Il est des dates qui cessent d’être de simples repères du calendrier pour devenir des lignes de vie. Le 6 février est de celles-là. Pour le Dr Morissanda Kouyaté, ministre des Affaires étrangères cette date n’est ni un hasard ni une coïncidence : elle est la colonne vertébrale d’un engagement, la preuve patiente d’un combat mené sans relâche, et aujourd’hui la jonction rare entre l’histoire personnelle et la responsabilité d’État.
Le 6 février 1984, à Dakar, naissait le Comité Inter-Africain sur les pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants (CI-AF). À l’époque, dénoncer les mutilations génitales féminines relevait presque de l’hérésie sociale. Le silence était la norme, la peur la règle, l’excision une fatalité prétendument culturelle. Dr Morissanda Kouyaté, lui, a choisi la rupture. La rupture avec le déni. La rupture avec la complaisance. La rupture avec l’injustice faite au corps et à la dignité des femmes africaines.
Près de vingt ans plus tard, le 6 février 2003, à Addis-Abeba, ce combat sort du cercle militant pour entrer dans l’arène universelle. La Conférence internationale Tolérance Zéro porte devant les Nations Unies une proposition audacieuse : faire du 6 février une journée mondiale contre les mutilations génitales féminines. Ce jour-là, l’Afrique parle au monde, non pour se justifier, mais pour se transformer.
Le 6 février 2013, toujours à Addis-Abeba, la lutte accouche d’une victoire historique. La Résolution 67/146 de l’Assemblée générale des Nations Unies, adoptée le 20 décembre 2012, consacre l’interdiction des mutilations génitales féminines à l’échelle mondiale. Ce texte n’est pas une abstraction juridique : il est l’aboutissement de décennies de plaidoyer, de vies sauvées, de consciences éveillées. Une preuve concrète que l’engagement peut changer le droit, et que le droit peut changer les sociétés.
Le 6 février 2021, l’homme reçoit une reconnaissance à la hauteur de son parcours : le Prix Nelson Mandela des Nations Unies. Distinction rare, symbole puissant. Elle ne célèbre pas seulement un individu, mais une constance morale, une fidélité au combat, une Afrique debout face à ses propres défis.
Dans quelle heure du 6 février 2026. Par la confiance renouvelée du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, Dr Morissanda Kouyaté est réinstallé dans ses fonctions de Ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, qu’il exerce depuis le 25 octobre 2021. Ce retour n’est pas un simple acte administratif. Il est le prolongement naturel d’une trajectoire où le combat pour la dignité humaine rencontre désormais la diplomatie d’État.
En ce 6 février 2026, célébrer la Journée internationale Tolérance Zéro aux mutilations génitales féminines et reprendre les charges ministérielles n’est pas un cumul de symboles : c’est une cohérence. Les luttes se rejoignent. Les responsabilités se prolongent. De la société civile aux Nations Unies, du plaidoyer à l’action gouvernementale, le fil n’a jamais été rompu.
Chez Dr Morissanda Kouyaté, le pouvoir n’efface pas le combat ; il lui donne une portée nouvelle. Et le 6 février, loin d’être une date figée, demeure une promesse active : celle d’une lutte qui continue, avec la même rigueur, la même émotion, et une foi intacte dans la dignité humaine.
Billy KEITA citoyen en médiation mais passif.












