À Addis-Abéba, le sort de la candidature de Macky Sall à la tête de l’Organisation des Nations unies suscite déjà de vives tensions. La posture que pourrait adopter Ousmane Sonko lors du sommet sera déterminante, car en pratique la candidature dépend du soutien officiel du Sénégal.
Le Premier ministre Ousmane Sonko participe actuellement à la 39e session ordinaire de l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine. Cette rencontre continentale est placée sous le thème : « Assurer une disponibilité durable en eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 ».
En marge de ce sommet, la question de la succession d’António Guterres à la tête de l’ONU concentre les débats. L’Afrique est appelée à se positionner sur une candidature unique. Au Sénégal, plusieurs voix se sont déjà exprimées : le député Guy Marius Sagna juge qu’un soutien serait « pire qu’une trahison à nos martyrs et à nos détenus politiques », tandis que Seydi Gassama parle de « trahison de la mémoire des Sénégalais tués ».
À l’inverse, Bougar Diouf avait affiché le soutien de son parti UPS à la candidature de Macky Sall, position qui lui a valu son exclusion de la coalition Diomaye Président par Aminata Touré, traduisant les réserves de la mouvance présidentielle.
Selon le Pr Assane Diaw, la délégation confiée à Ousmane Sonko pourrait être interprétée comme une manière pour le président Diomaye Faye d’éviter une exposition directe sur ce dossier délicat.
Interrogé en septembre 2025 sur sa candidature, Macky Sall avait déclaré : « Je ne l’écarte pas si les gens estiment que je peux apporter modestement ma contribution pour redorer le blason de l’ONU ». Sa participation dépendra toutefois du soutien officiel de l’État du Sénégal. La posture que prendra Ousmane Sonko au nom du président Diomaye Faye sera donc déterminante pour l’avenir de la candidature de Macky Sall.
Pour rappel, les candidatures au poste de Secrétaire général de l’ONU sont officiellement présentées par des États membres, généralement via une lettre de leur gouvernement. Depuis les réformes de 2015-2016, il est très rare et mal vu qu’une personne se présente seule sans parrainage d’au moins un État.
Source: Senego












