Jadis la perle de l’Afrique, la ville Conakry est devenue au fil des années, la capitale la plus sale du continent. À cause d’un manque de politique efficace et de stratégie réelle, Conakry devient de plus en plus invivable à cause des montagnes d’ordures dans tous grands carrefours et marchés.

Le constat à Conakry 

Opérations de façade vs réalité terrain
Journées d’assainissement médiatisées, mobilisation ponctuelle, photos officielles. Mais une semaine après : caniveaux rebouchés, montagnes d’ordures à Taouyah, Madina, Enco 5, marchés débordés. Les causes n’ont pas bougé.

 

Pourquoi ça coince

Pas de système continu : la collecte est irrégulière, beaucoup de quartiers n’ont pas de bacs ni de camions qui passent à heure fixe.
Curage insuffisant, les caniveaux se remplissent de boue + plastique, donc dès les premières pluies = inondations.
Manque d’infrastructures, pas d’usine de traitement, pas de centre de tri, pas de décharge contrôlée qui tient la route. Résultat : tout finit dans la nature.
Application molle, dépôts sauvages quasi jamais sanctionnés, services communaux sous-équipés.

Les conséquences directes

Mauvaises odeurs, moustiques, palu, maladies diarrhéiques, inondations, et l’image de la capitale qui prend un coup. Sans parler des jeunes qui ramassent des déchets sans protection ni salaire stable.

Ce qui marche ailleurs en Afrique et qu’on pourrait adapter

Politique durable, pas ponctuelle

Contrats de collecte clairs avec les communes, suivi hebdo et sanctions si non-exécution. Budget annuel dédié à l’assainissement, pas seulement à la com.

Infrastructures de traitement

Usines de recyclage, plastique, matériaux de construction, déchets organiques, composant pour l’engrais pour l’agriculture. Unités de valorisation énergétique, certains déchets produisent du biogaz. Double bénéfice ,ville propre, emplois jeunes.

Responsabiliser et équiper

Services d’hygiène communaux renforcés, camions, EPI, salaires décents. Taxes et sanctions pour dépôts anarchiques, mais aussi points de collecte accessibles à moins de 200m des foyers. Impliquer les citoyens intelligemment. Éducation scolaire sur les déchets dès le primaire. Appui aux coopératives de jeunes pour le tri et la récupération. L’assainissement ne marche que si l’État fait sa part ET si les citoyens ont les moyens de jouer le jeu.

La vraie question que tu poses, on manque de solutions ? Non. Le Rwanda, le Maroc, le Sénégal ont réduit l’insalubrité urbaine avec des politiques continues + recyclage. Ce qui manque, c’est une volonté politique constante, des investissements ciblés et un suivi sans relâche. Les « opérations coup de poing » donnent l’illusion, mais elles ne cureront pas Conakry.

Une capitale moderne ne se construit pas sur des tas d’ordures. Tant que l’assainissement reste un sujet de communication plutôt qu’une priorité budgétaire et technique, Conakry continuera de crouler.

 

Mohamed Camara

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