elle repose sur une conviction profonde : aucune victoire obtenue par la violence ne garantit une paix durable.
L’humanitaire comme socle
Au-delà du discours, l’engagement du Dr Makongo se traduit par des actions concrètes à travers la Fondation Makongo pour les communautés africaines (MAFAC). L’organisation intervient auprès des populations affectées, sans distinction d’appartenance politique ou communautaire.
Des salles de classe ont été construites pour des réfugiés au Nigeria. Une assistance a été apportée à des victimes cherchant l’asile au Ghana. Ces initiatives illustrent une philosophie simple : soulager d’abord la souffrance humaine, condition préalable à toute solution politique.
Dans un conflit marqué par la méfiance et les accusations mutuelles, cette neutralité humanitaire envoie un message fort : la dignité humaine ne se négocie pas.
L’unité, clé de voûte de la sortie de crise
Dans son ouvrage David Defeats Goliath, notamment au chapitre Our Weapons of Battle: Unity is Strength, le Dr Makongo développe une réflexion sur la puissance du collectif. Il estime que la fragmentation interne constitue l’un des principaux obstacles à une issue favorable.
Les divisions au sein du leadership anglophone, les rivalités de stratégie et les ambitions concurrentes ont, selon lui, affaibli la cohérence du mouvement. Cette désunion, combinée aux stratégies politiques du pouvoir central, a accentué la vulnérabilité des populations concernées.
Pour le Dr Makongo, l’unité ne signifie pas uniformité. Elle implique la capacité de transcender les intérêts individuels pour défendre un objectif commun supérieur : la paix et la justice.
Une vision au-delà des frontières
Le plaidoyer du Dr Makongo dépasse la seule crise camerounaise. Il s’inscrit dans une réflexion plus large sur les mécanismes africains de résolution des conflits. À l’heure où plusieurs États du continent sont confrontés à des tensions internes, son approche privilégie la médiation, l’inclusion et la responsabilité collective.
Son message trouve un écho particulier auprès de la jeunesse, lassée des cycles de violence. Il propose une alternative : transformer les frustrations en dialogue structuré, substituer à la confrontation armée une stratégie de négociation soutenue et crédible.
Une interpellation collective
Le Cameroun reste à la croisée des chemins. La poursuite de l’affrontement risque d’enraciner davantage les divisions. À l’inverse, un engagement sincère en faveur du dialogue pourrait ouvrir une nouvelle séquence politique.
La voix du Dr David Makongo rappelle que la paix ne naît pas d’un rapport de force, mais d’une volonté partagée. Son appel à l’unité, à la compassion et à la non-violence constitue une invitation à repenser les méthodes et les priorités.
Dans une région éprouvée, la non-violence n’est pas un signe de faiblesse. Elle peut devenir l’acte fondateur d’une reconstruction durable. Reste à savoir si les acteurs du conflit sauront entendre cette voie et transformer l’espérance en réalité.
Par Ibrahima NDIAYE











