Idriss Déby Itno, victime du syndrome d’olibrius (Edito FIM FM de Mamadou Dian Diallo)

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La disparition du maréchal Idriss Déby Itno ce mardi, à l’âge de 68 ans, sur le front de guerre, où il s’était rendu d’urgence, au lendemain de sa réélection pour un sixième mandat à la tête du Tchad, pour freiner l’avancée des troupes du FACT, mouvement rebelle qui tente une percée vers N’Djamena, est un véritable crève cœur pour les partisans du maréchal. Cette fin de règne due à une mort subite vient refermer une page de trente et un an d’une présidence marquée par un pouvoir solitaire voire dictatorial.

Les trente ans qu’il aura passés aux commandes du Tchad, l’avaient quasiment rendu invincible aux yeux d’une opinion médusée. Car Idriss Deby qui succéda à Hissène Habré en 1990, qu’il chassa du pouvoir, avait toujours réussi à passer entre les eaux, face aux mouvements séditieux. L’occasion faisant le larron, avec la bénédiction de la France, ce chef de guerre était devenu l’interlocuteur privilégié des occidentaux, dans un sahel écumé par des hordes terroristes. D’où d’ailleurs la longévité de ce fils d’un berger du groupe ethnique zaghawa, que l’on trouve des deux côtés de la frontière tchado-soudanaise.

 

« Il faut savoir quitter le pouvoir avant que le pouvoir ne vous quitte ». Cet aphorisme, Deby l’aura appris à ses dépens.

 

La nouvelle de son décès, juste au lendemain de sa réélection avait même été perçue par certains observateurs comme une blague de mauvais goût.

 

Mais venant de l’armée, il faut se résoudre à la triste réalité des faits, Idriss Deby est bel et bien mort des suites de blessures reçues au front lors de combats contre la rébellion.

 

Le roi est mort, vive le roi, peut-on tout de même s’exclamer puisque c’est l’un des fils du maréchal en la personne de Mahamat Idriss Déby Itno, général quatre étoiles âgé de 37 ans, responsable de la garde présidentielle, qui a pris les rennes du pouvoir.

 

Dans la foulée, un conseil militaire de transition (CMT) a été mis en place pour gérer une transition de 18 mois, qui devra aboutir à la tenue d’élections “libres et démocratiques”.

 

Cette fin de Deby n’a rien de surprenant, car comme le disent les Saintes Écritures : « celui qui règne par l’épée périra par l’épée ».

 

Mamadou Dian Baldé

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